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  • CHARLES SPURGEON

LE PÉCHÉ DE L'INCRÉDULITÉ - Le châtiment



Chapitre 2

Cela nous conduit naturellement à aborder la seconde partie de notre sujet.




Nous venons d'appeler votre attention sur la nature et sur quelques-uns des principaux caractères du péché, dont le capitaine de Samarie se rendit coupable; il nous reste à constater quel fut Son CHATIMENT. " Tu le verras de tes yeux, mais tu n'en mangeras point" : telle fut la sentence qu'Elisée prononça contre lui de la part du Seigneur. Ecoutez cette sentence, ô incrédules, car, si vous ne vous convertissez, elle sera aussi la vôtre ! Oui, vous aussi, vous verrez de vos yeux, mais vous ne mangerez point. - Et cela peut même s'appliquer, en certaines circonstances, aux enfants de Dieu. Lorsque leur foi est languissante, ils contemplent les merveilles de la grâce divine, mais ils ne peuvent s'en nourrir. Ainsi, par exemple, l'on peut dire qu'en cette terre d'Egypte, il y a maintenant du blé en abondance; néanmoins, il est beaucoup de chrétiens qui, le dimanche, en entrant dans la maison de Dieu, se disent avec tristesse : " Je ne sais en vérité si le Seigneur sera avec moi aujourd'hui." D'autres encore, en entendant le prédicateur, pensent en eux-mêmes : " Certainement l'Evangile est fidèlement annoncé, mais je ne sais s'il pénètrera dans les coeurs." Ces chrétiens sont toujours à douter et à craindre, à craindre et à douter. Aussi, demandez-leur, en sortant du culte divin, si leurs âmes ont trouvé la nourriture qu'il leur fallait : - " Non, vous répondront-ils en soupirant; il n'y avait rien qui nous convînt." Eh ! c'est tout simple, mon frère. Tu as vu de tes yeux le pain de vie, mais tu n'as pu le manger, parce que tu n'avais point de foi. Si tu avais apporté dans la maison de Dieu un coeur simple et confiant, tu aurais fait un bon repas. - Je connais des chrétiens qui sont devenus si délicats et raffinés que, si la viande spirituelle qu'on leur présente (passez-moi l'expression) n'est pas découpée à leur fantaisie, ou servie avec la plus grande recherche, ils n'en veulent point. Que ne se passent-ils alors de toute nourriture ? Et qu'ils y prennent garde, c'est ce qu'ils devront faire très probablement, s'ils continuent à se montrer aussi difficiles. Ou bien les herbes amères de l'affliction stimuleront leur appétit blasé, ou bien Dieu les obligera à jeûner pendant quelque temps; après quoi, ils s'estimeront trop heureux de recevoir la nourriture la plus ordinaire et la plus simplement servie. Or, où chercher la cause secrète de cet esprit mécontent et critique qui empêche ainsi les enfants de Dieu de profiter de la prédication de l'Evangile, si ce n'est dans l'incrédulité ? Si vous croyiez, mes bien-aimés, même si vous n'entendiez qu'une seule promesse de Dieu, cela vous suffirait. Ne vous adressât-on qu'une bonne parole du haut de la chaire, vos âmes en seraient restaurées, car ce n'est pas ce que nous entendons, mais bien ce que nous nous approprions par une foi réelle et vivante qui profite à notre âme. Mais c'est surtout aux inconvertis que s'applique cette terrible menace : Tu le verras de tes yeux, mais tu n'en mangeras point. En effet, les enfants du siècle voient s'accomplir sous leurs yeux les oeuvres magnifiques du Seigneur, tout en y restant complètement étrangers. Aujourd'hui même, une grande multitude est venue dans ce lieu de culte pour entendre la prédication de la Parole, mais combien, hélas ! qui s'en retourneront l'âme aussi vide qu'en entrant ! L'homme ne peut pas plus nourrir son âme au moyen de ses oreilles que son corps au moyen de ses yeux. Et pourtant, le plus grand nombre de nos auditeurs viennent dans la maison de Dieu par pure curiosité. " Allons entendre ce discoureur, disent-ils; allons voir ce roseau agité du vent." Aussi, ils viennent et reviennent; ils voient, ils voient, ils voient encore, mais ne reçoivent aucun bien. Autour d'eux, il y a peut-être des personnes qui se convertissent. Ici, une âme est appelée par la grâce souveraine de Dieu; là, un pauvre pécheur fond en larmes dans le sentiment de sa culpabilité ; plus loin, un coeur contrit implore la grâce divine, et ailleurs une voix répète la prière du péager : O Dieu, sois apaisé envers moi qui suis pécheur. Mais quant à eux, rien ne les touche, ils restent froids et impassibles. C'est ainsi qu'au moment où je vous parle une belle oeuvre se poursuit dans ce troupeau; mais le plus grand nombre d'entre vous n'en savent rien, ne s'y intéressent pas, car aucune oeuvre ne se fait dans leurs propres coeurs. Et comment en serait-il autrement, mes amis ? Vous jugez cette oeuvre impossible; vous doutez de la puissance de Dieu; vous ne croyez point à son action régénératrice; en d'autres termes, vous êtes incrédules. De là vient que dans ces temps de glorieux réveil et d'effusion de la grâce, le Seigneur, qui n'a jamais promis d'agir en faveur de ceux qui ne l'honorent point, permet que vos âmes demeurent sans repentance, sans vie et sans salut : vous voyez de vos yeux, mais vous ne mangez point. Mais ce n'est pas tout, ô pécheurs ! Le plus terrible accomplissement de cette sentence est encore à venir. On dit que l'illustre prédicateur Whitefield levait parfois ses deux mains vers le ciel, en criant de toutes ses forces - et comme je voudrais qu'il me fût donné de crier en cet instant même : "LA COLÈRE A VENIR ! LA COLÈRE A VENIR !" Qu'est-ce, en effet, que la colère du temps présent comparée à celle qui fondra sur vous ci-après ? Oh ! c'est alors véritablement que vous verrez de vos yeux, mais que vous ne mangerez point !... Il me semble que le grand jour du jugement est arrivé. Le temps n'est plus; j'ai entendu vibrer son glas funèbre; sa dernière heure a sonné; l'éternité a pris sa place. La mer est en ébullition; ses vagues étincellent d'un éclat surnaturel. Je vois un arc-en-ciel, une nuée, qui traverse l'espace. Sur cette nuée est un trône, et sur ce trône est assis quelqu'un semblable au Fils de l'Homme. Oui, c'est lui, je le reconnais ! Dans sa main, il tient la balance de la justice divine; devant lui sont les livres : le livre de vie, le livre de mort, le livre de mémoire. Je vois sa splendeur, et je m'en réjouis; je contemple la pompe de son avènement, et je tressaille d'allégresse de ce qu'il est enfin venu pour être admiré de tous ses saints. Mais j'aperçois, dans le fond du tableau, une foule d'infortunés, tremblants, éperdus, saisis d'horreur. Ils courbent leurs fronts jusque dans la poussière; ils essaient de se dérober à tous les regards. " Rochers, tombez sur nous ! s'écrient-ils; montagnes, cachez-nous de devant sa face ! - Sa face ? Quelle est donc cette face qui vous cause tant d'effroi ? - " C'est la face de Jésus, de celui qui a été mort, et qui maintenant revient pour juger le monde. Mais c'est en vain, ô pécheurs, que vous cherchez à fuir la présence du fils de l'Homme; il faut que vous contempliez Celui que vous avez percé. Vous ne vous assoirez point à la droite du Seigneur, vêtus de robes éclatantes, mais vous serez témoins de sa gloire; et, lorsque le cortège triomphal de Jésus paraîtra sur les nuées du ciel, vous ne pourrez vous y joindre, mais vous le verrez de vos yeux... Oh ! je crois le voir en cet instant même, le puissant Rédempteur, remontant vers le ciel, sur son char de victoire ! Entendez-vous ce bruit éclatant ? Ce sont les pas de ses ardents coursiers qui résonnent sur les collines éternelles. Un cortège vêtu de blanc vient après lui, et aux roues de son char sont liés Satan, la mort et l'enfer. Voyez comme ses rachetés frappent des mains; entendez leurs cris de joie. Tu es monté en haut, disent-ils; tu as mené captifs les prisonniers:

Psaumes 58 : 18 Admirez la splendeur de leur apparence; observez les couronnes qui ceignent leurs fronts; voyez leurs robes d'une blancheur de neige; considérez la béatitude qui respire sur leurs traits. Ecoutez ! ils entonnent un chant sublime : Alléluia, le Seigneur Dieu tout-puissant est entré dans son règne !

Apocalypse 19 : 6 Et j'entendis comme une voix d'une foule nombreuse, comme un bruit de grosses eaux, et comme un bruit de forts tonnerres, disant : Alléluia ! Car le Seigneur notre Dieu tout-puissant est entré dans son règne. Et la voix de l'Eternel leur répond : Je me réjouirai à cause de toi d'une grande joie; je me réjouirai à cause de toi avec un chant de triomphe, car je t'ai épousée pour moi à toujours !

Sophonie 3 : 17 L'Eternel, ton Dieu, est au milieu de toi, comme un héros qui sauve; Il fera de toi sa plus grande joie; Il gardera le silence dans son amour; Il aura pour toi des transports d'allégresse.


Osée 2 : 19 Je serai ton fiancé pour toujours; je serai ton fiancé par la justice, la droiture, la grâce et la miséricorde;

- Et où êtes-vous pendant ce temps, ô incrédules ? Voilà la multitude des rachetés, mais où êtes-vous ? Hélas ! vous voyez de vos yeux, mais vous ne pouvez manger. Le banquet des noces est prêt; le fruit de la vigne est versé; les convives prennent place à la table du Roi, mais vous, malheureux et affamés, vous ne pouvez goûter au festin éternel. Oh ! il me semble que je vous vois, tordant vos mains de désespoir ! Si du moins il vous était possible de vous nourrir, comme les chiens, des miettes qui tombent sous la table du Maître, mais non, cela même vous est interdit ! Une pensée encore, et je termine. Pécheur impénitent, je t'aperçois attaché à un roc dans les profondeurs de l'enfer, l'âme déchirée par le cruel vautour du remords. Tu élèves les yeux et tu reconnais Lazare, couché dans le sein d'Abraham. " Est-ce bien possible ? t'écries-tu. Quoi ? ce mendiant qui était couché sur mon fumier, ce misérable dont les chiens venaient lécher les ulcères, le voilà dans le ciel, tandis que moi je suis dans les tourments ! Quoi ? ce Lazare, qui ne possédait rien pendant sa vie, est maintenant dans la gloire, tandis que moi, riche dans le temps, suis en enfer pour l'éternité !..... Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare afin qu'il trempe dans l'eau le bout de soir doigt, pour me rafraîchir la langue." Mais ta requête est vaine. ô pécheur ! et s'il peut y avoir en enfer une souffrance plus aiguë que toute autre, ce sera celle que tu éprouveras en voyant les saints jouir d'une félicité, à laquelle tu ne pourras jamais avoir part. Oh ! jeune homme, regarde : voilà ta mère dans le ciel, tandis que tu es jeté dehors ! voilà ton frère - celui qui dormit dans le même berceau que toi, qui joua autour du même foyer - voilà, dis-je, ton propre frère élevé dans la gloire, tandis que tu es abaissé jusque dans l'abîme ! Mari, voilà ta femme dans le séjour des bienheureux, et toi, tu es au nombre des damnés ! Père, voilà ton enfant debout devant le trône, et toi, maudit de Dieu et maudit des hommes, tu es dans le feu éternel ! Oh ! qui pourrait dire ce qui se passera dans le coeur du damné, lorsqu'il verra ses parents, ses amis, rassasiés de délices ineffables, et qu'il sentira que lui-même en est privé pour l'éternité ! Tu le verras de tes yeux, MAIS TU N'EN MANGERAS POINT !..... Et maintenant, je vous en conjure, mes chers auditeurs - par la mort de Christ - par son agonie et sa sueur sanglante - par sa croix et par sa passion - par tout ce qu'il y a de plus sacré sur la terre, de plus saint dans le ciel, de plus solennel dans le temps et dans l'éternité - par les horreurs indicibles de l'enfer - par les joies inexprimables du paradis - je vous en conjure, prenez ces choses au sérieux et souvenez-vous que, si votre âme est perdue, ce sera l'incrédulité qui aura été sa perte. Oui, si vous périssez, ce sera parce que vous aurez refusé de croire en Jésus-Christ, et la goutte la plus amère de votre douleur sera la pensée que vous n'aurez point voulu vous confier en ce Sauveur charitable qui dit à tous par sa Parole : Je ne mettrai point dehors celui qui viendra à moi.

Charles Spurgeon

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