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EXODE 4 - L'appel de Dieu ne tolère aucune obéissance partielle

exode 4

Contexte historique

Nous sommes toujours au pied du buisson ardent, dans le désert de Madian, où l'Éternel vient d'appeler Moïse pour délivrer Israël de l'esclavage égyptien. Mais Moïse résiste encore. Il redoute l'incrédulité du peuple, puis invoque sa propre incapacité à parler. Dieu lui donne trois signes pour authentifier sa mission, le bâton changé en serpent, la main frappée de lèpre puis guérie, et l'eau du Nil changée en sang. Après un dernier refus de Moïse, la colère de l'Éternel s'enflamme, et Dieu lui accorde Aaron comme porte-parole. Sur le chemin du retour vers l'Égypte survient un épisode redoutable, l'Éternel cherche à faire mourir Moïse, jusqu'à ce que Séphora circoncise leur fils. Le chapitre se referme sur la rencontre d'Aaron et de Moïse avec les anciens d'Israël, et sur la foi du peuple qui se prosterne devant l'Éternel.


Leçons pour aujourd'hui


1. Vos excuses n'annulent pas l'appel de Dieu

"Moïse dit à l'Éternel : Ah ! Seigneur, je ne suis pas un homme qui ait la parole facile, et ce n'est ni d'hier ni d'avant-hier, ni même depuis que tu parles à ton serviteur ; car j'ai la bouche et la langue embarrassées." (Exode 4.10)

Moïse énumère ses faiblesses comme s'il informait Dieu d'un détail qu'il aurait négligé. Vous connaissez cette tentation, mesurer l'appel à vos propres capacités plutôt qu'à la puissance de Celui qui appelle. La réponse divine tranche net toute excuse. "Va donc, je serai avec ta bouche, et je t'enseignerai ce que tu auras à dire." (Exode 4.12) Calvin notait déjà que Dieu ne choisit pas des instruments par leur excellence naturelle, mais qu'il rend capable celui qu'il choisit.

Votre insuffisance n'est jamais un argument recevable devant la souveraineté de Celui qui a formé votre bouche.


2. La grâce pourvoit, mais elle ne dispense pas d'obéir

"Alors la colère de l'Éternel s'enflamma contre Moïse, et il dit : N'y a t-il pas ton frère Aaron, le Lévite ? Je sais qu'il parlera facilement." (Exode 4.14)

Dieu accorde à Moïse un secours, Aaron, mais ce secours vient après un cinquième refus et une véritable colère divine. Il faut se garder de lire ce texte comme une validation de la réticence de Moïse. La patience de Dieu envers ses serviteurs n'est jamais une autorisation à la désobéissance prolongée.

Le Seigneur pourvoit dans sa miséricorde, mais il ne renonce jamais à exiger l'obéissance qu'il est en droit d'attendre de ceux qu'il a rachetés.


3. Dieu ne badine pas avec la sainteté de son alliance

"Séphora prit une pierre aiguë, coupa le prépuce de son fils, et le jeta aux pieds de Moïse, en disant : Tu es pour moi un époux de sang !" (Exode 4.25)

Cet épisode dérange, et il doit déranger. Moïse, l'homme que Dieu vient d'envoyer sauver un peuple, avait négligé pour son propre fils le signe de l'alliance. L'Éternel, qui exige l'obéissance des nations, commence par l'exiger de son serviteur le plus proche. R.C. Sproul rappelait que la sainteté de Dieu n'est pas une qualité parmi d'autres, elle est ce par quoi toutes les autres se définissent, et elle ne transige avec personne, pas même avec ceux qu'il a choisis pour sa gloire.

Aucune position, aucun appel, aucune proximité avec Dieu ne dispense de la soumission à sa Parole.


4. La foi du peuple répond à la fidélité de la Parole annoncée

"Et le peuple crut. Ils apprirent que l'Éternel avait visité les enfants d'Israël, qu'il avait vu leur souffrance ; et ils s'inclinèrent et se prosternèrent." (Exode 4.31)

Ce n'est pas un discours brillant qui produit la foi d'Israël, c'est la Parole de l'Éternel annoncée fidèlement par Aaron et Moïse, accompagnée des signes qu'il avait donnés. La foi naît toujours ainsi, par l'écoute de ce que Dieu a dit et fait, jamais par l'éloquence humaine que Moïse redoutait tant de ne pas posséder. Le peuple ne se prosterne pas devant deux hommes, mais devant le Dieu qui a vu sa souffrance et qui tient parole.


Conclusion

Le Dieu d'Exode 4 est celui qui appelle les faibles, pourvoit à leurs manques, et exige néanmoins une obéissance sans réserve, même de ceux qu'il vient d'envoyer. Que cela vous humilie et vous affermisse tout à la fois, car celui qui vous appelle est le même qui accomplira ce qu'il a promis.


Question(s) pour la réflexion

Quelle excuse présentez-vous le plus souvent à Dieu pour retarder ou refuser ce qu'il vous demande ?

Y a-t-il, dans votre vie, un domaine d'obéissance que vous remettez à plus tard alors que Dieu vous en a déjà montré l'exigence ?


L. Gilman

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