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  • JEAN MARC THOBOIS

LE COMPTE À REBOURS EST-IL COMMENCÉ ?


On assiste dans le monde entier et particulièrement au Moyen Orient à une dégradation inquiétante de la situation en face d’une apathie, d’une démission des responsables occidentaux comme de ceux d’Israël vis à vis de ce qui apparaît de plus en plus ouvertement comme une menace majeure sur nos sociétés.

Le problème de l’Iran semble avoir été enterré, alors que ce pays devient de plus en plus agressif. Il l’est plus qu’il ne l’a jamais été. Les partis, groupuscules, milices qui se réclament de lui sont de plus en plus actifs : le Hezbollah au Liban reconstruit son infrastructure à une vitesse et dans des proportions absolument inégalées, le Hamas, le Djihad islamique, les Tanzim et autres mouvements en train de s’armer jusqu’aux dents avec la complicité de l’Egypte. Dernièrement, les passages forcés des réfugiés de Gaza dans le Sinaï ont rendu possible le retour du terrorisme. Une bombe a explosé à Dimona. On peut craindre un retour du cycle infernal, des attentats suicides.


En face de la dégradation de la situation, les gouvernements occidentaux sont comme tétanisés. La seule réponse est celle qui consiste à faire des concessions aux groupes les plus extrémistes. Israël est pressé d’en faire et ils en ont fait. On nous a même dit à Annapolis, qu’Israël devait être prêt à des sacrifices douloureux alors que dès le départ, la partie arabe a annoncé qu’elle ne cèderait rien, pas même la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif. Oui, la situation est inquiétante. Comme dans le passé, d’aucuns font référence à Munich et à cette politique d’apaisement qui fut celle des occidentaux à cette période et qui, comme l’ont constaté tous les historiens de l’après-guerre, conduisit à la déflagration que l’on voulait empêcher.


Selon la phrase mordante de Winston Churchill, alors dans l’opposition : « A Munich, les alliés ont eu le choix entre sacrifier l’honneur et avoir la guerre. Ils ont sacrifié l’honneur et ils ont eu la guerre ». On peut se demander si le même esprit n’est pas en train d’agir. Les anciens disaient : « Dieu aveugle ceux qu’il veut perdre ». On peut se demander si ce n’est pas effectivement ce qui est en train de se passer, Dieu aveuglant les yeux des dirigeants occidentaux pour que nous allions vers une conflagration majeure qui encore aujourd’hui, si on s’y prenait suffisamment d’avance pourrait peut-être évitée. Un autre événement passé quasi inaperçu, en tous cas en France, est aussi lourd de signification.

La presse israélienne s’est fait l’écho d’une découverte d’archéologues turcs sur le Mont Ararat et qui affirment avoir redécouvert des morceaux de bois ayant appartenu à l’arche de Noé. Ces archéologues sont absolument affirmatifs et proposent un Congrès international sur ce sujet, qui doit avoir lieu en juillet prochain au pied de l’Ararat. Cette découverte qui bien entendu, a été étouffée par les média français, a une signification très importante. Il y a de nombreuses années que, notamment des évangéliques italiens, sont à la recherche de cette arche. Chaque année, au mois de septembre, ils se rendent en expédition sur l’Ararat. Ils ont réussi à localiser assez précisément l’endroit où se trouve cette arche et qui est conforme aux données bibliques. Ils ont même réussi à la photographier dans sa carapace de glace, mais jusqu’alors il n’a pas été possible d’aller plus loin, les conditions de l’Ararat et l’importance du glacier variant d’une saison à l’autre.

Lorsque nous avons rencontré ces frères, il y a de cela quelques années, ils nous ont dit qu’ils pensaient que cette arche ne serait découverte qu’aux temps de la fin, Dieu ne permettant pas qu’on la redécouvre avant un temps précis. Et ils ont cité notamment ce texte de 2 Pierre chap. 3 v. 5 parlant justement de ceux qui, « dans les derniers jours, viendraient comme des moqueurs pleins de railleries, marchant selon leurs propres convoitises et disant : où est la promesse de son avènement, car depuis que nos pères sont morts tout demeure comme depuis le commencement de la création” ; « Ils veulent oublier, dit l’apôtre , qu’une terre qui avait surgi de l’eau par les mêmes causes, périt submergée par l’eau ». Et par les mêmes paroles, « les cieux et la terre actuels sont gardés en réserve pour le feu, en vue du jugement et de la perdition des impies”. Cet avertissement solennel de l’apôtre a été considéré par les frères comme s’appliquant à cette découverte de l’arche de Noé.


On sait que dans les milieux « bien pensants », rationalistes, le déluge et donc l’arche de Noé sont considérés comme une légende dont on se moque. Il est bien certain que l’attente d’un déluge de feu, aux temps de la fin, se heurte au même scepticisme. Or, il est clair que la Bible aussi fait un rapprochement entre ces deux événements non seulement dans ce texte de Pierre, mais également en Luc 17. Jésus déclare « Il en sera en ce temps-là, c’est-à-dire aux temps de la fin, comme il en fut à l’époque de Noé. Les hommes mangeaient, buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche, alors vint le déluge et il les emporta tous ». Les frères italiens ont pensé que Dieu permettrait la découverte indiscutable de l’arche qui serait un signe ultime pour le monde entier, juste avant la venue du déluge de feu. Ils font d’ailleurs en cela référence à des traditions arméniennes et ils nous ont montré une photo d’une tapisserie arménienne datant de plusieurs siècles, représentant l’Ararat et notamment le surplomb que l’on appelle le glacier Parrot dans lequel l’arche serait emprisonnée. Il y a à cet endroit précis une sorte de chignole représentée sur cette tapisserie qui indique d’une manière extrêmement pointue l’emplacement exact dans lequel se trouve l’arche et qui correspond exactement à ce que nos amis archéologues ont découvert.

Et la légende en arménien, située dessus, déclare ceci : “Creusez dans cet endroit et vous trouverez la preuve de l’existence de Dieu”. Selon nos frères, la découverte de cette arche ne pourra avoir lieu que dans les ultimes moments, car Dieu, pensent-ils, ne permettra pas que cette arche devienne une pièce de musée et une attraction touristique, ce que déjà les archéologues turcs envisagent. A l’heure qu’il est, il est encore trop tôt pour se prononcer d’une manière absolue sur la découverte des archéologues turcs, mais si cette découverte devait se révéler authentique, alors il serait évident que nous sommes arrivés à la veille d’événements graves et qu’il est sans doute plus tard que beaucoup ne le pensent.


En tous cas, ce qui semble évident, c’est que tous les événements s’imbriquent les uns dans les autres et tous vont dans la même direction, le même sens. Un avertissement solennel selon lequel des temps difficiles sont devant nous, mais nous ne devons jamais oublier que l’Evangile est une Bonne Nouvelle. Au delà de ces bouleversements, c’est l’avènement du Royaume de Dieu, de cette terre nouvelle et ce ciel nouveau que nous attendons, dans lequel la justice habitera comme le dit l’apôtre. C’est vers cela que nous allons , aussi Jésus disait-il aux siens : « Réjouissez-vous et redressez vos têtes car votre délivrance est proche ». Mais l’apôtre ajoutait aussi « Efforcez-vous d’être trouvés par lui sans tache et sans défaut, dans la paix. Puisque toutes ces choses sont en voie de dissolution, combien votre conduite et votre piété doivent être saintes. Attendez et hâtez l’avènement du jour de Dieu où les cieux enflammés se dissoudront et les éléments embrasés se fondront ».


C’est cette exhortation que nous devons prendre au sérieux plus que jamais. Nous avons eu l’occasion de rencontrer dans un Colloque qui s’est tenu à Paris, dans le cadre de l’Alliance France-Israël, un certain nombre de spécialistes du Moyen Orient, français et israéliens. Notamment se trouvaient là le chef de l’opposition Benjamin Natanyaou, deux généraux dont l’un avait exercé les plus hautes responsabilités dans l’armée d’Israël, des géopoliticiens qui ont fait une analyse particulièrement lucide de cette situation.

Il nous a semblé bon de livrer ces réflexions à nos lecteurs pour qu’ils prennent conscience effectivement de la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons et par laquelle nous sommes tous concernés même si, bien sûr, ces événements concernent davantage le peuple d’Israël. Nous souhaitons que cette lecture puisse faire prendre conscience aux uns et aux autres de cette nécessité dont parlait l’apôtre, « de se tenir prêt en fonction des événements qui sont peut-être plus proches que ce que nous pouvons imaginer.”


Editorial du n°75 de la revue Keren Israël,

dirigée par Jean-Marc Thobois.



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