LES NOUVEAUX EMPEREURS ÉVANGÉLIQUES - 4ème partie


« Car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni rien de secret qui ne doive être connu » (Mat 10 :26)


Rick Warren et ses influences très néfastes sur le monde chrétien :

« Le fondamentalisme, sous toutes ses formes, sera l’un des grands ennemis du 21è siècle, qu’il s’agisse du fondamentalisme musulman, du fondamentalisme chrétien, du fondamentalisme juif ou du fondamentalisme séculier ; ils sont tous animés par la peur de l’autre. »

Ainsi Rick Warren met sur le même plan les chrétiens, les musulmans, les juifs ou les « non-religieux » pour ce qui concerne ce qu’il appelle le « fondamentalisme ».


Mais qu’est-ce au juste que le fondamentalisme ?


Étymologiquement, nous pouvons considérer qu’il s’agit de mettre en total accord le principe ou la notion ou encore le concept de foi avec la véracité d’une doctrine considérée comme infaillible et acceptée comme telle.

Mais sérieusement, même si le fondamentalisme peut-être applicable à toutes les « religions », peut-on, lorsqu’il s’agit du christianisme s’en tenir à cela ?

Le fondamentalisme suppose que l’on applique à la lettre les principes écrits d’une doctrine.

Quand on considère l’islam, ou le judaïsme, oui on peut clairement affirmer que la doctrine est appliquée à la lettre près et que rien ni personne ne peut en dévier sous peine d’hérésie.

Il en va tout autrement concernant le christianisme et c’est là que R.Warren fait fausse route :

Le principe doctrinal du christianisme est avant tout basé sur l’Amour de Dieu pour l’humanité, rendu effectif (et efficace) par le sacrifice vivant de Christ à la Croix, ce qui n’est nullement le cas ni pour l’islam, ni pour le judaïsme, qui ne sont pas basés sur l’Amour de Dieu, mais plutôt sur toute une longue série de règles, de préceptes à mettre rigoureusement en pratique, et, dirais-je, presque sans réfléchir…

« Et pour eux la Parole de l’Éternel sera précepte sur précepte, règle sur règle, règle sur règle, un peu ici, un peu là, afin qu’en marchant ils tombent à la renverse et se brisent, afin qu’ils soient enlacés et pris. » (Es 28 :13)

Il n’y a rien d’étonnant à cette remarque de R.Warren par rapport au fondamentalisme quand on sait qu’il prône à fond l’égalité entre toutes les religions, ce que nous appelons œcuménisme. Donc si une des religions s’affiche et se proclame en tant que fondamentaliste, c’est que toutes les autres le sont aussi…

R.Warren attache une très grande importance à l’église locale et toute son œuvre littéraire est basée sur cela.

Nous n’avons pas besoin de dire qu’en effet l’église locale a sa raison d’être, puisqu’il en est question dans tout le livre des Actes, et que Jésus l’avait évoquée avant même qu’elle n’existât (Matthieu 18). Mais lorsque l’on accorde à l’église locale une importance hyperbolique au point qu’elle prenne le pas sur le fondement de la marche chrétienne, donc de l’Évangile, il y a un sérieux problème.

Beaucoup de pasteurs et de serviteurs de Dieu s’attachent plus à la croissance de « leur » église au détriment du suivi des âmes et de l’évangélisation, et même de l’enseignement qui reste bien souvent dans les limites d’une certaine superficialité, particulièrement dans les temps où nous vivons.


Dans son ouvrage « l’Église, une passion, une vision », R.Warren nous parle de « son » église de Saddelback en Californie, qu’il présente comme « une nouvelle église faite pour répondre à vos besoins. Nous sommes un groupe de gens sympathiques et heureux qui ont découvert la joie de la vie chrétienne. »

Il poursuit ainsi : « A l’église de Saddleback vous pouvez rencontrer des nouveaux amis et faire connaissance avec vos voisins ; écouter de la musique contemporaine rythmée ; entendre des messages positifs et pratiques qui vous encouragent chaque semaine ; confier vos enfants aux soins de membres d’équipes de garderie consacrés. »(Extrait de « l’Église, une passion une vision » p.149)

Beau programme très séduisant certes mais qui ne correspond pas aux véritables objectifs d’une église locale telle que la Bible nous l’enseigne :

« Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres, et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Ac 2 :42)


Il n’est ici pas question de « rencontrer de nouveaux amis »-ou bien l’église serait-elle un club de rencontres ?


1 - Warren insiste un peu plus loin sur cette « recherche d’amitiés » au sein de l’église :

« On n’insistera jamais assez sur l’importance qu’il y a à aider les membres à développer des relations d’amitié au sein de votre église. Les relations sont la colle qui tient l’église soudée. Les relations constituent la clé qui sert à retenir les membres."

Là on est ébahi par de tels propos… non ce n’est pas Christ qui tient l’église soudée, ce n’est pas l’Évangile qui sert à retenir les membres, mais les liens d’amitiés ??? Autant alors rester dans le monde puisque ce sont ces mêmes liens qui sont censés unir tous les hommes. Même des non-chrétiens sont souvent bien plus unis entre eux que beaucoup de chrétiens.

Toujours sur ce sujet, il raconte le résultat d’une enquête qu’un de ses amis aurait faite dans une église. Ayant posé la question suivante : « Pourquoi avez-vous rejoint cette église ? », 93% des membres auraient répondu : « Je l’ai rejointe à cause du pasteur. » Puis il demanda : « Et si le pasteur partait, partiriez-vous vous-même ? ». Et 93% répondirent : « Non ». Puis quand il leur demanda pourquoi ils ne partiraient pas, leur réponse fut : « Parce que j’ai des amis ici ! ». Et R. Warren de conclure : « Notez le changement dans l’allégeance, du pasteur à d’autres membres. Cette attitude est normale et constitue un signe de bonne santé. »


Il n’est pas non plus question d’« écouter de la musique contemporaine rythmée »- ou bien l’église serait-elle une salle de concert ?


2 - Warren estime qu’aucun style de musique particulier n’est sacré.

« Ce qui rend un chant sacré, c’est son message. La musique n’est rien de plus qu’un arrangement de notes et de rythmes. Ce sont les mots qui rendent un chant spirituel. Il n’y a pas de musique chrétienne, seulement des paroles chrétiennes.» (p. 213)

Il indique que dans le monde « il existe un style de musique universel qu’on peut entendre dans chaque pays du monde. On l’appelle le pop/rock contemporain. On joue les mêmes chansons sur les radios de Nairobi, de Tokyo et de Moscou. La plupart des publicités télévisées utilisent le style rock contemporain. Même la musique country l’a adapté. C’est le premier style de musique que nous avons choisi d’utiliser à Saddelback […] D’un autre côté, nous avons attiré des milliers de personnes supplémentaires à cause de notre musique. » (p.216)

Tout est dit…


Ce n’est donc pas l’Évangile et la puissance rédemptrice de Christ qui attire les gens, mais la musique ! Quand on sait de plus combien le rock-soi-disant chrétien ou pas, est toxique, particulièrement par le rythme et les sons discordants qu’il génère, on a vite compris que le monde est entré dans ce type d’église par la grande porte !


Est-ce que Jésus attirait les foules par la musique ou bien par ses messages ?

Il n’est pas question d’ « entendre des messages positifs et pratiques »- ou bien l’église serait-elle un lieu de bien-être où l’on entendrait des choses « agréables à l’oreille » ?


3 - Warren estime que les enseignements de la plupart des pasteurs sont trop compliqués et qu’ils utilisent un jargon théologique qui rend les messages inintéressants. Il faut, selon lui, faire comme Jésus, qui racontait des histoires ou des anecdotes pour mieux faire passer ce qu’il avait à dire. Les histoires servent à « captiver l’attention », à « stimuler les émotions », et « elles restent gravées dans nos mémoires quand on a oublié l’essentiel du sermon ».

Ce qu’il oublie de préciser, c’est que Jésus avait différentes manières de s’exprimer en fonction de la capacité de son auditoire à absorber le message. Pour autant Il ne passait pas son temps à « raconter des histoires et des anecdotes » pour amuser la galerie…

« Quand Jésus eut achevé ces discours, les foules restèrent frappées de son enseignement, car il les enseignait comme quelqu’un qui a de l’autorité et non pas comme leurs scribes. » (Mt 7 :28-29)

« Quand le sabbat fut venu, il se mit à enseigner dans la synagogue. Ses nombreux auditeurs étaient étonnés et disaient : D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée ? Et comment de tels miracles se font-ils par ses mains ? » (Mc 6 :2)


Il n’est pas question dans le message de R. Warren ni de prières, ni de repentance (le message de la Croix est soigneusement évité), mais bien plutôt de séduction pour attirer les foules etéviter par tous les moyens de déplaire aux gens en leur apportant un message qui risquerait les faire se remettre en question pour être sauvés !


En effet, oui, le message de la Rédemption est un message fondamentaliste, car sans lui, aucune vie ne peut être transformée par Christ, et c’est ce que refuse R. Warren, prétextant que l’on manque d’amour en heurtant les fidèles avec des prédications trop axées sur le péché, la mort, le jugement et l’enfer.

Quand à parler de « la joie de la vie chrétienne », il oublie (volontairement) que la vie chrétienne est d’abord une vie de difficultés, de tribulations et de persécutions, même si malgré cela, notre joie est certaine car nous avons cette espérance d’avoir la vie éternelle !

Il va encore plus loin, en faisant signer des engagements avec ceux qui veulent devenir membres de l’église de Saddelback, sous peine d’exclusion. Après la carotte, voici le bâton ! Témoin cet extrait :