EXODE 28 - Porté sur le coeur du souverain sacrificateur
- ILTAIME

- 28 juil.
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Contexte historique
Le peuple d'Israël campe au pied du Sinaï. Dieu vient de donner la loi (Exode 20 à 23) et de dévoiler les plans du tabernacle, le lieu où il habitera au milieu des siens (Exode 25 à 27). Il faut à présent un homme pour officier dans ce lieu saint. Dieu prescrit alors à Moïse les vêtements sacrés d'Aaron et de ses fils : l'éphod, le pectoral du jugement orné de douze pierres précieuses gravées des noms des tribus, la robe bleue bordée de clochettes et de grenades, et le turban portant une lame d'or gravée. Rien n'est laissé au hasard ni à l'imagination humaine, car s'approcher de Dieu exige d'obéir à ce que Dieu a défini, non à ce que l'homme juge bon. Ce chapitre, sous des allures de règlement vestimentaire, dessine en réalité la figure du seul médiateur véritable entre Dieu et les hommes.
Leçons pour aujourd'hui
1. Porté sur le cœur, jamais oublié
"Lorsque Aaron entrera dans le sanctuaire, il portera sur son cœur les noms des fils d'Israël, gravés sur le pectoral du jugement, pour en conserver à toujours le souvenir devant l'Éternel." (Exode 28:29)
Chaque nom d'Israël est gravé sur une pierre précieuse, cousu sur le pectoral, posé directement sur le cœur du souverain sacrificateur. Ce n'est pas un symbole vague, c'est une désignation nominative, individuelle, permanente. Le peuple ne s'approche pas de Dieu en masse anonyme ; chacun est connu, nommé, porté. La théologie voit ici une préfiguration bouleversante de l'œuvre du Christ, notre grand souverain sacrificateur, qui intercède sans cesse pour les siens (Hébreux 7:25). Comme le rappelait Spurgeon, le croyant n'est jamais oublié de son Seigneur, car son nom est gravé, non sur une pierre froide, mais dans le cœur vivant de celui qui l'a racheté.
2. La sainteté gravée sur le front
"Tu feras une lame d'or pur, et tu y graveras, comme on grave un cachet : Sainteté à l'Éternel." (Exode 28:36)
Sur le turban du souverain sacrificateur brille une lame d'or portant une seule inscription : Sainteté à l'Éternel. Avant de porter le peuple, avant d'intercéder, avant d'offrir un sacrifice, il doit porter cette vérité devant lui à chaque instant. Dieu n'est pas approché à la légère, selon les préférences ou l'humeur du moment ; il est saint, et quiconque s'avance vers lui doit être couvert d'une sainteté qui n'est pas la sienne propre. Calvin rappelait que toute vraie connaissance de Dieu commence par la conscience de sa sainteté, laquelle révèle du même mouvement notre propre misère.
C'est pourquoi le chrétien ne cherche jamais à rendre le culte plus confortable pour l'homme ; il cherche à le rendre conforme à ce que Dieu a prescrit.
3. Il porte nos fautes pour que nous soyons reçus
"Elle sera sur le front d'Aaron ; et Aaron sera chargé des iniquités commises par les enfants d'Israël en faisant toutes leurs saintes offrandes ; elle sera constamment sur son front devant l'Éternel, pour qu'il leur soit favorable." (Exode 28:38)
Même les offrandes saintes du peuple portent une trace de souillure, tant le péché s'attache à tout ce que l'homme touche. Aaron doit porter cette iniquité pour que le don du peuple soit accepté. Cette fonction annonce déjà, en creux, celle du Christ qui a porté nos péchés en son corps sur le bois (1 Pierre 2:24) et qui seul rend nos offrandes, nos prières et notre culte agréables au Père. Personne ne peut s'approcher de Dieu par ses propres mérites, pas même à travers ses meilleures œuvres ; il faut un porteur d'iniquité, un substitut. C'est le cœur même de l'Évangile réformé : la justification ne repose pas sur ce que nous apportons, mais sur ce que le sacrificateur porte à notre place.
4. La dignité du service rendu à Dieu
"Tu feras à Aaron, ton frère, des vêtements sacrés, pour marquer sa dignité et pour lui servir de parure." (Exode 28:2)
Dieu ne demande pas des haillons pour son service, mais des vêtements taillés avec soin, dans des matériaux précieux, par des artisans remplis d'un esprit de sagesse (Exode 28:3). Cela enseigne que le culte rendu à Dieu mérite le meilleur de nos soins, de notre préparation et de notre attention, non par vanité, mais par respect pour celui à qui il s'adresse. Le service de Dieu n'est ni négligé ni improvisé ; il est pensé, ordonné, digne. Cette exigence demeure pour l'Église aujourd'hui, non dans l'ornementation extérieure, mais dans la rigueur et le sérieux avec lesquels chaque chrétien s'approche du culte public et de la prière.
Conclusion
Aaron n'était qu'une ombre. Ce que ce chapitre décrit avec tant de précision, un homme pécheur portant les noms, la sainteté et les fautes du peuple, trouve son accomplissement parfait dans le seul et vrai souverain sacrificateur, Jésus Christ. C'est en lui seul, et non par nos propres vêtements ni nos propres mérites, que nous sommes reçus devant le Père.
Question(s) pour la réflexion
Savez vous que votre nom est porté devant Dieu par Christ à cet instant même ?Est ce que cette vérité change réellement la manière dont vous vous approchez de lui dans la prière ?
Est ce que votre culte envers Dieu porte la marque du sérieux et de la sainteté que ce chapitre demande, ou s'est il relâché avec le temps ?



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