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EXODE 23 - Un Dieu qui exige la justice et conduit pas à pas

exode 23

Contexte historique

Israël vient de recevoir les dix commandements au Sinaï. Le chapitre 23 poursuit le livre de l'alliance commencé au chapitre 21 : des lois pratiques qui règlent la vie quotidienne du peuple élu. Après les lois sur la justice envers le prochain et l'étranger viennent celles sur le sabbat, l'année sabbatique et les trois grandes fêtes annuelles. Le chapitre se termine par une promesse extraordinaire : Dieu enverra son ange devant Israël pour le conduire jusqu'à Canaan, à condition que le peuple lui obéisse et rejette toute alliance avec les dieux des nations. Ce chapitre montre ainsi que la loi morale et la promesse de la grâce marchent ensemble. Dieu ne se contente pas de délivrer, il façonne un peuple saint et le conduit lui même vers l'héritage promis.


Leçons pour aujourd'hui


1. Une justice qui ne se vend à personne

"Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal ; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice." (Exode 23:2)

Dieu refuse ici deux tentations opposées : céder à la pression du plus grand nombre, et par réaction, favoriser systématiquement le faible par sentimentalisme (Exode 23:3). La justice biblique n'est ni populiste ni misérabiliste, elle est fondée sur la vérité de Dieu seul. Calvin rappelait que la loi morale demeure la règle permanente de vie du croyant, précisément parce qu'elle reflète le caractère immuable de Dieu et non les fluctuations de l'opinion.

Aujourd'hui encore, l'Église est tentée de calquer ses positions sur l'air du temps ; le chrétien réformé sait que la vérité ne se détermine pas à la majorité.


2. Le repos qui proclame que Dieu seul pourvoit

"Pendant six jours, tu feras ton ouvrage. Mais le septième jour, tu te reposeras, afin que ton boeuf et ton âne aient du repos, afin que le fils de ton esclave et l'étranger aient du relâche." (Exode 23:12)

Le sabbat n'est pas un luxe, c'est une confession de foi hebdomadaire : Israël proclame par son repos que sa subsistance ne dépend pas de son propre labeur mais de la bénédiction souveraine de Dieu. Matthew Henry notait que ce commandement protège même les plus vulnérables du foyer, l'esclave et l'étranger, preuve que le repos que Dieu institue est un acte de miséricorde autant que d'adoration.

Se reposer en Christ, cesser de vouloir se justifier par ses œuvres, voilà l'accomplissement ultime de ce sabbat.


3. Un guide envoyé qu'il ne faut jamais mépriser

"Voici, j'envoie un ange devant toi, pour te protéger en chemin, et pour te faire arriver au lieu que j'ai préparé." (Exode 23:20)

Cet ange porte le nom même de Dieu (Exode 23:21), une autorité qui n'appartient qu'à Lui seul. Beaucoup de commentateurs réformés y voient une manifestation du Fils avant son incarnation. Ce qui frappe, c'est la condition posée juste après : Israël doit se tenir sur ses gardes et écouter sa voix, sans lui résister. Dieu ne traîne pas son peuple malgré lui vers la promesse, il exige une écoute confiante et une obéissance de tous les instants.

Notre marche chrétienne n'est jamais autonome, elle se fait sous une conduite qu'il faut apprendre à reconnaître et à suivre.


4. Une conquête donnée peu à peu, jamais d'un coup

"Je les chasserai peu à peu loin de ta face, jusqu'à ce que tu augmentes en nombre et que tu puisses prendre possession du pays." (Exode 23:30)

Dieu aurait pu chasser les nations en un instant. Il choisit la lenteur, par sagesse, pour que le pays ne devienne pas un désert livré aux bêtes sauvages (Exode 23:29). Cette patience divine dans la conquête de Canaan illustre la sanctification du croyant : Dieu ne déracine pas d'un coup tous les péchés d'une vie, il les combat progressivement, à la mesure de notre capacité à tenir le terrain reconquis.

Se décourager de la lenteur de sa propre croissance spirituelle, c'est oublier que cette lenteur est elle même un acte de sagesse et de miséricorde de la part de Dieu.


Conclusion

Ce chapitre relie ce qui semble parfois séparé dans nos esprits : l'exigence morale la plus stricte et la promesse d'une grâce qui conduit pas à pas. Le Dieu qui demande une justice sans compromis est le même qui envoie son ange pour ne jamais abandonner son peuple en chemin. Que votre obéissance et votre espérance reposent sur ce même Dieu, souverain et fidèle.


Question(s) pour la réflexion

Dans quel domaine de votre vie êtes vous tenté de plier la vérité de Dieu, soit à la pression du plus grand nombre, soit à vos propres sympathies ?

Y a t il un péché ou une faiblesse dont vous voudriez que Dieu vous délivre d'un coup, alors qu'il choisit peut être de vous en délivrer peu à peu ?

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