TOUT DÉTRUIRE POUR MIEUX RECONSTRUIRE




Bien qu’ayant donné mon cœur au Seigneur en mars 1994, j’ai enfin connu les joies de la communion avec le Saint Esprit seulement 16 ans plus tard.

Jusque là, ma foi était sincère, mais je vivais en me conformant à ma nature propre, car je n’avais pas compris la signification de la mort à soi-même. La grâce me suffisait et me convenait parfaitement, puisque Dieu m’avait tout pardonné. Et pourtant en arrivant à l’église de Douai, j’ai bu les prédications les unes après les autres et j’ai très vite compris que ma vie de prière ne pouvait pas en rester là, et je ressentais l’appel du Seigneur à me voir de manière disciplinaire et constante chaque matin, car il voulait entretenir une véritable relation avec moi. Sur le champ, j’ai obéis et je peux vous dire que depuis février 2011, je n’ai jamais été absente au rendez vous matinal que le Seigneur me fixait. Pourquoi vous dire tout cela, me direz-vous ? Et bien parce que c’est important pour comprendre la suite… Au fil du temps, grâce à cette communion de plus en plus forte et intime avec mon Seigneur, j’ai appris à me familiariser à sa voix et à me laisser façonner par sa main puissante. Son travail n’est pas terminé car beaucoup de choses en moi doivent encore changer, mais son œuvre a pu réellement commencer à partir de ce moment là, car je laissais toute la place à son Esprit pour le faire.


Entre Daniel et moi, un fossé subsistait. Daniel s’était converti en juillet 1995, mais il n’était pas consacré. Il vivait à côté de Dieu, il l’aimait sincèrement, mais toute forme d’engagement ou de piété le faisaient reculer et l’amenaient même à critiquer tous ceux qui s’investissaient et qui se donnaient pleinement pour l’œuvre de Dieu.

Régulièrement, lorsque nous n’étions pas d’accord, il me disait « ça c’est ta manière de voir les choses ! ». Et si je souhaitais élucider le problème avec la parole de Dieu, il me rétorquait « C’est ton interprétation ! ».

Il n’y avait pas de dialogue possible. De temps à autre, il se calmait et ouvrait un peu plus son cœur, mais très rapidement, il retombait dans sa tristesse et son entêtement à ne pas se plier à aucune règle ni aucune discipline. Si avant sa conversion, il me disait « Ce n’est pas Jésus qui va payer le loyer », encore en 2014, il gérait tout par lui-même en prétendant avoir confié son affaire au Seigneur. Mon mari n’était pas dans la paix, il était malheureux et en voulait profondément à tous ceux qui vivaient dans la joie du Seigneur. Il ne les comprenait pas et les prenait pour des religieux, des légalistes, des mystiques ! Depuis le début de notre mariage, notre couple battait de l’aile, mais à partir du moment où l’on m’a confié des responsabilités dans l’église, j’avais face à moi un adversaire qui, bien que m’adressant des paroles d’encouragement de sa bouche, me faisait ressentir de la jalousie mêlée de colère face à cette situation. Il voulait tant servir le Seigneur mais ne comprenait pas qu’il devait avant tout se soumettre à lui.


Nous avions un travail très stressant ! Cependant pendant de longues années, nous avons été portés et bénis, car le chiffre d’affaire augmentait d’année en année. Fin 2012, L’Urssaf vient nous contrôler et quelques mois plus tard en mars 2013, une somme énorme nous est réclamée. Face à cette nouvelle, nous sommes tous les deux ébranlés, mais très vite nos réactions sont différentes. De mon côté je m’en remets au Seigneur et réclame sa justice, par contre Daniel est furieux et décide de se battre jusqu’au bout sans rien lâcher. Cela va durer des mois où nous constituons un dossier solide pour notre défense, mais nos points de vue sont différents. Daniel est déterminé à ne pas lâcher l’affaire et à aller jusqu’ en justice, alors qu’il sait que devant Dieu tout n’est pas très clair ! Nous avons de vives discussions à ce sujet, des disputes même, et quelle n’est pas ma surprise début 2014, lorsque nous recevons la sentence définitive de l’Urssaf ne nous réclamant qu’1/4 de la somme. Daniel est fou de joie et moi, je me tourne vers Dieu et lui exprime mon incompréhension. Oui, je suis heureuse de ne pas devoir payer tout ce qu’il réclamait, oui, certaines choses qu’ils nous réclamaient n’étaient pas tout à fait justes, mais le cœur de Daniel n’était pas droit et je ne comprenais pas que Dieu validait sa position ! Très vite le Seigneur me parle et me dit « C’est devant les hommes que Daniel a gagné, mais pas devant moi ! »


En effet, Dieu allait changer le cours des choses ! Oui Daniel avait gagné face aux hommes, mais la société que Dieu lui avait donnée, celle qu’il avait bâtie de ses propres mains proclamant partout que « le patron c’était Dieu », Dieu allait lui reprendre. Au fil des mois, j’avais ce pressentiment que nous allions déposer le bilan. Je voyais les agissements de mon mari, ses mauvais comportements, ses colères, ses injures, sa rancœurs envers moi grandir de plus en plus et notre vie de couple devenait un enfer ! Dieu n’était plus dans son affaire, et bien qu’il essayait de lui parler, Daniel bouchait ses oreilles et se refusait de capituler devant lui.


Dieu me portait et il me guidait par des songes et des visions. Il me montrait ce que j’allais traverser mais en même temps me rassurait en me montrant qu’il était présent et ne m’abandonnerait jamais. Je me suis accrochée, jour après jour aux promesses qu’il m’avait données, et le déferlement à commencer en Septembre 2014, lorsque mon état de santé s’est dégradé en 1 semaine de temps.


Lors de ma méditation quotidienne, un dimanche matin, ma main ne pouvait plus écrire. Cela dura 1/2 heure environ. Puis de jour en jour, un état de fatigue intense est tombé sur moi, ma main continuait à se paralyser de plus en plus régulièrement jusqu’au vendredi de la même semaine où je me suis retrouvée aux urgences car le médecin craignait un AVC. Tous les examens ont été faits pendant mon séjour qui dura une semaine et rien n’a été révélé. Les médecins n’avaient pas d’autre diagnostic que le « Burn out » ! J’étais épuisée physiquement mais je l’étais encore plus psychologiquement. Reprendre le travail était pour moi un enfer, mais je n’avais pas d’autres solutions et dès mon retour à la maison, j’ai du reprendre mon poste pour ne pas laisser crouler l’entreprise. Le Seigneur m’a relevé et 2 mois ont passées jusqu’au 7 novembre 2014 où j’ai pris mes valises et je suis partie de la maison car je n’en pouvais plus !!!


Bien qu’il disait m’aimait, une partie de Daniel me détestait et je voyais dans ses yeux la rancœur et le mépris qu’il éprouvait envers moi, mais aussi envers tous ceux qui l’aimaient. Il devenait hermétique à tout et s’était enfermé dans sa caverne sans vouloir écouter quiconque ! Son obstination devenait un enfer pour moi et Edward notre fils (qui travaillait avec nous à l’époque).


Partir devenait indispensable, c’était mon seul moyen de survie ! J’avais bien tenté depuis tant d’année à avoir le meilleur témoignage possible envers lui, à écouter ses plaintes, à le soutenir, à attendre patiemment que les choses changent, à le consoler par moment mais aussi à exprimer ma colère et mon désaccord lorsque cela était nécessaire, j’essayais d’être la lumière et de laisser Jésus l’aimer à travers moi, mais le temps passé et rien n’y faisait. Si souvent je soupirais en moi-même « Même si je lui offrais la lune, ça n’irait pas ! ». Combien de fois ai-je été découragée et pleurais devant Dieu, non pas en me lamentant, mais tant mon cœur souffrait. En retour, je sentais combien Mon Père céleste était là pour me soutenir et me protéger dans cette terrible situation. Mon cœur pleurait et hurlait de douleur devant Dieu et ce 7 novembre, je ne pouvais plus rester, cette situation ne pouvait durer ! Oui, je l’aimais, mais je n’avais plus la force de supporter ! Je n’en étais plus capable ! La situation était devenue pour moi insupportable !


J’étais partie, je laissais tout, mais peu importe, la seule chose que je voulais, c’était AVOIR LA PAIX ! Cette paix qui n’existait plus dans notre maison ! Elle n’avait d’ailleurs jamais était présente dans notre couple ! Je voulais respirer et souffler, tant je me sentais oppresser par ce climat d’enfer ! J’étais arrivé au bout de mes limites ….


Et là, tout s’est ouvert, comme jamais je n’aurais pu l’imaginer ! Dieu avait tout préparé dans une minutie extraordinaire ! Je sentais la protection de Dieu sur ma vie, comme s’il me portait. Je savais que ma situation allait ébranler plus d’une personne et que certains se serait laissé entrainer dans la médisance et le murmure, mais Dieu m’a envoyé des messagers qui m’ont soutenu et protégé. Je n’ai eu aucun jugement de leur part, mais du soutien et de l’écoute. Je ne les en remercierai jamais assez. Ils ont été si précieux pour moi pouvoir tenir, car bien que c’est moi qui avait pris la décision de partir, la douleur dans mon cœur n’en était pas moins intense. Je fuyais une vie insupportable et je savais que Dieu n’était pas étranger à ce départ. Je sentais sa présence et son soutien.

Dieu avait tout préparé à l'avance ! Car mes parents ont pu me prêter une maison qui leur appartenait, parce que les locataires étaient partis. C'est ainsi que j’ai pu m’y installer et vivre des vrais moments paisibles seule avec le Seigneur et me ressourcer.

Les relations avec Daniel étaient très difficiles, je voulais qu’il comprenne mais lui pensait que ce n’était qu’un coup de tête de ma part, et que j’allais très vite revenir. Ce qu’il n’avait pas compris, c’est que j’étais arrivée au bout de ma patience et de mes limites !

Son hypocrisie, sa colère, ses critiques, sa mauvaise humeur et sa tristesse n’étaient plus vivables, mais il ne voulait rien comprendre ! Il ne voyait pas ! Il ne voulait pas accepter la réalité ! Il n’entendait rien ! Je me sentais comme une souris manipulée et enfermée par un chat qui jouait avec sa proie.


Et puis les jours ont passé, j’ai beaucoup pleuré mais je sentais vraiment la main de Dieu sur ma vie. Alors que certains murmuraient, Dieu m’a parlé au travers du prophète Osée en me disant qu’il lui avait demandé quelque chose de totalement extravagant, contraire à la loi en se mariant avec une prostituée. Dans ma situation, Dieu me disait que j’allais être jugée par certains mais que je ne devais pas m’en inquiéter car c’est à lui que je devais regarder. Oui, j’avais quitté mon mari, oui, c’était contraire à la parole de Dieu, mais Dieu le permettait et l’avait même organisé, car il savait ce qu’il allait faire à travers cela. Oh, je ne dis pas que c’est ce qu’il faut faire lorsqu’un couple ne va pas, je dis simplement que chaque cas est unique, et que Dieu ne me condamnait pas, bien plus, il me conduisait pas à pas. On a si vite fait d’accuser une femme de se rebeller, d’être une mauvaise épouse ou d’être une mauvaise chrétienne ! Mais Dieu est bien plus grand que cela, ce qu’il faisait allait être merveilleux, mais il fallait ébranler la maison existante pour en reconstruire une nouvelle !


La lettre tue et combien malheureusement, se sont arrêtés à la lettre et m’ont jugé, mais je les pardonne car il ne savait pas ! D’autres ont vu clair et savaient que Dieu était à l’œuvre à travers ce cataclysme. Ils étaient confiants parce qu’ils savaient que ce qui arrivait était inévitable.


Daniel s’est retrouvé seul, face à lui-même et mon départ lui a permis de voir son miroir et d’entendre enfin Dieu lui parler seul à seul. Il a entendu le cri de mon cœur et a reconnu qu’il avait tout gâché. Au bout d’un certain temps, nous avons pu rediscuter et considérer l’avenir avec Dieu au centre de notre couple, cette fois ci. Oh, j’avais peur, car Daniel avait l’habitude de retomber dans ses travers au bout d’un certain temps. A plusieurs reprises, il avait fait des efforts dans le passé, mais le naturel revenait au galop et plus ça allait, plus il devenait religieux en parlant de Dieu sans en expérimenter la force et la puissance dans sa vie. Mais cette fois, son attitude commençait à changer, il vivait une réelle repentance, il devenait agréable, gentil, mais la question qui me hantait, était : « Est-ce que cela va durer ? » On a pris un peu de temps avant de revivre ensemble, le temps, que Dieu fasse son œuvre dans son cœur.


Entre temps, la situation économique de l’entreprise devenait difficile et nous n’avions plus d’autre choix que de déposer le bilan. Dieu était en train de réaliser la parole qu’il m’avait donné 20 ans plus tôt Aggée 2:6-9 Car ainsi parle l’Eternel des armées : Encore un peu de temps, Et j’ébranlerai les cieux et la terre, La mer et le sec ; J’ébranlerai toutes les nations ; Les trésors de toutes les nations viendront, Et je remplirai de gloire cette maison, Dit l’Eternel des armées. L’argent est à moi, et l’or est à moi, Dit l’Eternel des armées. La gloire de cette dernière maison sera plus grande Que celle de la première, Dit l’Eternel des armées ; Et c’est dans ce lieu que je donnerai la paix, Dit l’Eternel des armées.

Tout s’écroulait, mais tout allait être reconstruit par sa main puissante, et non plus avec la main de l’homme.


Quelques mois avant que tout cela n’arrive, j’avais reçu 2 promesses :

  • Dans une vision, Dieu était au volant d’une Jeep, j’étais à l’arrière dans une position très inconfortable, mais il me disait qu’il était là et que si je ne voyais rien autour de moi, lui, savait où il m’emmenait. Oui, je n’étais pas dans une bonne position, mais je devais lui faire confiance car il m’emmenait dans un lieu sûr !

  • Par un songe, je savais que j’allais fuir et que j’allais vivre des momen