EXODE 21 - Une justice qui protège même les plus vulnérables

Contexte historique
Après la proclamation des dix commandements au chapitre 20, Dieu donne à Moïse tout un ensemble de lois d'application, traditionnellement appelé le Livre de l'alliance (Exode 20.22 à 23.33). Le chapitre 21 ouvre cette série par les lois concernant les esclaves hébreux, puis traite des coups mortels, des blessures involontaires et des dommages causés par un animal. Ces lois ne sont pas un simple code civil parmi d'autres : elles montrent comment les dix commandements se traduisent concrètement dans la vie sociale d'Israël, en particulier envers les plus faibles, l'esclave, la femme, l'étranger, la victime d'un accident. Le Dieu qui vient de libérer son peuple de l'esclavage égyptien légifère aussitôt pour que ce même peuple ne reproduise jamais, entre ses membres, la dureté qu'il avait lui aussi connue en Égypte.
Leçons pour aujourd'hui
1. La dignité humaine limite ce qu'un homme peut s'approprier sur un autre
"Si tu achètes un esclave hébreu, il servira six années; mais la septième, il sortira libre, sans rien payer." (Exode 21.2)
Dans un monde antique où l'esclavage était la norme absolue, sans limite ni recours, Dieu impose d'emblée une borne : six ans, puis la liberté. Cette loi ne cautionne pas l'esclavage comme un idéal, elle le contraint et l'humanise en attendant que l'évangile en révèle toute l'incompatibilité avec la dignité de l'image de Dieu portée par chaque être humain. Jean Calvin faisait remarquer que Dieu, dans sa loi civile donnée à Israël, tempère toujours la dureté du cœur humain en attendant des temps meilleurs, sans jamais approuver par là ce que le cœur humain invente.
Votre valeur devant Dieu ne dépend d'aucun statut social, d'aucun contrat, d'aucune fonction : elle repose sur le fait que vous êtes créés à son image, et cela seul.
2. Le service librement choisi par amour a une valeur que la contrainte n'a pas
"alors son maître le conduira devant Dieu, et le fera approcher de la porte ou du poteau, et son maître lui percera l'oreille avec un poinçon, et l'esclave sera pour toujours à son service." (Exode 21.6)
Un serviteur pouvait choisir de rester, non par obligation mais par amour pour son maître, sa femme et ses enfants. Ce geste, l'oreille percée devant Dieu, scellait un engagement volontaire et permanent. Il y a là une image saisissante du service chrétien authentique: on ne sert pas Dieu parce qu'on y est contraint par la peur, mais parce qu'on l'aime et qu'on choisit librement, sous sa grâce, de lui appartenir pour toujours.
Demandez vous si votre obéissance à Dieu ressemble davantage à celle d'un esclave qui compte les jours avant sa liberté, ou à celle de ce serviteur qui préfère rester parce qu'il aime son maître.
3. La justice de Dieu encadre la vengeance pour protéger la victime et le coupable
"tu donneras vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure." (Exode 21.23 à 25)
Ce principe, souvent caricaturé comme une loi de vengeance brutale, est en réalité une loi de proportion qui interdit la vengeance disproportionnée et confie le jugement aux juges plutôt qu'à la colère privée des familles. R.C. Sproul soulignait que la justice de Dieu n'est jamais arbitraire : elle reflète son caractère parfaitement saint, et c'est pourquoi la peine doit toujours correspondre exactement à la faute, ni plus ni moins. Cette même exigence de justice exacte, que nul homme ne peut satisfaire pour ses propres fautes envers un Dieu saint, trouve sa réponse à la croix, où Christ a porté lui même la peine que nous méritions.
4. La loi protège le corps du plus faible contre l'abus de pouvoir
" Si un homme frappe l'œil de son esclave, homme ou femme, et qu'il lui fasse perdre l'œil, il le mettra en liberté, pour prix de son œil " (Exode 21.26)
Même dans la relation la plus inégale de la société antique, celle du maître et de l'esclave, Dieu place une limite ferme : l'abus du corps du faible entraîne sa libération immédiate. Cela révèle un principe constant dans toute la loi de Dieu : le pouvoir n'autorise jamais la cruauté, et celui qui a de l'autorité sur un autre en répondra devant Dieu.
Dans vos propres relations, au travail, dans votre famille, envers ceux qui dépendent de vous, cette loi vous rappelle que toute autorité est un dépôt reçu de Dieu, jamais une licence.
Conclusion
Ce chapitre, qui peut sembler austère et lointain, révèle un Dieu qui légifère jusque dans les détails les plus concrets de la vie sociale pour protéger le faible et limiter le fort. Sa loi n'est pas arbitraire : elle est le reflet de son caractère juste et saint, le même caractère qui exigera, en Christ, une justice parfaite satisfaite une fois pour toutes en faveur de tous ceux qui croient. Que votre cœur s'incline devant la sagesse de ce Dieu qui, dès l'Ancienne Alliance, prépare déjà le terrain de la grâce.
Question(s) pour la réflexion
Dans les relations où vous détenez une forme d'autorité, sur un enfant, un employé, un subordonné, comment votre exercice de ce pouvoir refléterait il, ou contredirait il, la justice et la retenue que Dieu impose dans ce chapitre ?




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