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LA SAINTETE : COMMENT L'OBTENIR ?

 

 

Mon peuple est détruit, parce qu'il lui manque la connaissance (Osée 4:6)

. . . la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ (Jean 17:3)

 

Un professeur, âgé de plus de quatre-vingt ans, disait, un jour, dans une réunion de sainteté: "Je crois à la sainteté; mais je ne crois pas qu'elle s'acquiert tout d'un coup, comme vous le prétendez. Je crois que c'est une oeuvre progressive"

Des milliers d'hommes n'ont pas connu la glorieuse expérience de la sainteté à cause de cette erreur très répandue, s'ajoutant à celle qui fait dépendre de la mort la libération du péché et la réalisation de la sainteté. Une telle erreur empêche de reconnaître le caractère odieux du péché, et méconnaît, en outre, le simple moyen de la foi, le seul par lequel il peut être détruit. 

 

La sanctification complète est à la fois une soustraction et une addition.

Tout d'abord, l'âme est purifiée en "rejetant toute malice et toute ruse, la dissimulation, l'envie, et toute médisance" (1 Pi. 2:1), en un mot, tout mauvais sentiment et tout désir égoïste contraire à l'esprit du Christ. De nature, cette oeuvre de sanctification ne peut être le résultat d'une croissance; pour croître, il faut recevoir, tandis que, pour être purifié, il faut perdre. La Bible dit: ". . . renoncez à toutes ces choses, à la colère, à l'animosité, à la méchanceté, à la calomnie, aux paroles déshonnêtes" (Col. 3:8). L'apôtre parle de ces choses comme devant être enlevées par l'homme, de la même manière qu'il enlève son habit. Ce n'est pas en plusieurs fois qu'un homme ôte son vêtement, mais par un effort volontaire et immédiat de tout son corps. C'est là une soustraction.

Mais l'apôtre ajoute: "... comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience" (Col. 3:12). Ce n'est pas non plus en plusieurs fois qu'un homme met son habit, mais par un effort semblable de tout son corps. Un homme peut grandir dans son habit (jusqu'à ce qu'il devienne trop petit), mais pas vers son habit; il doit d'abord le mettre. De même, un homme peut "croître dans la grâce" mais pas vers la grâce. Un homme peut nager dans l'eau mais pas vers l'eau. Ce n'est pas progressivement que vous enlevez les mauvaises herbes de votre jardin, mais en les arrachant complètement et d'un seul coup par un usage vigoureux du sarcloir et du râteau. Ce n'est pas progressivement que le cher petit enfant, qui a taché son vêtement en se roulant dans la cour avec le chat et le chien, sera nettoyé. Il pourrait grandir jusqu'à l'état d'homme fait et rester sale. C'est en le lavant d'un trait avec de l'eau pure que vous le rendrez présentable. Ainsi la Bible dit: "A celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang" (Ap. 1:5). "Le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché" (1 Jn. 1:7). C'est aussi ce que dit notre cantique:

 

O Jésus, Ton sang précieux

A lavé mon iniquité!

Oui, Tu m'as répondu des cieux,

Ton amour m'a tout pardonné.

Je Te contemple et je puis croire

Qu'en Toi j'ai complète victoire. , ,

Au pied de Ta croix, maintenant,

Je me relève triomphant!

 

Tout cela fut expliqué au professeur en question. Avec soixante années d'expérience chrétienne derrière lui se trouvait-il plus près d'obtenir le don inestimable d'un coeur pur qu'aux premiers jours de sa vie chrétienne? Il reconnut honnêtement que non. On lui demanda alors s'il n'estimait pas que soixante ans fussent une période assez longue pour prouver l'exactitude de sa théorie au cas où elle serait vraie. Il l'admit et consentit à demander sur-le-champ la bénédiction de la sainteté. Il ne l'obtint pas en cette première soirée; mais il revint le soir suivant. A genoux depuis cinq minutes à peine, il se releva et les bras étendus, les joues ruisselantes de larmes, le visage rayonnant d'une clarté céleste, il s'écria: Autant l'Orient est éloigné de l'Occident, autant il a éloigné de moi mes transgressions (Ps. 103:12). Il rendit témoignage quelque temps encore de cette merveilleuse grâce de Dieu en Christ; puis s'en alla triomphant, dans le sein de ce Dieu que nul ne verra sans la sanctification.

 -Mais, me disait un homme que je pressais de rechercher à l'instant la sainteté, je l'ai obtenue au moment de ma conversion. Dieu ne fait pas les choses à moitié. Son oeuvre en moi a été complète lorsqu 'Il m'a sauvé.

 -Assurément, Dieu fait une oeuvre parfaite. En vous convertissant, Il vous a pardonné tous vos péchés; Il les a effacés comme une nuée (Esa. 44:22), afin de ne plus se souvenir de vos péchés (Jér. 31:34); Il vous a adopté comme membre de Sa famille et vous a donné Son Saint-Esprit, afin qu'Il vous rende témoignage de cette présente grâce. Cette assurance vous a rendu plus heureux que l'annonce d'un héritage de plusieurs millions, ou de votre nomination à une haute position officielle, car elle vous a fait héritier de Dieu et cohéritier de notre Seigneur Jésus-Christ (Rom. 8:17). Gloire à Dieu! Quelle grande chose que la conversion! Mais, mon frère, êtes-vous délivré de toute impatience, de toute colère et autres péchés semblables? Vivez-vous une vie sainte?

-Je ne considère pas la question exactement comme vous, reprit-il. Je ne crois pas que nous puissions, en cette vie, être délivrés de toute impatience et de toute colère.

Et comme j'insistais sur ce point, il finit par éluder la question et contredire sa propre assertion d'être entré en possession de la sainteté au moment de sa conversion. Comme l'écrivait quelqu'un: "Il nierait la maladie plutôt que de prendre le remède", Le fait est que ni la Bible, ni l'expérience ne prouvent que salut et sainteté s'accomplissent simultanément, bien au contraire. L'homme qui se convertit reçoit, avec le pardon de ses péchées l'assurance de son entrée dans la famille de Dieu. Ses désirs changent alors d'orientation. Mais, bien vite, il s'aperçoit que sa patience est mêlée d'humeur, sa bonté de colère, sa douceur d'irritation (sentiments qui procèdent du coeur et dont lui-même a pleinement conscience, même s'ils passent inaperçus pour le monde), son humilité d'orgueil, sa fidélité à Jésus alliée à la honte de la croix. En un mot, il trouve les fruits de l'Esprit et les oeuvres de la chair mélangés en lui à des degrés divers. Cet état de choses cessera quand son coeur sera purifié; ce qui exige une oeuvre nouvelle de la grâce, précédée d'une consécration absolue et d'un acte de foi aussi défini que celui dont sa conversion dépendait. Après sa conversion, son ancienne nature pécheresse est semblable à un arbre coupé dont le tronc reste encore en terre. L'arbre lui-même ne causera plus d'ennuis, mais, si l'on n'y prend garde, de petits rejetons continueront à sortir du tronc. Faire sauter la souche à la dynamite sera le moyen radical d'en finir.

 

Dieu veut, de même, placer dans toute âme convertie la dynamite du Saint Esprit le mot dynamite, dérivé du grec, signifie puissance (Ac. 1:8)-afin d'en finir pour toujours avec l'ancienne et embarrassante nature pécheresse, de sorte qu'on puisse dire en toute vérité: "Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles" (2 Cor. 5:17). C'est précisément ce que Dieu fit pour les apôtres le jour de la Pentecôte. Pourtant, personne ne peut nier qu'ils étaient déjà convertis, puisque Jésus Lui-même leur avait dit: "Réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux" (Luc 10:20). Or, le nom d'un homme s'inscrit dans les cieux seulement après sa conversion.

C'est d'eux aussi que Jésus avait dit: ". . . ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde" (Jn. 17:14), ce qui ne pouvait s'appliquer à des inconvertis. Nous devons donc en conclure que les apôtres étaient déjà convertis, mais n'avaient pas reçu la bénédiction d'un coeur pur avant la Pentecôte.

Or, ils la reçurent en ce jour-là. Pierre le déclare de la façon la plus claire lorsqu'il dit (Ac. 15:8-9): "Et Dieu, qui connaît les coeurs, leur a rendu témoignage, en leur donnant le Saint-Esprit comme à nous; Il n'a fait aucune différence entre nous et eux, ayant purifié leurs coeurs par la foi." Jusqu'alors, Pierre était tantôt plein de présomption, tantôt rempli de crainte. Un jour, il s'écrie: "Quand tu serais pour tous une occasion de chute, te ne le seras jamais pour moi. Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas" (Mat. 26:33,35). Peu de temps après, quand la foule s'avance pour saisir son Maître, il attaque hardiment et combat avec son épée; le lendemain, l'excitation passée, et l'enthousiasme éteint, il se laisse intimider par une servante, au point de faire des imprécations et de renier par trois fois son Maître!

 

Ne s'en trouve-t-il pas parmi nous qui se montrent de même pleins de courage au milieu de l'entrain général et quand tout leur est favorable ?

 

Ils pourront encore, à l'occasion, faire front aux adversaires et riposter en jouant du poing (Allusion aux persécutions subies par les salutistes des premiers jours) mais ils n'ont pas le courage de porter l'uniforme à l'atelier, de peur d'encourir le mépris de leurs compagnons et les railleries des gamins de la rue. De tels soldats aiment la parade, mais reculent devant une vraie mêlée. Le jour de la Pentecôte, Pierre eut la victoire; la puissance du Saint-Esprit entra en lui. Il reçut un coeur pur d'où l'amour parfait avait banni la crainte. Aussi, après son emprisonnement, recevant du Sanhédrin l'interdiction de prêcher à nouveau dans les rues, l'apôtre répondit: "Jugez s'il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu'à Dieu; car nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu" (Ac. 4:19-20). Dès sa libération, on le retrouvait dans les rues, annonçant la bonne nouvelle d'un salut parfait.

Après cela, Pierre fut pour jamais à l'abri de la crainte, et l'orgueil spirituel n'eut plus de prise sur lui; aussi, lors de la guérison du paralytique,  put -il s'écrier devant le peuple étonné, accouru autour de lui: "Hommes Israélites, pourquoi vous étonnez-vous de cela? Pourquoi avez-vous les regards fixés sur nous, comme si c'était par notre propre puissance ou par notre piété  que nous eussions fait marcher cet homme? . . . Le Dieu de nos pères a glorifié son serviteur Jésus. . . C'est par la foi en son nom que son nom a raffermi celui que vous voyez et connaissez; c'est la foi en Lui qui a donné à cet homme cette entière guérison" (Ac. 3:12, 13, 16).

Il ne resta plus rien chez l'apôtre de cette violence qui lui fit couper l'oreille du soldat lors de l'arrestation de Jésus; mais il s'arma de la pensée qui est en Christ (1 Pi. 4:1), en disciple de Celui qui nous a laissé un exemple, afin que nous suivions ses traces (1 Pi. 2:21). "Mais, nous ne pouvons recevoir ce que reçut Pierre le jour de la Pentecôte", m'écrivait un jour, quelqu'un. Cependant, au cours de la grande prédication qu'il fit entendre ce jour-là, Pierre déclara lui-même: ". . . vous recevrez le don du Saint-Esprit; car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin" -même dans dix-neuf cents ans-" en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera" (Ac. 2:38-39). Tout enfant de Dieu peut donc l'obtenir en se donnant entièrement à Dieu et en le demandant avec foi: "Demandez, et l'on vous donnera; cherchez, et vous trouverez . . . si donc, méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent" (Luc 11 :9-13).  Cherchez-Le de tout votre coeur et vous Le trouverez, car Dieu l'a dit et Il attend de pouvoir se donner à vous.

Un jeune homme, se préparant à devenir officier de l'Armée du Salut, sentit la nécessité d'avoir un coeur pur. Après la réunion, il rentra chez lui, prit sa Bible, lut le second chapitre des Actes, à genoux devant son lit, et dit au Seigneur qu'il ne se relèverait point avant d'avoir reçu un coeur pur rempli du Saint-Esprit. Il n'avait pas prié longtemps que le Seigneur vint soudainement à lui et le remplit de sa gloire; le visage du jeune homme resplendissait et son témoignage embrasait les coeurs depuis cet exaucement. Vous pouvez, de même, obtenir cette grâce en vous tenant devant le Seigneur, animé d'un esprit et d'une foi semblables. Il fera pour vous, par la puissance qui agit en vous, infiniment au delà de tout ce que vous demandez et pensez (Eph. 3 :20).

 

 

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