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DIEU EST DIEU. POINT.


Il y a une tentation très ancienne, aussi vieille que le jardin d'Éden. Ce n'est pas seulement la tentation de pécher. C'est la tentation de comprendre. De tout mettre en ordre. De rendre Dieu logique, accessible, explicable. De Le faire tenir dans nos catégories.

Et cette tentation-là ne frappe pas seulement les incroyants. Elle frappe aussi les théologiens, les prédicateurs, les fidèles les plus studieux. Elle frappe quiconque ouvre sa Bible avec la secrète ambition de maîtriser ce qu'il y trouve, plutôt que de se laisser saisir par Celui qui y parle.


La souveraineté absolue de Dieu : ce que l'Écriture montre sans s'en excuser


Actes 9. Saül de Tarse est en route vers Damas. Il ne cherche pas Jésus. Il souffle la menace et le meurtre. Le grec dit empneōn, il respire la violence, elle est son air vital. Il n'est pas en chemin vers la foi. Il est en chemin pour l'écraser.

Et c'est précisément là que Dieu l'arrête. Pas quand Saül s'est calmé. Pas quand il a commencé à douter. Dans sa fureur, dans sa rébellion pleine et entière, une lumière le terrasse. Il tombe. Il n'a rien décidé. Il n'a pas accepté Jésus dans son cœur. Il a été saisi, renversé, appelé et la repentance a suivi comme un fruit, non comme une condition.

Ce n'est pas un cas isolé dans l'Écriture. C'est un fil rouge.

Jacob est aimé avant sa naissance, avant toute œuvre. Joseph est vendu par ses frères, emprisonné, oublié — et Dieu tisse sa gloire à travers chaque trahison humaine. "Vous aviez médité de me faire du mal, Dieu l'a médité pour mon bien." (Genèse 50:20) Les disciples, au bord du lac, entendent deux mots "Suis-moi" et ils laissent tout. Immédiatement. Sans délibération. Parce que l'appel souverain produit l'obéissance qu'il requiert.

Et Jésus lui-même ferme la porte à toute autre lecture : "Vous ne m'avez pas choisi, c'est moi qui vous ai choisis" (Jean 15:16). "Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire" (Jean 6:44).

L'Écriture ne s'excuse pas de ces déclarations. Elle ne les nuance pas. Elle les pose, et elle passe à autre chose, comme si c'était évident.


Ce que nous ne pouvons pas expliquer et pourquoi c'est une grâce


Mais alors, pourquoi l'Écriture appelle-t-elle tous les hommes à la repentance ? Pourquoi les prophètes supplient-ils, pourquoi Paul implore-t-il au nom de Christ ? Si Dieu choisit souverainement, quel sens a la prédication ? Voilà la question qui fait trébucher. Et voilà où la tentation d'expliquer devient dangereuse.

Certains ont résolu la tension en réduisant la souveraineté de Dieu. Si l'homme doit choisir librement, alors Dieu, d'une façon ou d'une autre, attend, observe, dépend de la décision humaine. Sa volonté de sauver tous les hommes serait sincère, mais son accomplissement serait conditionné à la coopération de la créature.

Réfléchissons à ce que cela implique. Si Dieu veut sincèrement que tous soient sauvés et que la grande majorité des hommes, depuis des millénaires, sur tous les continents, meurent sans avoir reçu son pardon, alors nous sommes face à un Dieu dont le projet principal est un échec massif. Un Dieu qui veut et qui ne peut pas. Un Dieu dont la volonté souveraine peut être mise en échec par la volonté de la créature.

C'est insupportable. Non pas parce que c'est inconfortable, mais parce que ce n'est pas le Dieu de la Bible. "Mon conseil subsistera, et j'accomplirai tout ce qui me plaît" (Ésaïe 46:10). Pas "j'espère". Pas "si l'homme coopère". J'accomplirai.

La bonne réponse à la tension n'est donc pas de réduire la souveraineté pour sauver la responsabilité humaine. La bonne réponse est de garder les deux, pleinement, sans les faire converger de force. Oui, Dieu choisit souverainement. Oui, l'homme est responsable de sa rébellion. Oui, la repentance est réelle et nécessaire. Oui, la prédication de l'Évangile est le moyen que Dieu a choisi pour rassembler ses élus.

Ces deux rails ne se rejoignent pas à notre niveau. Mais le train roule. Et c'est Dieu qui conduit.


Dieu est Dieu — et c'est là que commence l'adoration


Alors que faisons-nous de ce mystère ? Nous l'adorons. Nous prêchons l'Évangile à toute créature, parce que Dieu nous en a donné la mission et que nous ne savons pas qui il a choisi. Nous appelons tous les hommes à la repentance avec une sincérité totale, parce que l'appel est réel. Nous prions pour que Dieu nous guide vers ceux qu'il a préparés. Et nous lui faisons confiance pour le reste, pour les milliards d'hommes qui semblent mourir loin de lui, pour l'histoire qui paraît parfois sans gouvernail, pour les mystères que nous ne percevons pas.

Nous ne mettons pas Dieu dans une case. Nous ne réduisons pas sa souveraineté pour la rendre acceptable à notre intelligence. Nous ne sacrifions pas sa grandeur sur l'autel de notre besoin de cohérence.

Parce que si Dieu pouvait tenir entièrement dans nos catégories, ce ne serait plus Dieu.

"Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies incompréhensibles !" (Romains 11:33)

Ce cri de Paul n'est pas une capitulation. C'est un sommet. C'est l'homme arrivé au bout de sa raison et tombant à genoux, non de découragement, mais d'émerveillement.

Dieu est Dieu. Point. Et c'est la meilleure nouvelle qui soit.


L. Gilman

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