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EXODE 26 - Le voile qui sépare et la grâce qui ouvre le chemin

26 juil.
3 min de lecture
exode 26

Contexte historique

Après avoir reçu l'ordre de construire l'arche, la table et le chandelier, Moïse reçoit maintenant les instructions pour la structure même du tabernacle. Ce chapitre décrit les tentures de fin lin brodées de chérubins, les couvertures de poils de chèvre et de peaux, les planches d'acacia recouvertes d'or et posées sur des bases d'argent, ainsi que le voile qui sépare le lieu saint du lieu très saint. Chaque mesure, chaque matière, chaque agencement est prescrit par Dieu lui même, sans qu'Israël n'ait la moindre latitude créative. Ce n'est pas une œuvre d'architecture humaine mais la reproduction fidèle d'un modèle céleste montré à Moïse sur la montagne. Le tabernacle deviendra le lieu où Dieu habite au milieu de son peuple, tout en demeurant infiniment saint et séparé de lui.


Leçons pour aujourd'hui


1. Dieu prescrit, l'homme obéit

"Tu dresseras le tabernacle d'après le modèle qui t'est montré sur la montagne." (Exode 26.30)

Rien dans ce chapitre n'est laissé à l'imagination de Moïse ou d'un artisan inspiré. Les dimensions, les matériaux, l'ordre d'assemblage, tout vient de Dieu. Cette précision enseigne un principe que la Réforme a redécouvert avec force : le culte que Dieu agrée n'est pas celui que l'homme invente selon ses goûts, mais celui que Dieu lui même a défini par sa Parole. Calvin insistait sur ce point en rappelant que Dieu n'accepte que l'obéissance, jamais l'invention religieuse, même bien intentionnée.

Adorer Dieu selon nos préférences plutôt que selon sa révélation, c'est déjà s'écarter du modèle montré sur la montagne.


2. Un Dieu saint qui exige la séparation

"Tu mettras le voile au dessous des agrafes, et c'est là, en dedans du voile, que tu feras entrer l'arche du témoignage; le voile vous servira de séparation entre le lieu saint et le lieu très saint." (Exode 26.33)

Le voile n'est pas un simple rideau décoratif. Il proclame, par sa seule existence, que l'homme pécheur ne peut approcher Dieu à sa guise. La sainteté divine exige une frontière que personne, pas même le sacrificateur ordinaire, ne pouvait franchir librement. Thomas Watson écrivait que la sainteté de Dieu est ce qui le rend redoutable autant qu'admirable, car elle expose l'impureté de tout ce qui n'est pas lui.

Ce voile rappelle à chaque génération que l'accès à Dieu n'est jamais un droit acquis, mais un privilège accordé selon ses conditions.


3. Une fondation d'argent sous chaque planche

Les planches d'acacia recouvertes d'or reposaient chacune sur deux bases d'argent (Exode 26.19,21,25). Cet argent provenait, selon l'institution donnée plus tard en Exode 30, du prix de rachat versé pour chaque Israélite recensé. Ainsi, littéralement, le tabernacle tout entier reposait sur un fondement de rédemption. Aucune planche ne tenait debout sans cette base payée.

C'est une image saisissante : toute présence de Dieu au milieu de son peuple, toute stabilité dans la communion avec lui, repose sur un prix versé, non sur le mérite de celui qui s'approche. La grâce souveraine précède toujours la présence de Dieu parmi les siens.


4. Le voile déchiré, la grâce qui ouvre le chemin

"Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu'il a inaugurée pour nous au travers du voile, c'est à dire, de sa chair" (Hébreux 10.19,20)

Ce que le voile d'Exode 26 fermait, la mort de Christ l'a ouvert. Le voile du temple s'est déchiré au moment où son corps était livré, signifiant que la séparation instaurée par la sainteté de Dieu trouvait enfin sa réponse dans le sacrifice parfait. John Piper a souvent rappelé que cet accès nouveau n'annule en rien la sainteté de Dieu, il en révèle plutôt le prix exact : c'est le corps même du Fils qui a remplacé le rideau de lin. Ce que nul artisan ne pouvait accomplir avec de l'or et de l'argent, Christ l'a accompli une fois pour toutes.


Conclusion

Le tabernacle d'Exode 26 annonce, dans le tissu et le bois, ce que l'Évangile accomplira dans la chair et le sang : un Dieu saint qui ne transige pas avec le péché, et une grâce qui pourvoit elle même au chemin de l'accès. Que votre cœur trouve son repos non dans une proximité présumée avec Dieu, mais dans le sacrifice qui seul l'a rendue possible.


Question(s) pour la réflexion

Sur quelles bases pensez vous pouvoir vous approcher de Dieu, les vôtres ou celles qu'il a lui même établies dans le sacrifice de Christ ?

De quelle manière votre culte, personnel ou collectif, reflète t il un modèle reçu de la Parole plutôt qu'une préférence personnelle ?

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