Rechercher

JÉSUS EST AVEC NOUS



« Emmanuel »

Le mot « Emmanuel » comporte trois idées : il est Dieu, il est homme, et il est avec nous. Il aurait déjà été exceptionnel que le Fils de Dieu devienne homme et qu’il passe un moment avec nous, puisqu’il nous quitte en nous laissant son enseignement. Mais le dessein de Dieu est infiniment plus grand encore. Dans l’Évangile de Marc, il est dit que Jésus-Christ a établi douze apôtres pour être avec lui (3.14). Que faut-il entendre par « avec lui » ? À partir de ce texte et des autres Évangiles, nous voyons que cela veut dire être dans la présence de Jésus, converser avec lui, apprendre de lui, et bénéficier de son réconfort à chaque instant. Le but de l’incarnation est de rendre possible une relation avec lui. En Jésus, le Dieu sublime et inaccessible devient un être humain que nous pouvons connaître et aimer. Et par la foi, nous connaissons son amour.

Cela ne nous perturbe pas autant que cela devrait. Regardons dans l’Ancien Testament. Tous ceux qui se sont approchés de Dieu en étaient profondément terrifiés. Dieu apparaît à Moïse sous la forme d’un buisson ardent, à Israël comme une colonne de feu, à Job comme un ouragan ou encore une tornade. Lorsque Moïse demande à voir la face de Dieu, il lui est répondu qu’il en mourrait, et Dieu ne lui offre que de s’approcher près de lui, et de ne le voir que « par-derrière » (Exode 33.18-23). Lorsque Moïse redescendit de la montagne, son visage rayonnait à tel point que les autres ont eu peur de s’approcher de lui (Exode 34.29-30) – Dieu est à ce point grand, élevé et inaccessible.

Pouvons-nous du coup imaginer Moïse de nos jours, entendant le message de Noël : « La Parole s’est faite homme, elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité, et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père » (Jean 1.14) ? Moïse s’exclamerait : « Comprenez-vous ce que cela signifie ? C’est ce qui m’avait été refusé ! Cela signifie que par Jésus-Christ vous pouvez rencontrer Dieu. Vous pouvez le connaître personnellement sans en être effrayés. Il peut venir dans votre vie. Est-ce que vous réalisez ce qui est en train de se passer ? Où est votre joie ? Où est votre émerveillement ? Cela devrait devenir l’élément central de votre vie ! »

Jésus vient ôter la barrière qui sépare l’humanité de Dieu

Quand Dieu s’est montré en Jésus-Christ, il n’était pas une colonne de feu ou une tornade, mais un bébé. Rien n’est comparable à un bébé. Un petit enfant a sa propre volonté, et peut s’éloigner de nous en courant. Mais les bébés peuvent être pris dans les bras, câlinés, embrassés, et ils aiment cela et s’accrochent à nous. Pourquoi Dieu viendrait-il cette fois-ci sous la forme d’un bébé plutôt que sous la forme d’une tornade de feu ou d’un tourbillon ? Parce que cette fois-ci, il ne vient pas porter un jugement, mais en subir les conséquences ; il vient payer le châtiment de nos péchés, il vient ôter la barrière qui sépare l’humanité de Dieu, de manière à ce que nous soyons réunis. Jésus est Dieu avec nous.

L’incarnation ne se produit pas seulement pour nous montrer que Dieu existe. Elle se produit pour opérer un rapprochement, de façon à ce qu’il soit avec nous, et nous avec lui. À Noël, ils sont des millions à chanter « Jésus, notre Emmanuel », mais sont-ils vraiment avec lui ? Le connaissent-ils, ou bien connaissent-ils simplement des choses sur lui ? Jésus a littéralement remué ciel et terre pour venir près de nous.

Que devrions-nous faire pour être véritablement avec Jésus ?

Qu’est-ce qui caractérise une relation personnelle véritable avec Jésus ? Comme dans toute relation, il est nécessaire que nous communiquions avec lui de manière fréquente, avec amour et sincérité. Non pas « dire nos prières », mais avoir une vie de prière qui nous amène à une communion réelle avec Dieu, au sentiment de sa présence dans nos cœurs et dans nos vies. On trouve ce type de prières dans les Psaumes 27, 63, 84 et 131. En même temps, comme c’est une relation proche, il communique également avec nous, en nous rendant la Bible familière, en nous encourageant à la lire, à la comprendre, et à la méditer.

Les Psaumes 1 et 119 nous montrent comment la Bible peut devenir une force vitale de notre quotidien. Les « moyens de la grâce » que je viens de mentionner pour s’approcher de Dieu sont les plus personnels. Il en existe d’autres, plus collectifs, tels que le culte et la prière, le baptême et la Sainte Cène, ainsi que toutes les autres possibilités offertes par l’assemblée locale, le peuple de Dieu (Hébreux 10.22-25).

Ce passage mentionne un aspect supplémentaire nécessaire à une relation personnelle avec Jésus, et il fait partie de ceux que les chrétiens de notre société occidentale, tout du moins, auront tendance à oublier. Une relation intime avec Jésus requiert du courage.

Dire adieu à notre bonne réputation

Considérons l’annonce que l’ange fait à Joseph et Marie. Elle est enceinte, et Joseph sait qu’il n’est pas le père. Il décide de rompre ses fiançailles, mais l’ange apparaît et lui dit : « Épouse-la. Elle est enceinte du Saint-Esprit. » Mais si Joseph l’épouse, tout un chacun dans cette société bien-pensante saura que l’enfant n’est pas né neuf ou dix mois après qu’ils se sont mariés ; et donc on saura qu’elle était déjà enceinte. Ce qui veut dire que soit Joseph et Marie ont eu une relation sexuelle avant leur mariage, soit elle l’a trompé. Ce qui s’ensuit est la honte, l’exclusion sociale et le rejet. Ils vont être considérés pour le reste de leur vie comme des personnes dont il vaut mieux éviter la compagnie.

Le message est en substance : « Si Jésus-Christ vient dans votre vie, vous pouvez dire adieu à votre bonne réputation. » Et nous n’en sommes qu’au chapitre 1 de Matthieu. Au chapitre 2, Joseph constate que la présence de Jésus dans sa vie est non seulement mauvaise pour sa position dans la société, mais qu’en plus elle met sa propre vie en danger.

Quelles sont les conséquences pour nous ? Si nous voulons Jésus dans notre vie, il va nous falloir être courageux.


Timothy Keller

"Noël caché"



18 vues