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DE FILLE DU DIVORCE À FILLE DE DIEU





Il y a quelques années, c’est comme ça que je me serais présentée : Léa, 27ans, Fille de…


« Fille de pasteur » puis « fille de divorcés ». Bien longtemps, c’est comme ça qu’on m’a définie et que je me suis définie, avec les séquelles que cette étiquette implique.


J’avais 14 ans lorsque mes parents se sont séparés. Cet évènement a grandement participé à faire la femme que je suis aujourd’hui. Je ne pourrais vous détailler ici tous les processus résultants de cet évènement sur mon histoire mais il y en a deux que j’aimerais vous partager : identité et pardon.


Avant ça, un petit aperçu de mon vécu d’adolescente : en quittant ma mère, mon père nous a quittés nous aussi, mes frères et moi. J’ai surtout fait ce raccourci de penser qu’il n’était plus satisfait de moi ; que je ne valais plus la peine d’efforts. En cette période de vie où se forge l’identité, c’est ce regard sur moi qui s’est ancré dans mon système de pensée.


1. Fille du Très-Haut


C’est au fil de l’étude de la Parole de Dieu que cet édifice identitaire bancal a pu se déconstruire pour que j’en vienne à comprendre et à m’approprier celle que Dieu me donne.


Voilà ce que j’ai compris : mon identité et ma valeur ne se définissent ni dans les évènements qui ont traversé ma vie, ni dans ce que disent les autres de moi, mais seulement dans le regard que Dieu porte sur moi. Elle se définit par le fait que notre Dieu tout-puissant m’a créée à son image. Je suis créée pour être le reflet de sa gloire en tout, et cela juste parce qu’il l’a choisi et non en fonction de mes qualités. Dès le commencement, l’homme est la créature privilégiée du projet de Dieu. Nous avons une place, une identité et une valeur particulière dans ce monde !


Dans l’histoire de l’humanité, Dieu se forme un peuple, une famille dont il est le père. Il nous a choisis non sur des critères méritoires mais par grâce. Et lorsqu’il se révèle à nous, Dieu fait cette chose merveilleuse de nous adopter. Je suis maintenant fille de Dieu. Il est mon père céleste. Et cette identité est scellée. Elle est éternelle.


On dit souvent que l’amour porté à son enfant est indescriptible tellement il est grand. Pour qui sacrifierait-on la vie de la personne qu’on aime le plus ? Soyons francs, personne. Et pourtant c’est ce que Dieu a fait. Il a donné la vie de son fils pour la mienne, petite humaine parmi la multitude, afin que je puisse entrer dans le cercle privilégié de sa famille. Quel amour Dieu a pour nous et quelle valeur nous avons à ses yeux ! Fille du Très-Haut, ma vie est si précieuse à ses yeux, qu’il a sacrifié celui qu’il a de plus cher.


Vous dire que je ne vacille pas serait mensonge, mais avec le temps, grâce à l’œuvre de Dieu en moi, ces faits prennent de plus en plus de poids dans mon cœur. Des souvenirs du passé, des craintes et conceptions erronées resurgissent parfois, mais ils n’ont plus l’emprise qu’ils pouvaient avoir sur moi. Je veux m’attacher à vivre pleinement selon la valeur et l’identité que j’ai en notre père céleste. J’ai de la valeur aux yeux de celui qui est à la source de toute chose.


2. Pardonner comme lui m’a pardonnée


Lorsque mon père est parti, la colère m’a tant envahie que je n’ai pas pu garder contact avec lui durant plusieurs années. Je lui en voulais trop pour la souffrance qu’il nous avait fait endurer.


La honte et la colère ont été tenaces. – tant qu’il serait dans cette situation, tant qu’il ne demanderait pas pardon, cette colère ne pourrait jamais disparaitre – c’est ce que je me disais. Je ne voulais pas en démordre. C’était à lui de faire le premier pas. Pas à moi. C’est lui qui avait créé ces plaies béantes en mon cœur.


Et pourtant, je savais pertinemment que ce n’était pas une compréhension juste du pardon.


Je ne saurais vous dire combien de fois j’ai « pardonné » parce que c’est ce que j’étais appelée à faire, combien de fois j’ai cru pardonner vraiment, tout en gardant de l’amertume. C’est un long chemin que j’ai dû parcourir, un long chemin qui est passé par la compréhension de ma propre désobéissance comme offense envers Dieu, de mon péché comme le heurtant profondément mais aussi de la compréhension de l’amour et de la manière dont Dieu, lui, a réagi devant mon péché. Odieusement outragé, il m’a pardonnée. Il a effacé ma transgression pour me rendre irréprochable devant lui. Il m’a purifiée. Je suis blanche comme neige à ses yeux. Si devant mon péché, sa réaction a été de me pardonner, comment moi pourrais-je garder rancune et colère envers celui qui m’a offensée ? Comment en tant que fille de Dieu, graciée et désirant lui ressembler, pourrais-je continuer d’avoir un cœur contraire au sien ?


C’est en expérimentant sa grâce que j’ai compris qu’il n’y avait pas plusieurs voies devant moi. Je devais pardonner, pardonner pleinement comme lui m’a pardonnée.


Facile à dire.


Je ne peux pas nier la souffrance que j’ai vécue, qui m’a transformée et qui a participé à la construction de la femme que je suis aujourd’hui. Et Dieu lui-même ne nie jamais la souffrance, il la reconnait, il se révèle être un réconfort et il prend soin. Pardonner ne veut pas dire qu’on nie ou qu’on oublie les actes, les évènements, l’offense, la souffrance. Pardonner, c’est un acte unilatéral délibéré, un choix, une décision. Et c’est un acte que j’ai pu faire en paix il y a maintenant quelques années. J’ai été libérée de ce poids, de cette colère qui pesait sur ma poitrine. Je ne suis plus dans l’attente d’une demande de pardon. Je suis en paix. Et ça, c’est réellement l’œuvre de Dieu en moi.


Pardonner ne veut pas dire qu’on nie ou qu’on oublie les actes, les évènements, l’offense, la souffrance. Pardonner, c’est un acte unilatéral délibéré, un choix, une décision.

C’est une décision que j’ai pu faire à ce moment-là, mais que je dois refaire constamment. Pardonner.


Ces plaies béantes sont devenues des cicatrices. Elles sont toujours là, me rappelant non plus la colère et la souffrance vécues, mais la présence de l’Éternel, son soutien constant et surtout sa grâce infinie accomplie envers moi. Il a fait de moi la fille du Très-Haut, aimée, édifiée et fortifiée par lui.

Léa Affeltranger


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