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EXODE 5 - Quand obéir à Dieu complique tout d'abord

Exode 5

Contexte historique

Moïse et Aaron viennent d'être envoyés par Dieu vers le peuple d'Israël et devant Pharaon. Ce chapitre relate leur première confrontation directe avec le roi d'Égypte. Ils lui demandent, au nom de l'Éternel, de laisser le peuple partir pour célébrer une fête dans le désert. Pharaon refuse avec mépris, niant connaître l'Éternel, et réagit en durcissant le joug imposé aux Hébreux : il leur retire la paille nécessaire à la fabrication des briques tout en exigeant la même quantité de production. Les commissaires israélites, battus et humiliés, se tournent alors contre Moïse et Aaron, les accusant d'avoir aggravé leur sort. Ce chapitre ouvre ainsi le long combat entre la souveraineté de Dieu et l'endurcissement de Pharaon, et montre que la première réponse à l'obéissance n'est pas toujours le soulagement, mais parfois l'épreuve.


Leçons pour aujourd'hui


1. Le mépris du monde envers la souveraineté de Dieu

"Qui est l'Éternel, pour que j'obéisse à sa voix, en laissant aller Israël ? Je ne connais point l'Éternel, et je ne laisserai point aller Israël." (Exode 5.2)

La question de Pharaon n'est pas une interrogation sincère, c'est un défi lancé au Dieu vivant. Elle révèle ce que l'apôtre Paul décrira plus tard : la pensée charnelle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et elle ne le peut même pas (Romains 8.7). Calvin rappelait que le cœur humain est une fabrique perpétuelle d'idoles, incapable par lui même de reconnaître le vrai Dieu sans l'œuvre souveraine de sa grâce. Le refus de Pharaon n'est donc pas une exception, il est l'état naturel de tout cœur non régénéré.

Reconnaître l'Éternel comme Seigneur n'est jamais une évidence pour la raison humaine seule, c'est un don que Dieu accorde à qui il veut.


2. L'obéissance précède parfois l'épreuve, non le soulagement

"Vous ne donnerez plus comme auparavant de la paille au peuple pour faire des briques ; qu'ils aillent eux mêmes se ramasser de la paille. Vous leur imposerez néanmoins la quantité de briques qu'ils faisaient auparavant, vous n'en retrancherez rien." (Exode 5.7 et 8)

À peine Moïse a t il obéi à l'appel de Dieu que la situation du peuple empire au lieu de s'améliorer. C'est un principe constant dans l'Écriture : la fidélité à Dieu ne supprime pas immédiatement la difficulté, elle la révèle parfois davantage. Spurgeon disait que Dieu conduit souvent ses enfants par des chemins où la foi seule peut marcher, car la vue naturelle n'y trouverait aucune raison d'espérer.

Le croyant ne juge donc pas la fidélité de Dieu à la facilité immédiate des circonstances, mais à la certitude ferme de son dessein souverain qui se déploie selon son propre calendrier.


3. Le danger de juger Dieu à partir des circonstances présentes

"Moïse retourna vers l'Éternel, et dit : Seigneur, pourquoi as tu fait du mal à ce peuple ? Pourquoi m'as tu envoyé ?" (Exode 5.22)

Même Moïse, l'homme choisi et envoyé par Dieu lui même, vacille devant l'aggravation soudaine de la situation. Sa plainte n'est pourtant pas condamnée par le texte : elle est portée devant Dieu, ce qui fait toute la différence entre le doute exprimé dans la prière et la révolte du cœur. R.C. Sproul rappelait que la souveraineté de Dieu ne se mesure jamais à notre compréhension du moment présent, mais se reçoit par la foi dans son caractère immuable révélé dans toute l'Écriture.

Le sentiment d'abandon n'efface pas la fidélité de Dieu ; il oblige simplement le chrétueb à s'appuyer sur ce qu'il sait de lui plutôt que sur ce qu'il voit.


Conclusion

Ce chapitre enseigne qu'entre la promesse de Dieu et son accomplissement, il y a souvent un temps d'épreuve que la foi seule traverse. Dieu n'était ni absent ni vaincu pendant que Pharaon durcissait le joug ; il préparait, par cette dureté même, la démonstration éclatante de sa puissance dans les chapitres suivants. Que votre cœur trouve, dans cette attente parfois obscure, une raison de plus de s'attacher à la souveraineté et à la fidélité de l'Éternel.


Question(s) pour la réflexion

Quand votre obéissance à Dieu semble, dans l'immédiat, aggraver votre situation plutôt que l'améliorer, où portez vous votre plainte : devant Dieu dans la prière, ou contre les personnes qui vous entourent ?

Sur quoi appuyez vous votre confiance en Dieu lorsque les circonstances présentes contredisent ce que vous croyez de son caractère ?


L. Gilman

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