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GENÈSE 50 - La souveraineté de Dieu au coeur du mal

genèse 50

Contexte historique

Genèse 50 clôt le livre des origines en terre d'Égypte, où Jacob vient de mourir après avoir béni ses douze fils. Joseph, second personnage du royaume, fait embaumer son père selon la coutume égyptienne, un processus de quarante jours suivi d'un deuil national de soixante dix jours. Une immense procession funèbre remonte alors jusqu'à Canaan pour ensevelir Jacob dans la caverne de Makpéla, achetée par Abraham, aux côtés de Sara, d'Isaac, de Rebecca et de Léa. De retour en Égypte, les frères de Joseph, craignant sa vengeance maintenant que leur père n'est plus là pour les protéger, viennent implorer son pardon. Joseph les rassure par une parole qui résume toute son histoire : Dieu a changé leur mal en bien. Le chapitre, et le livre tout entier, se referme sur la mort de Joseph à cent dix ans, et sur une dernière parole de foi concernant la sortie future d'Égypte.


Leçons pour aujourd'hui


1. Le mal des hommes ne détruit jamais le plan de Dieu

"Vous aviez médité de me faire du mal: Dieu l'a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd'hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux." (Genèse 50:20)

Joseph ne nie pas le mal commis par ses frères et ne le minimise pas. Il le place sous une souveraineté plus grande, qui l'a entièrement dominé sans jamais en devenir l'auteur. Ce verset est l'un des plus clairs de toute l'Écriture sur la doctrine de la providence : Dieu n'est pas l'auteur du péché, mais il en dispose selon ses desseins éternels, sans que la responsabilité morale des hommes en soit amoindrie. Augustin enseignait que Dieu juge bon de permettre le mal plutôt que de n'en permettre aucun, car il sait en tirer un bien plus grand que celui qu'il aurait empêché.

Pour vous qui traversez une trahison, une injustice ou une perte que vous ne comprenez pas, ce verset ne promet pas une explication immédiate, mais il affirme une vérité suffisante : rien n'échappe à la main de Celui qui gouverne toutes choses pour le bien de ceux qui l'aiment (Romains 8:28).


2. Le pardon véritable naît de la théologie, non du sentiment

"Soyez donc sans crainte; je vous entretiendrai, vous et vos enfants." Et il les consola, en parlant à leur coeur. (Genèse 50:21)

Joseph ne pardonne pas parce qu'il a oublié le mal, ni parce que ses frères le méritent. Il pardonne parce qu'il a compris la souveraineté de Dieu sur son propre parcours. Ce pardon, nourri par la doctrine et non par une simple émotion passagère, est solide et durable : il se traduit en actes concrets de bienveillance envers ceux qui l'ont blessé. Thomas Watson rappelait que la vraie repentance, comme le vrai pardon, s'accompagne toujours de fruits visibles, et non de simples paroles.

Vous qui portez peut être une blessure infligée par un proche, demandez vous si votre incapacité à pardonner ne vient pas d'une vue trop petite de la souveraineté de Dieu sur votre histoire.


3. La foi qui traverse la mort et regarde la promesse

"Joseph dit à ses frères: Je vais mourir ! Mais Dieu vous visitera, et il vous fera remonter de ce pays ci dans le pays qu'il a juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob." (Genèse 50:24)

À l'heure de sa mort, Joseph ne parle ni de lui même ni de sa réussite en Égypte : il parle de la promesse faite aux patriarches, une promesse qui ne s'accomplira que des siècles plus tard, sous la conduite de Moïse. Il exige même que ses ossements soient un jour transportés hors d'Égypte (Genèse 50:25), un serment que le peuple honorera fidèlement lors de l'exode (Exode 13:19), puis lors de l'ensevelissement final à Sichem (Josué 24:32). L'auteur de l'épître aux Hébreux cite précisément cet acte comme un modèle de foi authentique (Hébreux 11:22) : Joseph croyait la Parole de Dieu plus qu'il n'en voyait l'accomplissement.

Votre foi, elle aussi, est appelée à dépasser l'horizon de votre propre vie et à se reposer sur des promesses dont vous ne verrez peut être pas l'aboutissement de votre vivant.


Conclusion

Le livre de la Genèse s'achève ainsi, non par un triomphe visible, mais par un cercueil en Égypte et une promesse encore inaccomplie. C'est là toute la logique de la foi biblique : Dieu conduit son peuple à travers le mal, la mort et l'attente, vers un accomplissement qu'il a juré et qu'il tiendra. Que votre âme se repose donc, comme celle de Joseph, sur la fidélité du Dieu qui gouverne toute chose pour l'accomplissement de ses promesses.


Question(s) pour la réflexion

Y a t il dans votre vie un mal que vous n'êtes pas encore parvenu à confier à la souveraineté de Dieu ?

Sur quelle promesse de Dieu votre foi s'appuie t elle aujourd'hui, même si vous n'en voyez pas encore l'accomplissement ?


L. Gilman

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