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L'ANCIEN TESTAMENT, SERAIT-IL DEPASSE ?

 

 

Ce que l’on appelle « l’Ancien Testament » et que Jésus lui-même désigne comme « les Ecritures » est une véritable prophétie.

Moi même je n’emploie plus l’expression « Ancien Testament » car elle n’est pas vraiment biblique. Ce terme est une expression que nous devons à un hérétique du deuxième siècle : Marcion. Celui-ci voulait nous faire croire que les écrits hébraïques étaient désuets et ne nous concernaient plus.

 

Aujourd’hui encore, bon nombre de chrétiens proclament : « Moi, je ne lis jamais l’ancien Testament, je ne lis que le nouveau ».

Même les pasteurs m’ont dit : « Je ne prêche que sur le Nouveau Testament parce que l’Ancien ce ne sont que guerres, Dieu jaloux et tout un ensemble de choses qui ne nous concernant plus. Ce qui est important pour nous, c’est le Nouveau Testament ».

 

Or si nous ne revenons pas aux Ecritures hébraïques, nous ne pouvons pas comprendre le Nouveau Testament, il n’existe pas. Le Nouveau Testament n’est rien d’autre que le commentaire de ce qui a été annoncé par les prophètes. 

 

Nier l’Ancien Testament, c’est nier les prophéties.

 

Pour beaucoup, le terme "Ancien Testament" désigne quelque chose de dépassé. Jamais Jésus, ni les apôtres, n’ont désigné ainsi ce que nous appelons l’Ancien Testament.

 

Encore aujourd’hui dans le judaïsme, on parle de l’Ecriture ou des Ecritures. La Bible de Jésus et la Bible des apôtres n’était rien d’autre que « l’Ancien Testament », pour une simple raison : c’est que le Nouveau n’existait pas ! Et par conséquent, je n’emploierai plus l’expression « Ancien Testament », j’emploierai l’expression qui était celle des apôtres : »l’Ecriture ou les Ecritures ». Or les Ecritures sont prophéties !

 

Il y a deux manières dans le christianisme de lire les prophéties, deux manières erronées l’une comme l’autres.

 

La première, c’est de tout rapporter à Jésus.

Jésus est celui qui accomplit les prophéties. Nous cherchons des textes chez les prophètes pour montrer coment Jésus a accompli les prophéties : c’est une manière parfaitement légitime de lire l’Ecriture. C’est comme ça que le fait aussi le Nouveau Testament.

 

Mais, quand on a sélectionné dans les prophéties ce qui concerne Jésus, nous n’avons pas épuisé pour autant le sens de ces prophéties et le sens de ces textes. Et à partir d’une parole que Jésus prononce sur la croix, parole souvent mal comprise : « Tout est accompli », on dit : toutes les prophéties ont été accomplies en Jésus. Et, par conséquent, nous n’avons plus aujourd’hui à attendre le moindre accomplissement et la moindre réalisation prophétique puisqu’en Jésus tout est accompli ; donc, fermons « l’Ancien Testament », les anciennes prophéties ne nous concernent plus ; « Tout est accompli par Jésus ».

 

Quand Jésus a dit : « Tout est accompli », ce n’était pas dans ce sens-là qu’il l’a dit. D’ailleurs le mot grec n’est pas exactement traduit. En grec, il se dit « Telesthetai », cela veut dire que « le but a été atteint ». Le but pour lequel Jésus est venu sur la terre a été atteint. Comme il a dit : "J’ai fait connaitre ton nom aux hommes, je t’ai glorifié sur la terre, et maintenant, tu vas glorifier ton Fils. L’heure est venue."

Cette heure était l’heure pour laquelle Jésus étais né dans ce monde. Le but a été atteint. La mission de Jésus est finie, elle est accomplie. Mais cela ne veut pas dire que toutes les Ecritures ont été accomplies. Paul le dit dans le texte « C’est pour l’espérance après laquelle nos douze tribus d’Israël soupirent jour et nuit que je suis mis en jugement devant toi aujourd’hui ».

 

Paul était conscient qu’il y avait encore des prophéties faites à Israël. toutes n’étaient pas accomplies, notamment ces prophéties qui concernaient tout ce qui s’appelle « L’espérance d’Israël » et encore des prophéties à venir et par conséquent, il y avait encore quelque chose que nous avions à recevoir des prophéties de l’Ecriture. 

 

« Tout est accompli », mais, pour ce qui concerne les prophéties faites à Israël, tout n’est pas accompli.

 

C’est là qu’intervient une deuxième manière erronée de lire l’Ecriture dans le monde chrétien, de spiritualiser les prophéties : c’est de considérer que, puisqu’Israël n’a pas reçu le message de Christ, il a été déchu de son droit d’aînesse, de son élection…

 

…. Paul est trés clair quand il nous montre que, malgré le faux pas d’Israël, ce qu’il appelle un faux pas n’est pas un crime, c’est un faux pas, c’est à dire quelque chose qui, finalement n’est pas si dramatique que cela. 

Dans un autre texte, il parle d’un voile qui est sur les Yeux d’Israël. Un voile n’est pas un mur en béton; un voile ça s’enlève facilement. Ca s’enlève beaucoup plus facilement qu’un mur en béton. 

 

Il y a donc un faux pas d’Israël et, malgré ce faux pas, malgré le fait que, par son incrédulité, le peuple d’Israël est, d’une certaine manière (nous dira l’apôtre Paul) dans une position d’ennemi de Dieu, Dieu n’a pas aboli ses promesses à son égard. 

 

Dieu n’a pas renoncé à son plan ; Israël reste et demeure le peuple élu parce que , ainsi que le dit l’apôtre Paul, « bien qu’ennemis de Dieu, ils sont aimés à cause de leurs pères ». Israël a une position étonnante : il est à la fois aimé et ennemi ; c’est justement la clé de ce que Paul appelle le « mystère d’Israël ».

 

Par conséquent, si maintenant nous revenons à cette notion des prophéties, nous concluons que les prophéties qui ont été faites à Israël sont aussi sans appel…

 

… Il y a une prophétie qui explique un peu cette dichotomie qui existe entre les écritures et le Nouveau Testament. Dans Jérémie 31, il nous est dit ceci : « Voici les jours viennent, dit le Seigneur, où je fais avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle ».

 

Le terme « alliance nouvelle » peut se traduire en vieux français par « Nouveau Testament ». L’expression « Nouveau Testament » vient précisément de ce texte de Jérémie 31:31. Finalement, on lit ce texte dans l’église chrétienne comme s’il signifiait : voici les jours viennent où je ferai avec l’Eglise des païens une alliance nouvelle. Et on considère qu’il y a deux alliances : une alliance qui est l’ancienne alliance (l’Ancien Testament) accomplie avec Israël et maintenant abolie ; et la nouvelle alliance, l’alliance du Nouveau Testament, accomplie avec les païens. Or, on ne voit nulle part dans l’Ecriture, en dehors de l’alliance avec Noé, que Dieu ait jamais fait alliance avec les païens.

 

Toutes les alliances qui ont été conclues par Dieu depuis l’alliance avec Abraham, l’alliance du Sinaï, l’alliance Davidique et la nouvelle alliance, sont des alliances que Dieu a faites avec Israël…

 

… Dieu n’a pas fait d’alliance avec les païens, mais Dieu confirme ce qui avait été annoncé par les prophètes, comme le dit l’apôtre Paul : dans sa grâce et sa miséricorde, il a ouvert cette dernière alliance qu’il a faite avec Israël, selon Jérémie 31, aux païens et maintenant, par la foi en Jésus, les païens peuvent entrer dans cette alliance qui a été accomplie avec Israël et être, comme le dira  l’apôtre dans la parabole bien connue, greffés sur l’olivier d’Israël. Cependant, ce ne sont pas eux qui portent la racine, c’est la racine qui les porte. Ils n’ont d’existence devant Dieu que parce qu’ils sont greffés sur l’olivier d’Israël, parce qu’ils sont entrées dans la Nouvelle alliance qui a été conclue avec la maison d’Israël et la maison de Juda.

 

Extrait de « Israël, un signe prophétique pour notre temps »

de Jean Marc Thobois

 

 

 

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