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LE ROYAUME DE DIEU

 

 

Pourquoi un homme qui n’est point né de nouveau ne saurait voir le Royaume de Dieu ?... Un homme irrégénéré ne saurait voir le Royaume de Dieu, par la raison bien simple qu’il serait hors de sa place dans le ciel. Il y a dans sa nature une incompatibilité complète avec les joies du paradis.

 

Vous pensez peut-être que le ciel consiste simplement en ces murailles de pierres précieuses, en ces portes de perles et en ces rues pavées d’or fin dont vous parle l’Apocalypse. Détrompez-vous ! Toutes ces magnificences ne sont, pour ainsi dire, que l’enveloppe extérieure du ciel. Le ciel proprement dit est toute autre chose. C’est un état d’âme qui doit commencer ici-bas, que l’Esprit de Dieu peut seul produire en nous, et à moins que cet Esprit n’ait entièrement renouvelé notre être moral en nous faisant naitre de nouveau, il est impossible que nous jouissions des choses du ciel… Aucun des goûts de l’homme naturel ne serait satisfait dans le ciel; il n’y trouverait rien de ce qu’il aime. Si on le transportait au milieu des délices de la Sainte Jérusalem, il y serait profondément malheureux. Il s’écrierait : «De grâce, de grâce, laissez-moi sortir ! Je ne puis supporter l’ennui de ce lieu ».

 

J’en appelle à vous-mêmes, mes auditeurs inconvertis : n’est-il pas vrai que bien souvent le sermon vous semble trop long, le chant des louanges de Dieu fatigant et insipide, et l’obligation de venir chaque dimanche à la maison de Dieu un fardeau insupportable ? Que feriez vous donc, je vous le demande si vous étiez tout d’un coup transportés dans un lieu où le seigneur est loué nuit et jour ? Puisqu’une courte prédication suffit aujourd’hui pour vous ennuyer, qu’éprouveriez vous en entendant les éternels entretiens des rachetés, discourant de siècle en siècle des insondables merveilles de l’amour rédempteur ? Puisque la compagnie des justes vous est antipathique ici-bas, comment pourriez vous passer l’éternité avec eux ? … Ah, mes amis, beaucoup d’entre vous, je le crains, préfèrent chanter toute autre chose que des psaumes, trouvent la Bible mortellement ennuyeuse et ne prennent aucun intérêt aux choses d’en haut.

 

Qu’on donne aux uns la coupe enivrante, aux autres les voluptés de la vie, à ceux-ci les folies et les joies du siècle : voilà leur ciel. Mais un tel ciel n’existe pas encore que je sache. Le seul qui existe, c’est le ciel des êtres spirituels, le ciel de la louange, le ciel de l’adoration, le ciel de l’adoption par le Bien-Aimé, le ciel de la communion avec Christ. Or, vous ne comprenez rien à ces choses ; vous traitez de visionnaires ceux qui vous en parlent ; il y a plus ; si vous les possédiez, vous n’y prendriez aucun plaisir, car la faculté de les apprécier vous manque. Ainsi, par le seul fait que vous n’êtes point nés de nouveau, vous êtes vous-mêmes le premier obstacle à votre admission dans le ciel ; et en supposant que Dieu vous ouvrit la porte toute grande et qu’il criât : « Entrez ! » je le répète, vous ne pourriez pas, vous ne voudriez pas y habiter, car si un homme ne nait de nouveau, il est impossible, moralement impossible qu’il puisse voir le Royaume de Dieu…

 

…« Naitre de nouveau ? Quel mystère ! Je ne puis le comprendre. Explique le moi » me dira quelqu’un.

 

Vois-tu ce feu ? Il est minuit, nous sommes réveillés en sursaut ; nous nous élançons hors de nos lits une lueur sinistre illumine nos fenêtres ; nous nous précipitons dans la rue. Elle est déjà envahie par la foule. Les pompiers sont à l’œuvre ; des torrents d’eau sont lancés sur la maison enflammée. Mais dans cette maison, il y a un homme ; Il est à l’étage, il n’a que tout juste le temps de s’échapper. On  lui crie de toute part : « Au feu ! Au feu ! vite descendez ! » Mais il ne donne pas signe de vie. Alors qu’une échelle l’attend, il sent les planches s’échauffer sous ses pieds ; la fumée le suffoque, les flammes envahissent sa chambre ; il sait qu’il n’y a pour lui d’autre moyen de salut que cette échelle qui est là sous sa fenêtre, et il ne bouge pas ! Il ne s’émeut pas ! Mais que fait donc cet homme ? Ce qu’il fait, j’ose à peine vous le dire, car vous ne pourrez croire à tant de folie…. Il est tranquillement assis au milieu de la chambre et se parle ainsi à lui-même : « l’origine de ce feu est bien mystérieuse ; je ne puis me l’expliquer ; comment faire pour la découvrir ? » Tu ris de ce malheureux, et tu as raison, mais en riant de lui, sache que tu ris de toi-même. Oui, ta folie est non moins grande que celle de cet homme. Tu cherches une réponse à telle question et encore à telle autre, et cela tandis que ton âme est menacée de la mort éternelle ! OH ! Quand tu seras sauvé, tu pourras à ton aise poser toutes les questions qu’il te plaira ; mais tant que tu es dans la maison embrasée, en danger de périr d’un moment à l’autre, est-ce bien le temps, je te le demande de chercher à sonder les mystères… ? Qu’après l’incendie et lorsqu’on est en lieu sûr, l’on se mette à discuter sur la cause probable du sinistre, rien de mieux ; mais quant à présent, Ô pécheur irrégénéré, l’unique question qui doit te préoccuper est celle-ci : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? »

 

 

 

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