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  • JOCELYN SERY

LES CHAUSSURES DU ZÈLE QUE DONNE L'ÉVANGILE DE PAIX


L’armure de Dieu nous est proposée face à un ennemi redoutable. Depuis le commencement, il s’efforce par tous les moyens de voler ses victimes, avant de les égorger et de les détruire. Ses attaques se portent en premier lieu sur l’unité de l’esprit. Paul nous exhorte donc dans Éphésiens 4.1-3 à le conserver par le lien de la paix. Chaque église et chaque foyer chrétiens devraient s’équiper pour résister au diable et garder son harmonie relationnelle, d’où le rôle primordial que joue la partie de l’armure que nous allons examiner.


PRÉDICATION OU PRÉPARATION ?


Les sandales du combattant possèdent un caractère à la fois défensif et offensif et déterminent sa stabilité et sa rapidité à se déplacer. L’évangile de paix, telle une alarme dans sa conscience, le réveillera pour qu’il réagisse promptement et avec zèle, face au trouble. Cependant, la version anglaise de ce verset parle, non du zèle, mais de la préparation de l’évangile de paix. L’original grec semble aussi s’accorder avec cette interprétation. On dit toujours que cette partie de l’armure est un encouragement à manifester son zèle pour aller prêcher la bonne nouvelle à ceux qui ne connaissent pas le Seigneur, pour qu’ils se réconcilient à Lui. Or si l’on s’attache au contexte du livre d’Éphésiens, Paul semble davantage s’exprimer à propos de la préparation, plutôt que de la prédication de l’évangile. Au fait, cette préparation est la première prédication de l’évangile qui consiste, non en paroles, mais en conduite pacifique. Jésus en parle dans le sermon sur la montagne dans Matthieu 5.9 : Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu!

En d’autres mots, « heureux ceux qui ne laissent pas dans la bouche des autres, le goût amer de leurs mauvaises attitudes et réactions, mais qui reviennent vers eux avec la douceur de la repentance et de l’esprit de la réconciliation. Ceux-là procurent la paix et seront reconnus et appelés fils de Dieu. » On ne peut être parfait, mais on peut toujours s’efforcer de réparer nos imperfections n’est-ce pas ?


Ces chaussures contribuent donc à préparer le cœur de ceux qui ne connaissent pas Dieu, auprès desquels nous pourrions laisser les traces de nos anciens souliers de païen, ceux d’un mauvais témoignage. L’apôtre Pierre en parle dans 1Pierre 2.12 : Ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera.


Nous pouvons et devrions semer l’évangile par nos paroles, mais prenons garde à ce que nos vieux sabots maladroits ne foulent ces semences. Les chaussures de la préparation de l’évangile de paix au contraire, rendent nos pieds habiles et sages pour ne pas les détruire. L’évangile continuera alors son chemin jusqu’au fond des coeurs réceptifs et nous pourrons nous réjouir du fruit de notre persévérance et de notre bon combat


SOIGNEZ VOTRE RÉPUTATION

L’évangile, avant de jaillir de notre bouche comme une message de réconciliation, devrait incarner un style de vie qui fait notre réputation. Il devrait nous faire vivre en paix avec tout le monde, autant que cela dépend de nous (Romains 12.18). Le chrétien doit être connu comme doux et pacifique. Cela doit être l’enseigne de sa vie, bien boulonnée sur sa devanture. Hélas, il faut avouer que beaucoup laissent encore exploser leur chair, laissant derrière eux une odeur pestilentielle de mort, sans qu’ils retournent tout nettoyer. En cas de conflit, à tort ou à raison, de mauvaises attitudes ou de paroles blessantes, le chrétien devrait toujours s’empresser avec zèle de revêtir vite ses chaussures de soldat de la paix et courir vers ceux qu’il aurait offensés. L’ennemi ne devrait trouver aucune occasion de durcir le cœur de quelqu’un contre lui. Cela ne tournerait pas à l’avantage de l’oeuvre de Dieu, est-ce cela que nous recherchons ? Toutes les chances doivent être mises du côté de ce jour où Dieu le visitera. Car le Seigneur ne laissera jamais tomber quelqu’un, qui ayant goûté à la saveur de l’Évangile en nous, veut y répondre favorablement. Je citerai l’exemple de ces femmes qui sauvent leurs maris par leur bon témoignage dans 1Pierre 3.1-2 : « Femmes, soyez de même soumises à vos maris, afin que, si quelques-uns n'obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans paroles par la conduite de leurs femmes, en voyant votre manière de vivre chaste et réservée. »


SOIGNEZ VOTRE CONDUITE


La bonne conduite prépare donc efficacement le terrain qui doit recevoir l’évangile. Il peut arriver que l’on échoue quelque part, alors s’excuser, se repentir permet la restauration de la relation. La personne offensée ressentant la sincérité du cœur de son offenseur, le mur de glace se brisera d’un seul coup, le miracle pourra avoir lieu. Dans Romains 12, Paul parle de l’inverse. Cette fois, c’est l’offenseur récalcitrant qui finit par reconnaître ce que transporte sa victime, la réaction de cette dernière produisant un feu qui commencera à brûler le plafond de sa conscience. Car qui peut supporter indéfiniment des charbons ardents sur sa tête, à part ceux qui ont perdu toute sensibilité ? Regardez ce que dit l’apôtre Paul dans Romains 12:19-21 Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère; car il est écrit : A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s'il a soif, donne-lui à boire; car en agissant ainsi, ce sont des charbons ardents que tu amasseras sur sa tête. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien.


La paix se présente comme un des éléments fondamentaux de la construction de l’Église de Dieu. C’est le ciment qui garde les pierres vivantes collées ensemble. Si elle nous a été accordée par le prix de la crucifixion de Jésus-Christ, en vue de rétablir notre intimité avec Dieu, nos liens sociaux ne font pas exception. Nos relations, maris-femmes, parents-enfants, et entre tous seront préservées par notre identification à la mort de Jésus. Ainsi chaque chrétien doit prendre sa croix et par elle, faire régner l’évangile de paix là où il se trouve que ce soit à la maison, à l’église ou dans la société. Il doit apprendre à agir et réagir promptement avec humilité, douceur et patience, afin de sauvegarder la paix.


QUELLES CHAUSSURES PORTAIT JÉSUS À LA CROIX ?


Avant toutes choses, ces chaussures doivent être récupérées sur les pieds percés du Seigneur crucifié. Vous m’objecterez sans doute que Jésus est mort pieds nus. Cependant, seriez-vous prêt à plonger vos regards dans ce que les yeux charnels ne peuvent voir, mais que ceux de la révélation peuvent vous montrer ? Voyez-vous, une fois cloués, les pieds du Seigneur n’allaient plus pouvoir, ni marcher ni courir. À cet instant, le vieil homme perdait toute possibilité de bouger et donc d’engager sa lutte contre la chair et le sang. Si donc vous revêtez ses chaussures c’est-à-dire les clous de sa croix, vos pieds charnels seront immobilisés. Vous aurez, certes, très mal à vos pieds, mais en marchant dans l’Esprit par Sa vie de résurrection en vous, non seulement vous ne tomberez pas dans le piège du diable, mais vous triompherez même dans vos combats.


LES CHAUSSURES DU MIRACLE


Voici donc des chaussures, qui loin d’être magiques, peuvent vous faire vivre des miracles. Elles mettent fin à notre marche charnelle pour instaurer en nous la nouvelle marche selon l’Esprit. Elles porteront autant un coup dur aux stratégies du diable qu’à notre nature charnelle. Depuis l’aube des temps, ces deux vieux complices œuvrent ensemble pour voler, égorger et détruire. Comprenez-vous donc que personne ne peut négliger cet équipement divin sans se risquer à faire éclater des crises relationnelles ingérables. En conclusion, nos batailles quotidiennes sur le plan relationnel ne peuvent se remporter que par la puissance désarmante de la paix. Cependant si la victoire de Jésus à la croix lui coûta d’être blessé au talon, ne croyez pas que vous l’expérimenterez pleinement sans en payer le prix. C’est ainsi que les tensions entre notre prochain et nous éprouveront parfois durement notre chair, tout en faisant le plus grand bien à notre esprit. Chaussons-nous donc comme Dieu nous le demande et Il combattra avec nous pour faire triompher Son évangile en nous et dans les autres.

Jocelyn Sery



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