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  • WILLIAM LUJ

QUE MANQUE T-IL À L'ÉGLISE ACTUELLE ?


L'INTÉGRITÉ


Le monde regorge d'évènements qui confirment que les valeurs humaines et morales tombent plus bas de jour en jour, comme dans un abîme sans fin. Les grands de ce monde aussi donnent des exemples de décadence et aiment à se vautrer dans la boue la plus sale. Hélas, ce qui se passe au dehors se produit aussi dans l'Église. Paul disait déjà : « plusieurs marchent en ennemis de la croix de Christ, je vous en ai souvent parlé, et j'en parle maintenant encore en pleurant. Leur fin sera leur perdition ; ils ont pour dieu leur ventre, ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte, ils ne pensent qu'aux choses de la terre » (Ph 3.18-19). Il exhortait les Philippiens à être « ses imitateurs. » (Ph 3.17). Paul pleurait ! De même, Jésus pleura en contemplant la Jérusalem pharisienne. Les vrais serviteurs pleurent aujourd'hui en voyant l'Église décliner et s'éloigner du modèle divin. Paul avertit Timothée : « dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles, car les hommes seront égoïstes ... ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force » (2 Tm 3.1-7).


Malheureusement, on les trouve de nos jours dans le corps pastoral : « égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, enflés d'orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force ... ». On constate de plus en plus de manquements aux devoirs pastoraux : manque de consécration et d'intégrité, enrichissement personnel, corruption, falsification de la Parole, abandon de la sainteté, impureté, débauche, soif de pouvoir, orgueil, manipulation, etc. Dans certaines églises, la barre d'exigence a été rabaissée et le ministère est devenu soit un métier, soit un titre. Les pasteurs ne sont pas tous convertis ni régénérés. Ne soyons pas étonnés si, malgré des apparences trompeuses, l'Église perd sa puissance, sa vision, et sa mission. La mondanité l'a envahie en général, et le corps pastoral en particulier.



L'INTÉGRITÉ FINANCIÈRE


J'ai reçu l'autre jour, le témoignage qu'une nouvelle mariée avait, comme c'est la coutume, exhibé dans sa cour le volumineux gampeogo, tous les cadeaux qu'elle avait reçus pour son mariage. Quand la femme du pasteur est venue, elle s'est tout simplement servie, et a emporté chez elle plusieurs plats qui avaient été offerts à la mariée. En langage courant, cela s'appelle du vol. La convoitise et la corruption sont la source première de la souillure du serviteur et donc, par son exemple, de l'église. Le piège est celui-ci : Plus on en a, plus on en veut. L'évêque doit être désintéressé (Lc 5.28 ; 1 Tm 3.3), éloigné d'un gain honteux (Tt 1.7). Hélas, la malhonnêteté, la vénalité, la corruption gangrènent aujourd'hui l'Église et son leadership.


Combien de pasteurs pourraient dire aujourd'hui à Simon : « Que ton argent périsse avec toi » (Ac 8.20). Et combien d'entre nous pourraient accepter cette parole de Jésus et lui obéir promptement : « Va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi. » (Mt 19.21) ?


Les nombreux scandales qui ont terni l'image de l'Évangile, quand ils ne sont pas sexuels, ont souvent été liés à l'amour de l'argent. Paul écrit : « Ceux qui veulent s'enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, car l'amour de l'argent est une racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi » (1 Tm 6.9-10). Jean nous interpelle : « Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est point en lui ; car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l'orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde » (1 Jn 1.15-16). Certains pasteurs donnent un spectacle affligeant : richesse, maisons-châteaux, voitures de grand luxe, etc. qui font honte au corps pastoral et à toute l'Église. Est-ce la peur de la pauvreté ou l'amour des richesses ? Jésus dit : « nul ne peut servir deux maîtres à la fois ... Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (Mt 6.24). Le modèle divin n'est plus là. Les mauvais exemples impactent l'Église, les croyants, et souvent même les « vocations », écartant les sincères qui sont vraiment appelés mais que le mauvais exemple repousse, et attirant ceux qui voient dans le ministère une occasion de s'enrichir.



LA CONSÉCRATION


David Argue écrit : « Le modèle que Jésus nous a laissé concernant le ministère est éternel et complet. Son appel aux pasteurs des premiers temps n'avait rien de secret. Il consistait en un ordre : Suivez-moi (Mt 8.22, 9.9), ce qui signifiait en réalité : Venez avec moi vivre ma vie. » La réponse des « appelés » était claire : « Ils laissèrent tout et le suivirent » (Lc 5.11), « laissant tout, Lévi se leva, et le suivit » (Lc 5.28). La période a changé et les modes de ministères contemporains sont différents, mais les critères bibliques n'ont pas changé. Le ministère exige une entière consécration. Pourtant, beaucoup sont engagés dans des activités profanes de subsistance qui les empêchent d'accomplir un ministère à plein temps, ce qui est compréhensible car souvent l'Église ne les soutient pas comme elle le devrait. Il faut avouer que certaines différences sont scandaleuses, avec parfois des inégalités de revenus au facteur multiplicateur de 1 à 50, voire plus, entre le stagiaire et son pasteur principal. Certains sont largement soutenus, alors que d'autres reçoivent un salaire de misère bien que les finances de ces églises soient excédentaires. Et pendant ce temps, ils ne peuvent pas accomplir la noble tâche à laquelle Dieu les a appelés. C'est une honte. La croissance de l'oeuvre est ainsi empêchée par une fixation de serviteurs dans des endroits où leur nombre est largement excédentaire, alors que des localités manquent cruellement d'ouvriers, faute de moyens attribués. Doit-on n'y voir que des obligations d'ordre matériel, la rétention financière égoïste de certains responsables, ou la recherche d'un certain confort ? Jésus dit « allez ! » Après la Pentecôte, les apôtres sont restés à Jérusalem, et c'est la persécution qui les a fait « aller » (Ac 8). Dieu doit-il envoyer la persécution à l'Église ?


William Luj

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