GENÈSE 32


Verset 1 à 2

Nous ne savons pas si Jacob échange quelques mots avec les anges qu’il rencontre. Jacob n’a aucun doute sur le fait que ce sont des anges. Ont-ils une apparence spéciale ou Jacob les reconnait-il parce qu’ils sont seuls dans un endroit désert ?

N’oublions pas que Jacob est sur la route du retour vers sa famille. Il doit avoir de l’angoisse dans son coeur, car il ne sait comment réagira son frère. Les anges sont le signe que Dieu n’a pas abandonné Jacob, mais qu’il le garde dans ses voies. Ps 91:11 Car il ordonnera à ses anges De te garder dans toutes tes voies ;

En les voyant, Jacob est rassuré, car il sait que Dieu est là « C’est le camp de Dieu ! » Il va ainsi nommer cet endroit Mahanaïm, ce qui signifie « deux armées » ou « deux camps ». Il sait qu’il n’est plus seul, qu’en plus de son armée, une deuxième armée est avec lui, celle de Dieu.

Même si nous ne les voyons pas, nous ne devons pas oublier que des anges nous protègent et nous gardent dans les voies du Seigneur. Je pense qu’ils peuvent se montrer sous forme humaine, mais aussi rester invisibles et cependant être présents sans que nous le sachions. Avant Jacob, Abraham, Agar et Lot avaient rencontré eux aussi des anges et bien d’autres en rencontreront par la suite, pour ne citer que Moïse, Balaam et Gédéon en exemple.


Verset 3 à 5

En envoyant des hommes devant lui, on sent la peur qui anime Jacob car il ne sait pas si son frère a encore de la haine envers lui. 20 années ont passées, mais nous savons que la haine peut subsister même après tant d’années.

Jacob appelle son frère « Mon Seigneur » et se considère lui-même à ses yeux comme un serviteur. C’est important car il renvoie à son frère la bénédiction qu’il lui avait volé Gen 27:37 Isaac répondit, et dit à Esaü: Voici, je l’ai établi ton maître, et je lui ai donné tous ses frères pour serviteurs, je l’ai pourvu de blé et de vin : que puis–je donc faire pour toi, mon fils ?

Jacob tente d’adoucir le coeur de son frère en l’élevant.


Verset 6

Mais l’annonce du retour de Jacob va ranimer à nouveau la colère d’Esaü. Non seulement Esaü est un homme fort, un bon chasseur, mais en plus il ne vient pas seul, il est accompagné de 400 hommes pour venir à la rencontre de son frère.


Verset 7 à 8

La crainte que Jacob éprouve est la même crainte que nous devrions éprouver devant le jugement de Dieu. Est-ce le cas ?

Le verbe utilisé est Yaro יָרֹא qui signifie : craindre, avoir peur, respecter, révérer.

Le même verbe est utilisé lorsque Dieu demande à son peuple de le craindre.

La version Louis Segond traduit par « fut très effrayé » et la Darby par « craignit beaucoup » . De toute évidence Jacob a très peur et cela se comprend.

De la même manière, avons-nous cette crainte de Dieu ?

La crainte disparait de l’Église en général, parce qu’on a remplacé le seul et vrai Dieu en papa gâteau. Dieu est resté le même et quand il demande à son peuple de le craindre, il continue encore de le demander aujourd’hui à ceux qui viennent à lui. Le verbe hébreu est pourtant très explicite, mais il dérange fortement.

Quand il fait mention de crainte de Dieu, 3 verbes sont utilisés :

Yaro = craindre, avoir peur; respecter, révérer.

Rhatot = s’épouvanter, trembler, être consterné

Mora = crainte, terreur, respect, action terrible

Dans les trois cas, il est parlé de peur, nous ne pouvons l’ignorer ! Et pour ceux qui prétendent que c’est l’ancien testament, le nouveau testament emploie le mot Phobos : crainte, frayeur, peur, terreur, respect, redouter. la notion de peur est toujours présente.

Jacob va donc diviser tout ce qu’il possède en deux parties, et cela dans le but de sauver au moins l’un des deux. Esaü n’est pas censé savoir combien ils sont, ainsi s’il attaque un camps, le second sera épargné.

En lisant ce récit, nous pourrions penser que Jacob n’a pas à craindre, puisque Dieu lui a promis d’être avec lui et de le protéger, et pourtant nous-mêmes, combien de fois n’agissons-nous pas comme Jacob, en oubliant les promesses que Dieu nous a faites ! Jacob a nommé le camp où il se trouve « le camp de Dieu » à cause des anges qu’il a rencontré, de plus il sait que Dieu a parlé à Laban pour le protéger « le Dieu de votre père m’a dit hier : garde-toi de parler à Jacob ni en bien, ni en mal ! » Gen 31:29, et par dessus tout cela, il a reçu la promesse que Dieu serait avec lui « Retourne au pays de tes pères et dans ton lieu de naissance, et je serai avec toi » Gen 31:3

Il n’a donc aucune raison d’avoir peur ! Et pourtant, il est terrifié de la même manière que nous le sommes dès qu’une grosse épreuve surgit dans notre vie, alors que nous avons reçu toutes les promesses qui nous assurent que Dieu est là et qu’il ne nous abandonnera pas.


Verset 9 à 12

Alors Jacob se tourne vers YHWH et lui demande du secours. Humainement, il a fait tout ce qu’il a pu : envoyer des messagers vers son frère pour préparer son retour et diviser son camp en deux pour en sauver au moins un, mais maintenant, il sent que sans l’aide de Dieu, il risque de périr lui et les siens.

Il est important d'admettre ses limites et de se tourner vers Dieu avant qu'il ne soit trop tard.

Jacob rappele à Dieu la promesse qu’il lui avait faite.

Il est important de rappeler à Dieu ses promesses nous concernant, non parce qu’il les oublie, mais parce qu'elle fortifie notre foi. Dieu n'est pas un Dieu pour mentir, tout ce qu'il a promis, il le fera tôt ou tard.


Verset 13 à 23

On sent la terreur dans le coeur de Jacob tout en restant, malgré tout, déterminé à continuer sa route. À aucun moment, Jacob n’a pensé repartir en arrière et s’enfuir. Il tente par tous les moyens d’apaiser le coeur de son frère en lui offrant beaucoup de cadeaux, tout en divisant son camp en plusieurs parties. Lui-même reste en arrière avec ses épouses, ses servantes et ses enfants pour protèger ce qu’il a de plus cher.


Verset 24 à 26

Jacob se bat avec Dieu, sans même le savoir au départ. C’est très certainement au cours de sa lutte, que Jacob s’aperçoit qu’il se bat avec lui. Bien plus qu’une lutte physique, c’est une lutte spirituelle, car Jacob ne veut pas laisser Dieu, sans avoir été béni. Il sait qu’il est avec Dieu, et il lutte jusqu’à ce qu’il obtienne sa bénédiction.

Depuis sa conception, Jacob s’est toujours battu. Dans le sein de sa mère, il s’est accroché au talon de son frère, il lui a ensuite acheté son droit d’ainesse et lui a enlevé définitivement sa bénédiction.

À plusieurs reprises, Paul nous parle du combat dans la prière Eph 6:12 Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes.

Jésus lui-même a lutté dans la prière, juste avant son arrestation Lc 22:44 Etant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre.

Même avec sa hanche démise, Jacob continue à se battre. Le Seigneur a dit que le Royaume appartient aux violents, Jacob fait parti de ces violents qui ne lâchent rien, jusqu’à qu’ils aient obtenu ce qu’ils voulaient.

Est-ce notre cas ? Faisons-nous partis de ceux qui demandent et partent aussitôt, sans même avoir reçu la certitude que nous avons été bénis ou sommes-nous de ceux qui luttent jusqu’à recevoir la certitude de l’exaucement ?


Verset 27

Dieu sait tout et pourtant il demande à Jacob de lui donner son nom. De la même manière qu’il a demandé à Adam, après avoir péché contre lui : « Où es-tu Adam ? ». Dieu aime nous poser des questions à priori évidente, mais qui pourtant nous mettent face à nous-mêmes.

En répondant, Jacob avoue ce qu’il est, c’est à dire un trompeur, un usurpateur. Le prophète Osée nous dit que Jacob pleura Os 12:4 Il lutta avec l’ange, et il fut vainqueur, Il pleura, et lui adressa des supplications. Jacob l’avait trouvé à Béthel, Et c’est là que Dieu nous a parlé.

C’est à ce moment précis que Jacob pleura, lorsque Dieu lui demanda son prénom.

Le verbe utilisé est. בָּכֹה (bakoh) qui signifie : pleurer, déplorer. Ce sont des pleurs de regrets et non des pleurs de souffrance ou de lamentation !

En lui posant la question, Dieu voulait amener Jacob à reconnaître la personne qu’il était. C’est ainsi que Jacob vécu une vraie repentance.

(pour plus de détail, voir article "Quel est ton nom ?", dans la rubrique "femme à femme" auteurs "Laetitia Gilman")


Verset 28

C’est ainsi que Dieu donne un tout autre nom à Jacob. De « trompeur », il va devenir « prince de Dieu ». Dans cette lutte qui a duré toute la nuit, Jacob a été vainqueur, il n’a rien lâché. Il pensait se battre avec un homme au départ, puis s’est aperçu que c’était Dieu, mais rien n’a changé, il a persévéré jusqu’au bout, car il voulait la victoire. De cette lutte, Jacob en est sorti transformé.

D’Israël naitront douze tribus, qui porteront le nom de ses fils.

Il est intéressant de préciser que Jacob s'est battu avec Elohim et non avec YHWH. Elohim représente le Dieu tout puissant, le créateur, le Dieu de justice et de rigueur. Il a lutté en quelques sorte avec le Père et non avec le Fils, comme i