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EXODE 2 - Dieu agit dans l'ombre avant d'agir au grand jour

Exode 2

Contexte historique

Ce chapitre s'ouvre sur la persécution décrétée par Pharaon contre les enfants hébreux. Une femme de la tribu de Lévi met au monde un fils, le cache trois mois, puis le confie aux eaux du Nil dans une corbeille de jonc. La fille de Pharaon le recueille et l'élève sous le nom de Moïse, au cœur même du palais qui voulait sa mort. Devenu adulte, Moïse tue un Égyptien pour défendre un Hébreu, sa faute est découverte, et il fuit au pays de Madian où il se marie et devient berger pendant quarante années. Le chapitre se referme sur la mort du roi d'Égypte et sur le cri des enfants d'Israël qui monte jusqu'à Dieu, lequel se souvient de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob.


Leçons pour aujourd'hui


1. Dieu veille sur les siens quand tout semble perdu

"Cette femme devint enceinte et enfanta un fils. Elle vit qu'il était beau, et elle le cacha pendant trois mois." (Exode 2:2)

Pharaon avait ordonné la mort de tout garçon hébreu, et pourtant Dieu place l'instrument de la délivrance d'Israël dans le palais même de son ennemi. Rien dans ce récit ne relève du hasard : la corbeille voguant sur le Nil, la présence de la fille de Pharaon à cet instant précis, la sœur de l'enfant postée non loin qui propose justement sa propre mère comme nourrice. La providence de Dieu ne se contente pas de permettre les événements, elle les gouverne jusque dans leurs moindres détails.

Le chrétien ne voit donc jamais l'histoire comme une suite de coïncidences : même l'action d'un tyran sert, sans qu'il le sache, le dessein souverain de Dieu.


2. Le zèle sans la vocation se brise sur lui même

"Qui t'a établi chef et juge sur nous ? Penses tu me tuer, comme tu as tué l'Égyptien ?" (Exode 2:14)

Moïse a raison sur le fond, l'oppression de son peuple est une injustice réelle, mais il agit par sa propre force, hors du temps et de l'appel de Dieu. Étienne le confirmera plus tard devant le sanhédrin : Moïse pensait que ses frères comprendraient que Dieu leur accordait la délivrance par sa main, mais ils ne comprirent point (Actes 7:25). Ce geste isolé ne sauve personne, il condamne Moïse à l'exil. Charles Spurgeon rappelait que le zèle qui devance la volonté de Dieu produit toujours plus de ruines que de fruits.

La grâce ne se force pas par nos initiatives, elle se reçoit dans l'obéissance à l'heure fixée par Dieu seul.


3. Le désert, école de la patience

Berger chez Jéthro, sacrificateur de Madian, Moïse nomme son premier fils Guerschom, disant : j'habite un pays étranger (Exode 2:22). Il ressent lui même sa mise à part. Quarante années passeront avant que Dieu ne l'appelle au buisson ardent. Ce long temps de silence n'est pas du temps perdu : Dieu forme dans l'obscurité ce qu'il révélera au grand jour. Aucune formation spirituelle sérieuse ne se fait sans cette traversée d'un désert où l'on apprend enfin à ne plus compter sur ses propres forces.


4. Un Dieu qui entend, se souvient et voit

"Dieu entendit leurs gémissements, et se souvint de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob. Dieu regarda les enfants d'Israël, et il en eut compassion." (Exode 2:24,25)

Le silence apparent de Dieu pendant des décennies d'esclavage n'était pas de l'indifférence. Sa fidélité ne dépend jamais de nos mérites, elle repose sur son alliance, engagée librement et tenue souverainement. C'est là même le cœur de la théologie réformée : la délivrance d'Israël, comme celle de tout croyant, ne prend pas sa source dans un cri qui mérite une réponse, mais dans un Dieu qui s'était engagé bien avant que ce cri ne s'élève.


Conclusion

Ce chapitre enseigne que la main de Dieu façonne l'histoire longtemps avant que nous n'en voyions les fruits. Que votre confiance repose non sur vos propres calculs ni sur vos propres forces, mais sur le Dieu qui voit, qui entend et qui se souvient fidèlement de ses promesses.


Question(s) pour la réflexion

Dans quelle situation actuelle avez vous l'impression que Dieu tarde à agir, alors qu'il est peut être déjà en train de préparer, dans le secret, la réponse à votre prière ?

Repensez à un moment où votre propre zèle ou votre propre force a devancé l'heure de Dieu : quel fruit cela a t il vraiment produit ?


L. Gilman

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