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L'EFFET DE LA VÉRITÉ DE L'ÉLECTION SUR LA PRÉDICATION

 

Possédant une connaissance personnelle de sa propre nature, le prédicateur évalue avec précision quelle est la vraie maladie de ses auditeurs. Pourquoi différeraient-ils de lui ? Ne possèdent-ils pas le même cœur ? S’il était mort et hostile à Dieu, ils le sont aussi. Si Dieu dut mettre dans son cœur le désir de venir à lui, il lui faut agir de même avec eux.

 

Un diagnostic précis
 

S’il a fallu un miracle de la grâce pour lui donner la vie nouvelle, une simple causerie au culte dominical ne suffit pas pour faire passer ses auditeurs de la mort à la vie, la beauté d’un cantique ou l’à-propos d’une anecdote non plus : ils ont besoin d’une résurrection.

 

Même une résolution ne suffit pas car ils gisent dans la mort. La puissance du Dieu vivant doit venir s’implanter dans leur cœur. Le prédicateur ne passe pas son temps à parler sur le libre arbitre du pécheur, car il sait bien que la volonté d’un mort ne peut jamais choisir la vie.

 

Quand Jésus se rendit auprès de Lazare, il ne lui conseilla pas d’exercer sa propre volonté pour se ramener à la vie. Il ne lui dit pas : « Lazare, te voilà en bien mauvais état. Je vais t’aider, mais j’ai besoin de toi. Tout d’abord, rappelle-toi ta volonté. Il va falloir t’en servir quand je t’inviterai à avancer, sinon je ne peux vraiment rien. Aide-moi à te faire sortir de cette tombe si tu veux revenir à la vie. Hé bien, fais-moi signe de la tête si tu as compris. Voilà un bien faible signe ! En fait, je ne sais même pas si tu as bougé, mais supposons que tu écoutes. »

 

Attribuer à Jésus un langage pareil est absurde : Lazare était mort depuis quatre jours et Jésus le savait. Son cerveau et son cœur ne fonctionnaient plus, son sang se décomposait. Tous les témoins de la scène pouvaient s’en rendre compte car le corps dégageait une odeur nauséabonde.

 

Un remède divin
 

Alors, l’ordre du roi retentit : « Lazare, sors ! » La voix porta au-delà des confins de Béthanie jusque dans le mystère du séjour des morts. Le nouveau venu, arrivé depuis quatre jours, doit repartir. Mais que devient son corps ? L’esprit vivant ne peut pas se loger dans une carcasse putréfiée.

 

Un choc électrique réveille son cerveau ; le muscle cardiaque se contracte ; le sang coule à nouveau dans les artères assouplies ; les globules reprennent leur mouvement ; les poumons absorbent une grande bouffée d’air et le Créateur déclare : « Cet homme vit, enlevez ces bandelettes, la vie existe dans ce corps. » La vie a vaincu la mort.

 

L’incroyant est mort vis-à-vis de Dieu et des choses spirituelles
 

N’oublions pas que l’incroyant est mort vis-à-vis de Dieu et des choses spirituelles. Il ressemble à un cadavre, étroitement enveloppé dans les bandelettes de ses ambitions et de ses désirs humains : tous ses désirs et ses pensées le rivent à la terre.

 

Seul un diagnostic juste de la maladie de l’homme permet de prescrire le traitement approprié. Notre propre cœur nous renseigne sur la nature de la maladie : il s’agit de la mort et de l’inimitié envers Dieu. Nous pourrions désespérer si nous ne savions pas par expérience qu’il existe un remède. Si nous avons été ressuscités des morts, les autres le peuvent également.

 

Notre prédication doit indiquer le médicament responsable de notre guérison
 

Mais notre prédication doit indiquer le médicament responsable de notre guérison. Si nous avons eu besoin du chirurgien, ne prescrivons pas l’aspirine aux autres. Si une résurrection était indispensable pour nous, nous devons leur en prêcher la nécessité. Par notre prédication, nous devons ordonner aux hommes de vivre.

 

Notre message doit présenter l’Évangile éternel – non la croix clinquante et astiquée chère à l’homme moderne – mais le bois infâme où, seul capable de sauver, Jésus endure l’ignominie et la malédiction. Ce message, qui déçoit l’amateur de miracles et que l’intellectuel qualifie de folie, est encore aujourd’hui la puissance de Dieu pour ceux qui croient (1 Corinthiens 1:22-24).

 

Le pécheur a besoin d’un miracle
 

Le pécheur assis au culte n’a nul besoin de la beauté d’une chorale ou de l’entrain d’un groupe musical, ni d’un sermon plus travaillé ou d’un pasteur plus érudit, ni d’un témoignage-vedette ou d’un entretien psychologique. Mort depuis si longtemps, il sent déjà. Il lui faut l’appel à la vie du Dieu souverain : « Pécheur, sors ! »Il a besoin d’un miracle.

 

Il plaît au Père dans son amour de produire de tels miracles puissants lors de la prédication de la croix à des âmes mortes. Mais il est indispensable de prêcher la croix, et de la prêcher comme à des morts. Nous ne faisons jamais cela comme il se doit si nous ne possédons pas la conviction d’avoir été morts puis ressuscités par la grâce souveraine de Dieu. Nous ne croirons jamais vraiment au miracle de la résurrection spirituelle si nous ne faisons pas preuve d’honnêteté concernant notre passé spirituel. L’expérience personnelle nous assurera de la puissance de Dieu à faire passer l’incroyant de la mort à la vie.

 

Un appel à la vie
 

Alors, nous prions Dieu d’opérer ce miracle et d’envoyer le Consolateur pour agir comme lui seul peut le faire. Notre prédication devient un appel à la vie. Nous ne nous contentons plus de comptabiliser les décisions. Sachant que Dieu seul peut donner la vie, nous attendons d’en voir les signes véritables. Quand nous voyons les âmes ressuscitées affamées et assoiffées de la Parole de Dieu, jour après jour, semaine après semaine, nous avons la certitude que la mort a disparu.

 

Nous trouvons alors les signes d’une vie spirituelle véritable : « marchant, sautant et louant Dieu », et non une âme quasi moribonde, grognant et empêtrée dans ses bandelettes, qui est le seul résultat qui découle des efforts humains. Les signes de la vie véritable se manifestent seulement quand Dieu opère ce miracle. Si nous le croyons à l’œuvre, nous pouvons nous permettre d’attendre la nouvelle naissance complète de ceux qu’il appelle à lui.

 

La prédication devient une activité de résurrection pour l’homme qui croit à l’élection par un Dieu souverain. Il ne s’agit pas pour lui d’une tentative de persuader la volonté humaine à participer à son propre salut, ni d’appeler un cœur hostile à accepter le Dieu qu’il dédaigne. C’est une proclamation de la Parole régénératrice qui traverse le séjour des morts et ordonne aux hommes de vivre au nom du Dieu souverain.

 

Kenneth Johns

 

 

 

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