EXODE 18 - Le poids qu'aucun serviteur ne doit porter seul
- ILTAIME

- 18 juil.
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Contexte historique
Israël campe au désert, non loin de la montagne de Dieu, après la sortie d'Égypte, la traversée de la mer Rouge et la victoire sur Amalek. Jéthro, sacrificateur de Madian et beau père de Moïse, vient lui ramener Séphora et ses deux fils, et apprend tout ce que l'Éternel a fait pour Israël. Il se réjouit de cette délivrance, offre un holocauste à Dieu, et partage un repas avec Aaron et les anciens du peuple en présence de l'Éternel. Le lendemain, il observe Moïse siéger seul du matin jusqu'au soir pour juger toutes les affaires du peuple. Constatant l'épuisement inévitable de cette charge, il conseille à Moïse d'établir des chefs capables pour partager le jugement, ne réservant pour lui que les causes les plus graves. Ce chapitre précède immédiatement le don de la loi au Sinaï : avant même de recevoir les tables de la loi, Israël reçoit ici les premières structures d'autorité déléguée.
Leçons pour aujourd'hui
1. Dieu se fait connaître même par le témoignage rendu à un étranger
"Je reconnais maintenant que l'Éternel est plus grand que tous les dieux ; car la méchanceté des Égyptiens est retombée sur eux." (Exode 18.11)
Jéthro n'appartient pas au peuple élu ; il est sacrificateur à Madian, sans doute au service d'autres dieux. Pourtant, en entendant le récit de la délivrance d'Israël, il ne peut que confesser la supériorité absolue de l'Éternel. Calvin enseignait que Dieu a gravé dans tout homme un sens de la divinité, un sensus divinitatis, qui rend chacun sans excuse devant sa grandeur.
Le témoignage fidèle de ce que Dieu a fait reste aujourd'hui le premier outil de son œuvre parmi les nations, et cela devrait vous encourager à raconter simplement ce que vous avez vu de sa main.
2. La force humaine, même consacrée, connaît des limites que la grâce n'efface pas
"Tu t'épuiseras toi-même, et tu épuiseras ce peuple qui est avec toi ; car la chose est au-dessus de tes forces, tu ne pourras pas y suffire seul." (Exode 18.18)
Moïse est l'homme que Dieu a choisi, formé et rempli de son Esprit pour conduire Israël ; il reste pourtant une créature finie, capable de s'épuiser et d'épuiser ceux qui dépendent de lui. Spurgeon, qui connut lui même de profonds abattements dans son propre ministère, rappelait que le corps et l'âme du serviteur de Dieu ne sont pas exemptés des lois de la fatigue simplement parce que l'œuvre accomplie est sainte.
Vouloir tout porter seul n'est pas toujours une preuve de zèle, c'est souvent un manque de confiance envers ceux que Dieu a déjà préparés pour partager le fardeau avec vous.
3. Le gouvernement du peuple de Dieu exige des hommes qualifiés, choisis selon des critères précis
"Choisis parmi tout le peuple des hommes capables, craignant Dieu, des hommes intègres, ennemis de la cupidité ; établis-les sur eux comme chefs de mille, chefs de cent, chefs de cinquante et chefs de dix." (Exode 18.21)
Ces quatre qualités, la compétence, la crainte de Dieu, l'intégrité et le détachement de l'argent, annoncent déjà les exigences posées plus tard pour les anciens de l'Église (1 Timothée 3, Tite 1). Le caractère précède la fonction : Dieu ne cherche pas des volontaires quelconques mais des hommes éprouvés devant lui avant d'être placés devant les hommes. Cette exigence rappelle que le gouvernement de l'Église repose sur une pluralité d'anciens qualifiés, et non sur l'autorité d'un seul homme livré à lui même.
4. Recevoir un conseil juste est une marque de sagesse, non de faiblesse
"Moïse écouta la voix de son beau-père, et fit tout ce qu'il avait dit." (Exode 18.24)
Moïse est le médiateur choisi par Dieu, celui à qui l'Éternel parle face à face ; il aurait pu ignorer le conseil d'un homme étranger au peuple élu. Il l'accueille au contraire sans résistance, parce que sa légitimité ne repose pas sur le fait d'être indispensable, mais sur sa fidélité envers Dieu.
L'humilité véritable ne redoute pas la correction venue d'ailleurs, car elle sait que la sagesse ne lui appartient jamais en propre, elle vient d'en haut.
Conclusion
Ce chapitre montre qu'aucun serviteur de Dieu, même le plus fidèle, n'est appelé à porter seul le poids de son œuvre. Dieu pourvoit à ses serviteurs des collaborateurs qualifiés, et la sagesse consiste à les reconnaître et à les accueillir avec humilité. Que le Seigneur, qui a organisé son peuple dès le désert, continue d'équiper son Église aujourd'hui par des hommes fidèles, pour sa seule gloire.
Question(s) pour la réflexion
Dans votre service pour Dieu, portez vous seul un fardeau que le Seigneur a peut être déjà préparé d'autres personnes pour partager avec vous ?
Quand quelqu'un vous adresse une remarque ou un conseil que vous n'aviez pas sollicité, comment réagissez vous réellement : avec résistance, ou avec l'humilité de Moïse ?



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