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TU AIMERAS TON PROCHAIN - PARTIE 2

 

CHAPITRE 2

 

Maintenant, mes chers auditeurs, je désire vous indiquer QUELQUES-UNS DES MOTIFS QUI DOIVENT VOUS PORTER A OBEIR A CE COMMANDEMENT.

 

 

Le premier, le plus puissant de ces motifs est celui-ci : Nous devons aimer notre prochain, parce que Dieu nous le commande. Pour le chrétien, il n'est pas d'argument aussi fort que ces simples mots : "Dieu l'a dit." La volonté de Dieu est la loi du croyant. Il ne demande pas : " Que gagnerai-je en agissant ainsi? Que dira l'Eglise? Que dira le monde? " Il se demande simplement : " Est-ce la volonté de mon Père? "

Puis, cette question une fois résolue, il s'écrie : " O Esprit-Saint! Donne-moi d'obéir, non à cause des avantages qui peuvent résulter de mon obéissance, mais uniquement parce que tu as parlé! "

Oui, c'est le privilège, c'est la gloire du chrétien de faire la volonté de Dieu, en obéissant à la voix de sa Parole:

 

Psaumes 103 : 20 Bénissez l'Eternel, vous ses anges, Qui êtes puissants en force, et qui exécutez ses ordres, En obéissant à la voix de sa parole !

 

Mais je le sais, ce motif, tout-puissant pour le chrétien, est de nulle valeur pour les gens du monde.

En voici un autre, d'une nature toute différente, qui aura probablement plus de poids auprès d'eux. Nous devons aimer notre prochain dans notre propre intérêt.

Au premier abord, il faut en convenir, ceci à l'air d'un paradoxe. Ne semble-t-il pas, en effet, qu'en nous encourageant à aimer les autres, l'égoïsme se donnerait, pour ainsi dire, la mort de ses propres mains ? Cependant, pour peu qu'il fût intelligent, je soutiens que l'égoïsme lui-même nous tiendrait ce langage : " Moi, aime ton prochain, car alors ton prochain t'aimera. Moi, aide ton prochain, car alors ton prochain t'aidera. Fais-toi des amis, ô Moi, avec tes richesses iniques, afin que, lorsque tu viendras à manquer, ils te reçoivent dans les tabernacles éternels (Allusion à Luc, 16 :19). Moi, tu recherches tes aises; le meilleur moyen de te procurer, c'est de bien traiter ceux avec qui tu as affaire. Moi, tu recherches le plaisir, les jouissances; tu ne pourras jouir de rien si ceux qui t'entourent te haïssent. Efforce-toi donc de te concilier leurs bonnes grâces, et ainsi, ô cher Moi, tu seras heureux."

Egoïstes ! Profitez de ces sages conseils de votre maître, et puissiez-vous devenir assez logiquement, assez judicieusement égoïstes pour témoigner à votre entourage des égards et de la bonté! Le plus court chemin pour arriver au bonheur, c'est de rendre les autres heureux. Le monde est bien mauvais, mais il ne l'est pas assez pour être complètement insensible à la puissance de la bonté et de l'amour.

Maîtres, soyez bons envers vos domestiques, et, sauf quelques rares exceptions, soyez sûrs qu'ils seront bons pour vous. Serviteurs, servez vos maîtres avec affection. Il en est bon nombre, j'en conviens, qui sont durs et exigeants, mais soyez persuadés qu'ils n'en apprécient pas moins les bons services, et que, si vous avez un peu de patience, ils finiront par vous bien traiter.

Pour ma part, si je désirais obtenir la plus grande somme de bonheur possible, je ne demanderais point à la terre son luxe et ses richesses, ni aux plaisirs des sens leurs joies et leurs voluptés; toute mon ambition consisterait à me sentir entouré d'êtres aimés et aimants, et à pouvoir me dire que partout où je vais je répands l'allégresse. Oui, c'est là le vrai moyen d'être heureux soi-même.

Ainsi donc, mon cher auditeur, tu vois que ton intérêt bien entendu doit te porter à aimer les autres, car, par le fait, en les aimant, tu travailles à ton propre bonheur, tant il est vrai qu'entre ton prochain et toi il existe une si étroite solidarité que le courant d'affection, qui découle de ton coeur vers lui, refluera tôt ou tard vers toi.

Mais je ne me suis arrêté que trop longtemps à un motif aussi misérable que celui-là. Il est indigne d'un chrétien, il est indigne même de tout homme généreux !

 

Aimez votre prochain, vous dirai-je encore, parce que c'est le moyen de faire du bien dans le monde. Vous êtes philanthropes; vous vous intéressez à tout ce qui se fait pour soulager ou améliorer l'humanité; vous souscrivez aux sociétés de missions, aux établissements d'orphelins, et autres institutions charitables. Sans doute, toutes ces oeuvres sont excellentes. Dieu me garde de les déprécier en aucune manière !

Mais, tout excellentes qu'elles sont, je me demande souvent si elles ne nuisent pas en quelque mesure aux efforts individuels des chrétiens, et si elles n'encouragent point notre paresse naturelle, dans ce sens que nous nous croyons autorisés à nous décharger sur elles, moyennant une légère contribution, du devoir de faire du bien à nos semblables.

Encore une fois, qu'on ne se méprenne point sur le sens de mes paroles. Je ne médis nullement de nos sociétés religieuses; je vous exhorte, au contraire, à les soutenir autant qu'il vous sera possible; seulement, voici ce que je vous dis, mes biens-aimés : Si vous désirez réellement le bien de l'humanité, ne vous contentez pas d'y concourir, en quelque sorte, par procuration, mais mettez vous-mêmes la main à l'oeuvre.

N'ayez pas constamment recours à des intermédiaires pour témoigner à votre prochain que vous l'aimez. Soyez vous-mêmes les distributeurs de vos aumônes; nourrissez le pauvre, visitez le malade, habillez l'indigent, recueillez même l'orphelin dans vos maisons. De la sorte, n'en doutez pas, vous travaillerez efficacement au bien de la société.

Chers amis , souvenez-vous qu'il n'est pas de plus sûr moyen d'améliorer le monde que d'être bon soi-même. Etes-vous ministre de l'Evangile ? Annoncez la vérité d'un ton bourru et grondeur, vous aurez bientôt une église où l'on haïra la religion.

Etes-vous moniteur dans une école du dimanche ? Instruisez vos élèves en fronçant le sourcil, vous verrez quel profit ils retireront de vos leçons.

Etes-vous chef de famille et célébrez-vous le culte domestique ? Mettez-vous en colère contre vos serviteurs; après cela, dites: "Prions Dieu:" quelle grande somme de dévotion vous développerez en eux!

Etes-vous geôlier d'une prison, et avez-vous des détenus à surveiller ? Rudoyez-les, maltraitez-les, puis conduisez-leur le chapelain; comme ils seront bien préparés à recevoir la Parole de Dieu !

Vous avez des pauvres autour de vous; vous voudriez les relever, les éclairer, les moraliser. Allez de maison en maison, et tancez-les vertement sur la malpropreté de leurs demeures, sur la grossièreté de leurs goûts, sur l'état d'abaissement moral dans lequel ils sont plongés; bon moyen, en vérité, de les engager à profiter de vos conseils ! Mais essayez d'un tout autre système.

Laissez là, croyez-moi, le front dur et le regard sévère; oignez votre visage de l'huile parfumée de la bienveillance, et, le sourire aux lèvres, allez vers votre prochain en lui disant : "Je vous aime. Je ne fais pas de grandes phrases sur la fraternité, mais vous pouvez compter sur moi, et, autant qu'il me sera possible, je vous prouverai mon affection. Voyons, que puis-je faire pour vous ? Quel service puis-je vous rendre ? Dois-je vous aider à franchir un fossé, vous secourir dans un moment difficile? Vous encourager quand vous êtes abattu ? Il me semble que je pourrais m'occuper de votre petite fille, ou envoyer le médecin à votre femme qui est malade." Pratiqué sur une large échelle, un tel système de bienveillance et de bons procédés ferait plus, j'en suis convaincu, pour le relèvement moral des masses, que tout ce grand déploiement de rigueur par lequel on cherche à les contenir. Vos gibets et vos échafauds n'ont point amélioré le monde. Pendez les hommes aussi longtemps qu'il vous plaira, vous n'en serez pas plus avancés. La corde n'a jamais moralisé personne, et elle ne le fera jamais. La peine de mort n'est point une nécessité (l'auteur exprime ici son opinion personnelle, dont nous lui laissons toute la responsabilité; car quelles que puissent être, comme individus, nos sympathies pour cette opinion, nous croyons devoir, comme éditeurs, nous imposer une grande réserve sur une question aussi grave et aussi délicate que celle de la peine de mort - Note des Editeurs).

Encore une fois, traitez-le avec miséricorde, traitez-le avec amour; et, moyennant la bénédiction de Dieu, vous verrez qu'il n'est pas de loup, sous les traits d'un homme, dont le coeur ne s'amollisse à la sainte flamme de la charité; pas de tigresse, sous la forme d'une femme, qui ne soit bientôt vaincue par la voix sympathique et tendre d'une amie chrétienne.

Je vous le dis donc, mes bien-aimés, dans l'intérêt de l'humanité, aimez votre prochain. Aimez-le aussi, vous souvenant que, par votre manque d'affection, vous pouvez augmenter sa part de douleurs. Il est dans le monde bien des misères dont nous ne soupçonnons pas l'existence. Souvent, nous avons adressé de dures paroles à de pauvres âmes désolées; nous ne l'aurions point fait, si nous avions connu leurs douleurs, mais notre ignorance ne nous excuse pas, car nous aurions dû les connaître.

Te rappellerai-je, mon cher auditeur, que pas plus tard qu'hier tu as expulsé de ta maison une pauvre femme, mère de trois enfants ? Cette femme, veuve et délaissée, te devait quelques semaines de loyer. La dernière fois qu'elle te paya, elle vendit la montre de son mari et son anneau de mariage : c'étaient les seuls objets qui fussent chers à son coeur; néanmoins, elle les vendit, et te paya..... Cette fois-ci, elle n'avait plus rien à vendre. Elle te pria de patienter quelques jours; tu l'as fait, et tu crois avoir agi d'une manière exemplaire en le faisant. Mais ce délai expiré, tu t'es dit: " Cette femme ne m'inspire pas une grande confiance; en tous cas, je sais qu'elle est mauvaise payeuse. Elle a trois enfants, c'est vrai, mais finalement cela ne me regarde pas. Où en seraient les propriétaires, s'ils devaient s'occuper de ces détails ? Les affaires sont les affaires! " Et là-dessus, tu as fait signifier à la pauvre veuve qu'elle eût à déloger sur-le-champ. Ah! Si tu avais pu voir ce qui se passait dans son coeur brisé, alors que, sans argent et sans abri, elle franchissait le seuil de ta maison, se demandant avec effroi où ses enfants trouveraient un gîte pour la nuit, sûrement tu aurais eu pitié d'elle, et une voix intérieure t'aurait dit : "Non, tu ne peux pas jeter ainsi à la rue la veuve et l'orphelin! " Mais tu n'as pas connu son angoisse; tu n'as pas même voulu voir l'infortunée, et tu as commis une mauvaise action. Les lois humaines, je le sais, te donnent droit, mais la loi de Dieu te condamne, car cette loi te dit : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Un mot aussi à vous, mon riche auditeur. Un jeune homme s'est présenté chez vous l'autre jour. Il vous a dit : " Vous connaissez mon petit commerce. Les temps sont difficiles, ma clientèle n'est pas encore établie; j'ai beaucoup à lutter pour me maintenir sur l'eau.

Cependant, je suis loin de désespérer. Je crois, au contraire, que mon avenir serait assuré, et que d'ici quelques mois j'aurais acquis un bonne position, si seulement vous pourriez me faire quelques avances." - " Jeune homme ", avez-vous répondu d'un ton froid, " j'ai eu beaucoup de mauvaises dettes dernièrement. D'ailleurs, vous ne pouvez offrir aucune garantie sérieuse. Il m'est impossible de vous prêter. " Le jeune homme s'est incliné en silence, et s'est retiré.

Voilà ce que vous savez, ô mon frère; mais ce que vous ignorez, c'est que ce jeune homme, intègre et honnête autant que vous, vous a quitté la mort dans l'âme. Ce que vous ignorez, c'est qu'unique soutien d'une mère âgée et de deux soeurs incapables de subvenir à leurs besoins, il a entrepris son commerce dans le but de leur donner du pain. Ce que vous ignorez encore, c'est que depuis un mois la pauvre famille s'impose toutes sortes de privations, afin de faire honneur à ses affaires. Eussiez-vous aidé ce jeune homme, vous n'auriez probablement rien perdu, et vous auriez assuré le sort de toute une famille. Mais maintenant, le malheureux ne sait que devenir. Son coeur se gonfle, son âme défaille en songeant à sa vieille mère, à ses jeunes soeurs, qui, selon toute apparence, sont à la veille de se trouver sans ressources...."Si j'avais su tout cela," me dites-vous peut-être, "je l'aurais aidé." Et qui est responsable de votre ignorance, si ce n'est vous-même, mon cher auditeur? Votre devoir n'était-il pas, avant de prendre une décision, de questionner celui qui vous demandait un service, et de prendre des renseignements sur son compte?

" Ce n'est point ainsi que se traitent les affaires ", me répondez-vous. C'est possible, mais c'est ainsi qu'un chrétien devrait les traiter. Périssent vos affaires, si elles vous obligent à vous conduire en enfant du diable, et non en enfant de Dieu!

Si vous faites profession de pitié, cherchez à servir Dieu, même dans vos affaires, et n'oubliez pas qu'il vous dit : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Un dernier exemple. Il y a ici une grande dame, à qui Dieu a donné non-seulement l'abondance, mais aussi le superflu, et pour qui l'argent n'a guère plus de valeur que les épingles n'en ont pour d'autres. Elle va parfois visiter les pauvres. Dès qu'elle entre, on s'empresse de lui avancer un siège, e, quand elle est assise , elle commence à discourir fort doctement sur le devoir de la modération et de l'économie. Les pauvres gens qui l'écoutent se demandent, tout surpris, comment il serait possible d'économiser plus qu'ils ne font, car, souvent, ils ne mangent que du pain, et ils ne voient pas ce qu'ils pourraient retrancher à ce maigre ordinaire. Ensuite, la dame leur fait un cours complet d'ordre et de propreté, et se permet, à ce sujet, une infinité de remarques impertinentes sur les vêtements des enfants, qui, hélas! n'en possèdent pas de rechange. Puis, elle se lève, et dit à la mère de famille :" Ma bonne femme, voici un petit livre dont je veux vous faire cadeau; il traite de l'ivrognerie; je vous engage à le donner à votre mari." (Pauvre créature! Si elle le fait, elle sera battue, n'en doutez pas.) "Tenez," ajoute enfin la visiteuse, "je vous donne encore ceci", et elle lui met dans la main une pièce d'argent. Après cela, la dame s'en va, en se disant avec satisfaction : "J'aime mon prochain." - Vous l'aimez, ma soeur ? Avez-vous donc traité cette femme avec affection ?

"Non." - Lui avez-vous parlé comme une amie parle à son amie ? - "Non, sans doute; elle est mon inférieure." - Alors ne vous flattez point d'avoir obéi à cette loi divine : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Et vous dirai-je, chère soeur, ce qui est arrivé, après que vous êtes partie ? La mère de famille fondit en larmes, et courut chez son pasteur afin d'être consolée. "Oh! monsieur, " s'écria-t-elle, "je suis bien reconnaissante envers Dieu du petit secours qu'il vient de m'envoyer, mais j'ai cru que mon coeur allait se briser! Une dame est venue me voir, elle m'a donné quelque argent, mais elle m'a parlé d'une manière si offensante, qu'en vérité j'ai eu envie de refuser son aumône. Elle m'a fait affront en présence des enfants, elle m'a humiliée de mille manières, elle m'a tenu les propos les plus pénibles! Oh! qu'il est dur de se voir ainsi traitée, surtout lorsque, comme moi, l'on a connu de meilleurs jours! "

Voilà, ma soeur, quel a été le résultat de votre visite. Non, vous n'aimez pas votre prochain, sans quoi vous n'auriez pas ajouté une nouvelle douleur aux douleurs de votre pauvre soeur. Vous lui avez donné de l'argent, c'est vrai, mais qu'est-ce que de l'argent sans un peu d'amour ? La valeur de votre offrande eût été décuplée, si vous y aviez joint la moindre parcelle de vraie charité. Tu aimeras ton prochain.

Oh ! plût à Dieu que je pratique toujours moi-même ce saint commandement, et que je parvienne à le faire pénétrer dans le coeur de tous ceux qui m'écoutent ! Le dernier argument, dont je ferai usage, s'applique exclusivement aux enfants de Dieu. Chrétien, mes frères, leur dirai-je, vous devez aimer votre prochain, parce que Christ vous a aimés. Il vous a aimés le premier. Il vous a aimés, quand il n' y avait rien en vous qui fût aimable. Il vous a aimés, quoique vous l'eussiez méconnu, méprisé, insulté. Il vous a aimés avec persévérance, il vous aime d'un amour éternel. Il vous a aimés dans vos chutes, Il vous a aimés dans vos relèvements. Il vous a aimés malgré vos péchés, vos ingratitudes, et vos folies. Son coeur aimant n'a jamais changé, et il a répandu tout le sang de ses veines pour vous prouver son amour.

Il vous donne ici-bas tout ce dont vous avez besoin, et vous prépare dans les cieux une habitation éternelle. O chrétiens, la religion, que vous professez, exige que vous aimiez comme votre Maître a aimé. Il vous a dit, vous le savez : Je vous laisse un exemple, afin que vous suiviez mes traces.

Or, comment pourriez-vous suivre ses traces, à moins que vous n'aimiez? Laissez au mahométan, au juif et au païen, la dureté de coeur et l'insensibilité : de leur part, ces sentiments sont, à quelque degré, excusables; mais en vous, rachetés de Christ, ils seraient la plus étrange des anomalies, la plus choquante des contradictions; et, si vous n'aimiez pas votre prochain, en vérité, je ne sais comment il serait possible que vous fussiez les vrais disciples du Seigneur Jésus.

 

 

CHAPITRE 3

 

Maintenant, il ne me reste plus qu'à vous faire remarquer, très sommairement, quelques-unes DES IMPORTANTES VERITES QUI RESSORTENT DE MON TEXTE.

 

La première, c'est que nous sommes tous coupables. En effet, mes bien-aimés, devant ce commandement, qui de nous ne se sent condamné par sa conscience ? Puisque la loi de Dieu m'ordonne d'aimer mon prochain, du haut de cette chaire, moi tout le premier, je dois confesser mon péché!

Hier soir, vous le dirai-je ? en méditant sur ce texte, j'ai versé des larmes amères au souvenir de tant de paroles dures qui se sont échappées de mes lèvres, de tant d'occasions de faire le bien dont je n'ai pas profité.

J'ai chercher à m'humilier sincèrement devant Dieu, et je suis assuré qu'il n'est personne dans cet auditoire qui ne sentît le besoin de s'humilier avec moi, si la parole de mon texte était appliquée à son âme, par la puissance de l'Esprit de Dieu.

Oui, nous sommes tous coupables ! O vous les plus tendres des coeurs, les plus charitables des âmes, dites, n'êtes-vous pas forcés, chacun pour son propre compte, de vous joindre à ce triste aveu ?

Et ceci nous suggère naturellement une seconde remarque. Si tout le monde a violé ce commandement, qui peut espérer être sauvé par ses propres mérites ? Y a-t-il ici quelqu'un qui, pendant toute sa vie, ait aimé son prochain de tout coeur ? Si un tel homme existe, il sera certainement sauvé par ses oeuvres, à condition toutefois qu'il n'ait pas enfreint non plus les autres commandements.

Mais, si vous n'avez pas aimé vos semblables - (et vous savez que vous ne l'avez point fait) - écoutez la sentence de la loi : L'âme qui péchera sera celle qui mourra. N'espérez donc pas être sauvé par les ordonnances de la loi. Quiconque se confie dans la loi périra par loi.

Oh ! combien ceci est propre à me faire aimer l'Evangile ! Si j'ai transgressé le commandement de mon texte, et je l'ai fait; si, d'un autre côté, je ne puis entrer au ciel sans y avoir parfaitement obéi, précieux à mon âme est ce Sauveur plein d'amour, qui peut laver tous mes péchés dans son sang ! Cher à mon coeur est Celui qui veut bien me pardonner mon manque de charité, mon peu de dévouement, ma rudesse et mon égoïsme; jeter un voile sur toutes mes paroles acerbes, sur mes médisances, sur mon étroitesse, sur ma dureté, et qui, malgré tous mes péchés, me donnera enfin une place dans le ciel grâce à son sacrifice expiatoire !

Mes chers amis, vous êtes tous pécheurs; si vous l'aviez ignoré jusqu'à ce jour, l'examen que nous venons de faire a sûrement dû vous convaincre de cette triste vérité. C'est donc comme à des pécheurs que je viens vous annoncer l'évangile. Quiconque croira au Seigneur Jésus sera sauvé.

Et non seulement Dieu pardonnera au pécheur, mais il mettra en lui un nouveau coeur et un esprit droit, en sorte qu'il sera rendu capable, à l'avenir, d'observer à quelque degré la loi de son Père céleste, et qu'il recevra, un jour dans la vie éternelle, la couronne incorruptible de gloire.

Plus qu'un mot. Je ne sais si, dans quelques parties de mon discours, j'ai paru m'adresser personnellement à l'un de vous. Je l'espère. En tout cas, c'était mon désir et mon intention. Je sais qu'il y a beaucoup de gens dans le monde qui, à moins qu'on ne fasse des habits tout exprès pour eux, ne veulent pas les porter; j'ai donc essayé de leur en tailler exactement à leur mesure, afin qu'ils n'aient aucune excuse pour ne pas s'en vêtir.

Si, au lieu de vous écrier : " Comme ce sermon s'appliquait bien à mon voisin!", vous consentez à vous dire : "Comme il s'appliquait bien à moi ! ", j'espère qu'avec l'aide de Dieu mes exhortations ne resteront pas sans fruit.

Et, si quelque personne, aux tendances antinomiennes, disait avec dédain, en sortant de cette enceinte : " On ne nous a prêché aujourd'hui que la légalité ", que cette personne reçoive l'assurance de mon affection, mais qu'elle me permette en même temps de lui dire que son opinion me touche peu.

Mon Sauveur a prêché la morale, et je veux suivre son exemple. Je crois qu'il est bon de rappeler souvent aux chrétiens que leur foi doit se montrer par leurs oeuvres, et aux mondains, que les oeuvres sont la conséquences de la foi. Je crois que le ministre de Christ est tenu d'élever devant tous le plus parfait idéal de l'amour, de la bonté et de la sainteté, et de ne jamais souffrir que cet idéal soit rabaissé ou amoindri.

Que Dieu vous bénisse tous, mes bien-aimés, et qu'il soit avec vous pour l'amour de Jésus !

 

 

 

 

 

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