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FAUT-IL ATTENDRE UNE 2ÈME EXPÉRIENCE DU SAINT-ESPRIT ?

Saint-Esprit

Une réponse biblique à un enseignement qui blesse des milliers de croyants


Il y a des enseignements qui, sous des dehors spirituels, placent sur les épaules des fidèles un fardeau que l'Écriture ne leur a jamais imposé. L'un d'eux circule largement dans les milieux pentecôtistes et charismatiques : l'idée qu'il existerait deux étapes distinctes dans la vie du croyant — d'abord la conversion, où l'on reçoit le Saint-Esprit, puis le baptême du Saint-Esprit, une « deuxième expérience » ultérieure, souvent associée au parler en langues. Des milliers de croyants sincères attendent cette expérience. Ils prient, ils demandent, ils s'interrogent. Et quand elle ne vient pas, la culpabilité s'installe : Suis-je vraiment sauvé ? Dieu m'a-t-il oublié ? Suis-je un chrétien de second rang ?

Ce joug est lourd. Et il ne vient pas de l'Écriture.


Le fondement de cet enseignement : Jean 20:22

Pour justifier cette doctrine des deux étapes, on s'appuie généralement sur Jean 20:22. Jésus ressuscité souffle sur ses disciples et leur dit : « Recevez le Saint-Esprit. » Ce serait, dit-on, le moment où les disciples reçoivent le Saint-Esprit pour la première fois — la conversion. Puis viendrait la Pentecôte, cinquante jours plus tard, comme une expérience distincte et supérieure — le baptême.

L'intention paraît pieuse. La construction semble logique. Mais elle s'effondre dès qu'on laisse l'Écriture parler.


Premier problème : Actes 1 contredit cette lecture

Si les disciples avaient déjà reçu le Saint-Esprit en Jean 20:22, comment expliquer que Jésus leur dise, après la résurrection :

« Jean a baptisé d'eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit » (Actes 1:5) ?

Et quelques versets plus loin : « Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous » (Actes 1:8).

Ces paroles sont prononcées après Jean 20:22. Si le Saint-Esprit avait déjà été donné, ces promesses n'auraient aucun sens. On ne promet pas ce qui est déjà accompli. Le Saint-Esprit est ici présenté comme un événement encore à venir — pas comme une deuxième étape au-dessus de la première, mais comme un don qui n'a pas encore été reçu du tout.


Deuxième problème : Thomas n'était pas là

Jean prend soin de préciser au verset 24 : « Thomas… n'était pas avec eux lorsque Jésus vint. »

Voilà un détail que les partisans de la doctrine des deux étapes ne peuvent pas résoudre facilement. Si Jésus donnait réellement le Saint-Esprit ce soir-là, il le donnait à dix disciples — et Thomas en était exclu. Or aucun texte ne mentionne une réception séparée pour lui par la suite.

En revanche, Actes 2:1 commence ainsi : « ils étaient tous ensemble dans le même lieu. » Tous. Thomas inclus. Sans exception. C'est là, dans cette assemblée complète, que l'Esprit est répandu sur chacun — sans oublier personne.


Troisième problème : Jean lui-même pose les conditions

Jean 7:39 est sans ambiguïté : « l'Esprit n'était pas encore, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. » La glorification de Jésus dans la théologie johannique n'est pas seulement la résurrection — c'est le mouvement complet de son retour au Père, incluant l'ascension.

Jean 16:7 le confirme : « Si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra pas vers vous. » Le départ de Jésus est la condition indispensable à la venue de l'Esprit.

Or — et c'est décisif — dans le même chapitre 20 de Jean, au verset 17, Jésus dit à Marie avant la scène du verset 22 : « Je ne suis pas encore monté vers mon Père. » La condition n'est pas encore remplie. Jean 20:22 ne peut donc pas être le moment où l'Esprit est effectivement donné, sans contredire Jean lui-même.


Cinq arguments qui convergent

Lorsqu'on rassemble ces éléments, la cohérence est frappante :

Premièrement, Jean 7:39 établit que l'Esprit attend la glorification complète du Christ — résurrection et ascension.

Deuxièmement, Jean 16:7 précise que la venue de l'Esprit est conditionnée au départ de Jésus vers le Père.

Troisièmement, Jean 20:17 atteste que ce départ n'a pas encore eu lieu au moment de Jean 20:22.

Quatrièmement, Actes 1:5 et 1:8 présentent la réception du Saint-Esprit comme un événement encore futur, après la résurrection.

Cinquièmement, l'absence de Thomas en Jean 20 rend impossible un don accordé à chacun ce soir-là, sans laisser un disciple pour compte.


Alors que signifie le geste de Jean 20:22 ?

Ce geste n'est pas vide. Il serait inexact de le réduire à un simple geste symbolique sans réalité. Jésus ressuscité, dans l'autorité et la solennité de sa victoire sur la mort, accomplit ici un acte prophétique : il annonce, confirme et garantit ce qui est sur le point de s'accomplir. Un peu comme il disait à ses disciples « Je vous donne ma paix » (Jean 14:27) avant même que la croix soit consommée — la parole était réelle, la promesse était réelle, l'acte était réel, mais la pleine réalisation attendait son heure.

Le souffle de Jean 20:22 évoque la création (Genèse 2:7) et anticipe la nouvelle création. C'est une promesse solennelle, incarnée dans un geste. Mais la réception effective, collective, sans exception, attendait la Pentecôte — quand toutes les conditions seraient enfin réunies : le Fils monté, le Père honoré, l'Esprit envoyé.


Le baptême du Saint-Esprit : non pas une deuxième étape, mais la régénération

C'est ici que la vérité biblique libère.

Le baptême du Saint-Esprit dont parle l'Écriture n'est pas une expérience réservée à une élite spirituelle. Il n'est pas une étape supérieure que certains atteindraient après la conversion. Il est la régénération elle-même — cette œuvre souveraine et irrésistible par laquelle Dieu fait naître de nouveau celui qu'il a choisi, lui donnant la vie, la foi et la repentance. Paul l'affirme clairement en 1 Corinthiens 12:13 : « Nous avons tous été baptisés d'un seul Esprit en un seul corps. » Tous. Pas certains. Pas les plus avancés. Tous ceux qui sont en Christ.

Tout croyant authentique a reçu cet Esprit. Non pas en deux étapes, non pas en deux niveaux, mais une fois, pleinement, à la nouvelle naissance. Celui qui est en Christ n'est pas un chrétien de second rang en attente d'une expérience manquante. Il a reçu, avec l'Esprit, « toutes les bénédictions spirituelles dans les lieux célestes » (Éphésiens 1:3).


Une parole pour ceux qui portent ce fardeau

Si vous avez attendu des années cette « deuxième expérience » sans la voir arriver, si vous vous êtes demandé pourquoi Dieu semblait vous oublier, si la culpabilité s'est installée dans votre vie spirituelle à cause de cet enseignement — alors entendez ceci :

Dieu ne vous a pas oublié. Il n'y a pas d'expérience manquante. Le Saint-Esprit qui vous a donné de croire en Jésus-Christ habite déjà en vous. C'est lui qui vous a fait naître de nouveau. C'est lui qui intercède pour vous. C'est lui qui vous sanctifie jour après jour. Vous n'avez pas reçu la moitié de l'Esprit — vous avez reçu l'Esprit lui-même, pleinement, gratuitement, souverainement.

Le joug que l'on vous a imposé n'est pas l'Évangile. L'Évangile, lui, est une bonne nouvelle — pour tous, sans reste.


Conclusion

Actes 2 n'est pas un supplément pour des disciples insuffisamment dotés. C'est l'accomplissement de tout ce que Jean 20:22, Actes 1:5 et Actes 1:8 promettaient — un seul don, attendu dans la foi, reçu dans la plénitude, par tous, ensemble, au moment que le Père avait fixé.

L'Écriture, lorsqu'on la laisse parler sans forcer ses textes, se révèle d'une cohérence que nul système théologique n'aurait pu construire seul. Et cette cohérence est une grâce — car elle nous ramène à un Dieu qui n'oublie personne, qui ne crée pas de chrétiens de seconde zone, et dont le don est toujours entier.


Laetitia Gilman

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