GENÈSE 37 - Le songe qui dérange
- ILTAIME

- 18 juin
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Contexte historique
Jacob s'est établi dans le pays de Canaan, là où son père Isaac avait lui même séjourné. Joseph, âgé de dix sept ans, fait paître les troupeaux avec ses frères et rapporte à Jacob de mauvais bruits qui courent sur eux. Israël aime Joseph plus que tous ses autres fils, parce qu'il l'a eu dans sa vieillesse, et lui fait une tunique de plusieurs couleurs, signe visible d'une préférence que les autres frères ne peuvent supporter. Deux songes viennent aggraver la situation : Joseph y voit sa famille entière s'incliner devant lui. La haine des frères devient telle qu'ils ne peuvent plus lui parler avec amitié. Envoyé par Jacob pour prendre des nouvelles d'eux à Sichem puis à Dothan, Joseph tombe entre leurs mains. Certains veulent le tuer ; Ruben propose de le jeter vivant dans une citerne pour le sauver en secret ; puis Juda suggère de le vendre à des marchands qui passent par là. Joseph est emmené en Égypte comme esclave, tandis que ses frères trempent sa tunique dans le sang d'un bouc et trompent leur père, qui pleure un fils qu'il croit dévoré par une bête féroce.
Leçons pour aujourd'hui
1. La jalousie ronge le cœur et détruit les liens les plus proches
"Ses frères virent que leur père l'aimait plus qu'eux tous, et ils le prirent en haine. Ils ne pouvaient lui parler avec amitié." (Genèse 37.4)
La jalousie n'est jamais un péché isolé ; elle empoisonne toute une famille et transforme des frères en ennemis. Ce chapitre montre avec une lucidité crue ce que le cœur naturel de l'homme est capable de produire lorsqu'il n'est pas gardé par la grâce. Thomas Watson rappelait que l'envie est un péché qui se nourrit du bien d'autrui et se consume elle même.
Vous qui lisez ces lignes, examinez votre cœur : y a t il une place où la comparaison a remplacé l'amour fraternel ? La corruption totale ne sert pas à désespérer, mais à nous conduire droit à la croix, seul remède à un cœur qui hait sans raison.
2. Dieu parle par ses desseins, même quand les hommes n'y croient pas
"Ses frères furent jaloux de lui, mais son père garda le souvenir de ces choses." (Genèse 37.11)
Jacob ne comprend pas encore la portée des songes de Joseph, mais il les garde. Il y a dans ce simple geste une leçon de patience spirituelle : tout ce que Dieu annonce ne s'accomplit pas immédiatement, et il convient de garder dans son cœur ce que l'on ne comprend pas encore plutôt que de le rejeter par incrédulité. La souveraineté de Dieu ne dépend jamais de l'adhésion des hommes à son plan. Calvin enseignait que les desseins de Dieu s'exécutent y compris à travers l'aveuglement et la résistance des créatures. Ce que Dieu a décrété s'accomplira, que ses instruments le veuillent ou non.
3. Vendu par les siens : une figure de Christ rejeté par son peuple
"Que gagnerons nous à tuer notre frère et à cacher son sang ? Venez, vendons le aux Ismaélites, et ne mettons pas la main sur lui, car il est notre frère, notre chair. Et ses frères l'écoutèrent." (Genèse 37.26-27)
Joseph, haï sans cause par ses frères et vendu par l'un des siens, préfigure de façon saisissante le sort du Christ, rejeté par les siens et livré pour un peu d'argent. Matthew Henry voyait dans l'histoire de Joseph l'une des plus belles ombres de l'Évangile dans l'Ancien Testament. Ce qui devait sembler être la fin de Joseph était en réalité le commencement d'un dessein de salut bien plus vaste que lui même, tout comme la croix, apparente défaite, fut le lieu même du triomphe de Dieu.
4. Le mal des hommes ne fait jamais dérailler le plan de Dieu
Genèse 37 se referme sur les larmes inconsolables de Jacob, convaincu d'avoir perdu son fils pour toujours (Genèse 37.34-35). Mais le lecteur qui connaît la suite de l'histoire sait ce que Jacob ignore : Dieu est déjà à l'œuvre dans cette citerne, dans cette caravane, dans cette vente honteuse. Ce que les frères ont comploté pour nuire, Dieu l'a destiné pour sauver un peuple entier (Genèse 50.20). Voilà la doctrine de la providence dans toute sa force : rien de ce que les hommes machinent contre Dieu et contre les siens ne peut renverser ce qu'il a décrété avant la fondation du monde.
Conclusion
Ce chapitre est sombre, mais il n'est pas désespéré : la main de Dieu œuvre déjà sous la trahison, la haine et le deuil. Que votre cœur se repose dans cette certitude : aucune circonstance, même la plus douloureuse, n'échappe à la sagesse souveraine de celui qui gouverne toutes choses pour sa gloire et pour le bien des siens.
L. Gilman



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