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LA RESPONSABILITÉ DE L'HOMME


Si je n'étais pas venu et que je ne leur eusse point parlé, ils n'auraient pas de péché; mais maintenant ils n'ont aucune excuse de leur péché. (Jean 15:22)





Le péché par excellence de la nation juive, celui qui mit le comble à la mesure de ses iniquités, ce fut, sans contredit, le rejet de Jésus-Christ comme Messie. La venue du Sauveur avait été clairement annoncée par les prophètes. Aussi, les vrais Israélites qui attendaient l'accomplissement des oracles divins, comme Siméon et Anne la prophétesse, n'eurent pas plus tôt contemplé le petit enfant Jésus, qu'ils reconnurent en lui la consolation d'Israël, et se réjouirent d'avoir vu le salut de Dieu. Mais, parce que Jésus-Christ ne répondit point à l'attente de la génération perverse à laquelle il fut envoyé, parce qu'il ne vint point environné de pompe et revêtu de magnificence, parce qu'il ne fut entouré ni du prestige d'un prince ni des honneurs d'un roi de la terre, les Juifs refusèrent de le recevoir. Il monta comme un rejeton devant lui, et comme une racine qui sort d'une terre sèche; il fut méprisé et on n'en fit aucun cas.

Esaïe 53 : 2-3 Il s'est élevé devant lui comme une faible plante, Comme un rejeton qui sort d'une terre desséchée; Il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, Et son aspect n'avait rien pour nous plaire. Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, Semblable à celui dont on détourne le visage, Nous l'avons dédaigné, nous n'avons fait de lui aucun cas.


Mais là ne s'arrêta point le péché des Juifs. Non contents de nier le caractère messianique de Jésus, ils lui vouèrent une haine implacable; altérés de son sang, ils le pourchassèrent pendant toute sa vie; et leur malice diabolique ne fut pleinement assouvie que lorsque, assis au pied de la croix, ils purent suivre du regard, avec une joie féroce, les dernières convulsions et la lente agonie de leur Messie crucifié. Et, bien qu'au-dessus de la croix on lût ces mots remarquables : « Jésus de Nazareth, le Roi des Juifs », ils ne voulurent jamais reconnaître comme leur roi le Fils éternel de Dieu; c'est pourquoi aussi ils le crucifièrent, car, s'ils l'eussent connu, dit Paul, ils n'auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire.

1 Corinthiens 2 : 8 sagesse qu'aucun des chefs de ce siècle n'a connue, car, s'ils l'eussent connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire.


Peut-être vais-je vous surprendre, mes chers auditeurs, en vous disant que le péché des Juifs est journellement répété par les Gentils. Ce que les premiers ont fait une fois, un très grand nombre des seconds le font chaque jour. N'y a-t-il pas, en effet, dans le monde, n'y a-t-il pas, même parmi ceux qui écoutent en cet instant ma voix, une foule d'âmes immortelles qui oublient, qui méconnaissent le Messie ?


Peut-être ne prenez-vous pas la peine de le rejeter ouvertement; puisque vous vivez dans ce que l'on appelle un pays chrétien, vous croiriez vous déshonorer en blasphémant son nom. Peut-être même êtes-vous attachés à la saine doctrine, et admettez-vous que Jésus est à la fois Fils de Dieu et fils de Marie; mais c'est là tout. Vous ne tenez aucun compte de ses droits; vous lui refusez l'honneur qui lui est dû; vous semblez le juger indigne de votre confiance. Il n'est point votre Rédempteur; vous ne soupirez point après son second avènement, et vous n'espérez point être sauvés par son sang. Bien plus, comme les Juifs, vous êtes les meurtriers de Christ; car ne savez-vous pas que, tant que vous méprisez son Evangile, vous crucifiez de nouveau le Fils de Dieu et le livrez à l'ignominie ? Oui, chaque fois que vous entendez la prédication de la Parole et que vous la laissez écouler; chaque fois que votre conscience est atteinte et que vous étouffez sa voix; chaque fois que vous tremblez à l'ouïe des menaces de Dieu, mais que vous vous empressez de dire avec Félix : Va-t-en pour cette fois, et quand j'en aurai le loisir, je te rappellerai; - chaque fois, dis-je, que vous agissez ainsi, souvenez-vous, ô pécheurs, que vous prenez en quelque sorte le marteau et le clou pour déchirer de nouveau la main meurtrie de mon Sauveur, et que vous rouvrez ses plaies sanglantes ! Ou bien encore, chaque fois que vous outragez Christ dans la personne d'un de ses membres; chaque fois que vous insultez ses ministres, que vous entravez l'oeuvre de ses serviteurs, que vous faites tort à l'Evangile par votre mauvais exemple, ou que, par vos railleries, vous détournez une âme de la recherche de la vérité; - chaque fois, dis-je, que vous commettez de telles choses, vous trempez, autant qu'il dépend de vous, dans cette grande iniquité, dans ce forfait sans égal qui a attiré sur Israël la malédiction divine, et en punition duquel il a été condamné, lui, le peuple élu, à errer sur la surface de la terre, jusqu'au jour de la glorieuse réapparition du Messie : de ce Messie qui a paru une première fois pour souffrir, mais qui reviendra pour régner, de ce Prince de gloire, que dans ce moment même Juifs et Gentils attendent avec une égale anxiété, et qu'Israël doit reconnaître enfin comme son Roi.

Je me propose aujourd'hui, mes chers auditeurs, d'établir un parallèle entre vous et la nation juive; ou plutôt, je voudrais, avec l'aide de Dieu, vous faire sentir, en appliquant mon texte à vos consciences, que, si vous rejetez Christ, vous commettez le même péché, et vous