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  • JESSIE PENN-LEWIS

LE CHAMP D'ACTION ET LE SENS CACHÉ DE LA CROIX




LE CHAMP D’ACTION DE LA CROIX


Matt 16:24. Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive.


Renoncer à soi-même ! D’un mot, le Seigneur va droit au but. Il arrive que l’homme soit prêt à renoncer à certaines choses, à des choses agréables. Il arrive qu’il soit prêt à renoncer au péché. Mais renoncer à soi-même, à ce moi que l’on chérit. Renoncer à en faire le mobile de sa vie, le ressort de ses actions ? Détrôner le moi, pour que Jésus prenne sa place, la première. Ah, que cela est plus difficile ! Renoncer à soi-même ! L’emploi de tout autre mot aurait amoindri, limité le champ d’action de la croix et par conséquent, limité la délivrance.


En effet le résultat ultime de la croix, c’est l’affranchissement de soi-même, la délivrance du moi. Si quelqu’un se charge de la croix, accepte l’esprit de la croix manifesté en Christ au calvaire, et renonce à soi-même, il est affranchi du péché, des terreurs de la loi, du monde et de l’esclavage de Satan.


Qu’il soit mille fois béni cet évangile du calvaire, dans sa simplicité, sa profondeur, son efficacité, sa sagesse ! Car le moi est bien la cause de tous les troubles, de toutes les rébellions, de tous les égoïsmes, de l’orgueil et du péché ! Que l’homme se considère comme cloué au bois avec le Christ, jour après jour, heure après heure. que, dans les difficultés et les luttes inhérentes à cette vie, il renonce à soi-même et habite dans le calme et la paix du Sauveur, suivant celui qui l’a précédé dans le chemin de la croix. Cet homme suivra l’Agneau, non seulement jusqu’au calvaire, mais jusqu’au ciel même, où il partagera son trône.



LE SENS CACHÉ DE LA CROIX


Matt 16:24-25. Qu’il renonce à lui-même, car celui qui voudra sauver sa vie la perdra.


A trois reprise, le seigneur fait suivre son appel à porter la croix de paroles mystérieuses, incompréhensibles pour l’homme naturel. « Perdre sa vie pour la sauver » Lc 9:24 Lorsqu’il parle du grain de blé qui doit mourir pour porter du fruit, il donne presque la même leçon sous une autre forme : « Celui qui aime sa vie la perdra et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle » Jn 12:25

Jusqu’ici nous avions renoncé au péché … tout en nous conservant nous-mêmes. Nous n’avions pas vu que le moi, dans notre vie, s’opposait à l’action du Saint-Esprit, aussi réellement que le péché. Nous n’avions pas non plus vu que la vie charnelle, la vie égoïste, celle que nous tenons du premier Adam, s’opposait à la manifestation de la vie de Jésus en nos corps mortels.


Qu’est-ce donc que cette vie que l’homme perd en cherchant à la sauver ? Qu’est-ce que cette vie que nous aimons au lieu de la haïr, ce qui entraîne sa perte éternellement ? Certaines versions traduisent "âme", au lieu de "vie". Saint Paul nous explique ce passage dans quelques lignes de sa lettre aux corinthiens : « Le premier homme, Adam, devint une âme vivante. Le dernier Adam est devenu un Esprit vivifiant (qui donne la vie)… Le premier homme, tiré de la terre est terrestre; le second homme est du ciel » 1 Cor 15:45-47


C’est à cette vie héritée du premier Adam, (que nous appelons vie charnelle par opposition à celle que communique le Seigneur à ses rachetés) que nous devons renoncer. Et cependant, l’homme aime sa vie propre, son moi. Ils sont partie intégrante de lui-même. Nous l’aimons, parce que son domaine est celui des choses sensibles, des choses terrestres. Lorsque l’homme commence à marcher avec Dieu, une forte proportion de cette vie propre, ou vie charnelle, se mêle encore à la vie qu’il reçoit d’En-haut. De là, les fréquents changements d’humeur, les hauts et les bas, les états de dépression, même en dehors de toute désobéissance, de tout péché conscient. Mais vivre et marcher selon l’Esprit, regarder uniquement à celui qui est un Esprit vivifiant, nous fait entrer dans ce royaume où la paix est sans limites, où nos connaissons une joie parfaite, que rien ne peut ôter et qui dépasse infiniment toutes les joies éphémères d’ici-bas.


C’est l’épée de l’Esprit, la Parole de Dieu qui opère cette séparation entre tout ce qui est charnel et ce qui procède d’un pur esprit (Heb 4:12). Si, comme nous y sommes exhortés, la Parole demeure en nous abondamment, et qu’elle opère cette séparation, nous devons aussitôt haïr tout ce qu’elle nous révèle comme charnel, et l’abandonner, le perdre, le mener à la croix.

Voulons-nous suivre l’Agneau ? Voulons-nous que sa vie soit manifestée par nous à ceux qui nous entourent ? Alors il nous faut connaître les profondeurs de la croix, de sa croix. pour entrer dans tous les privilèges que sa mort nous a acquis, il faut renoncer à nous-mêmes, haïr notre propre vie pour que la sienne puisse se manifester.


La mesure même de notre renoncement déterminera la mesure où la puissance de sa résurrection pourra s’exercer en nous.


Nous avons renoncé à nos péchés pour mourir avec Christ au péché. Nous avons renoncé au monde pour mourir au monde, avec Christ. Et maintenant nos renonçons au moi, ce qui ouvre au Seigneur la porte de notre coeur et lui permet d’y entrer. Nous renonçons aussi par là à cette vie terrestre, charnelle, source d’énergie purement terrestre, qui autrefois nous animait. Et, portant toujours en nos corps la mort de Jésus, nous sommes amenés à puiser toujours d’avantage à sa vie qui se manifeste dans nos corps mortels, et vivifie ceux qui nous entourent.


Jessie Penn Lewis






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