"JE SUIS COMME ÇA". Et si c'était une excuse ?
- L. GILMAN
- il y a 7 heures
- 4 min de lecture
Il y a une phrase que vous avez certainement entendue. Peut-être dans votre église. Peut-être dans votre famille. Peut-être dans votre propre bouche, un jour où quelqu'un vous reprochait quelque chose que vous ne vouliez pas changer.
« Je suis comme ça. » Cinq mots. Une affirmation qui paraît anodine, presque humble. Et pourtant, selon ce que l'on entend par là, cette phrase peut être une vérité magnifique sur la création de Dieu, ou une forteresse que la chair a construite pour se mettre à l'abri de la sanctification. Ce n'est pas la même chose. Et cette différence change tout.
Ce que Dieu a réellement créé en vous
Le Psaume 139:14 est sans équivoque : « Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes œuvres sont admirables, et mon âme le reconnaît bien. » David ne parle pas avec orgueil. Il parle avec émerveillement. Il reconnaît que ce qu'il est, dans sa constitution la plus profonde, dans sa façon de ressentir, de penser, de réagir, porte l'empreinte d'un Dieu qui sait exactement ce qu'Il fait.
Votre façon naturelle d'être au monde n'est pas un accident, votre élan vers les autres ou votre besoin de solitude, votre capacité d'enthousiasme ou votre profondeur naturelle, votre force tranquille ou votre sensibilité aux détails, Dieu l'a déposé en vous avant même votre naissance, avec intention et précision, comme un potier qui travaille son argile.
Observez un nouveau-né. Il n'a pas encore été formé par l'éducation, les blessures ou les expériences. Et pourtant, dès les premières semaines, quelque chose se révèle déjà : une façon d'être qui lui est propre, une couleur que personne ne lui a apprise. C'est la personnalité : une œuvre de Dieu, à honorer, à purifier et à mettre au service de Sa gloire.
Ce que la chair a ajouté par-dessus
Mais observez ce même enfant quelques années plus tard. Quelque chose s'est ajouté : les colères, les mensonges, l'égoïsme, la jalousie, la tendance à fuir toute confrontation ou à dominer sans amour. Ce n'est plus seulement la personnalité que l'on voit, c'est le caractère charnel qui s'est construit, année après année, au fil des blessures, des choix et de la vie sans Dieu.
Le caractère, c'est ce que la chair a produit par-dessus la personnalité. C'est là que vivent les réactions épidermiques, les comportements destructeurs, les forteresses que nous avons construites et que nous appelons « notre nature ».
Paul les nomme sans détour : « Les œuvres de la chair sont manifestes : ce sont... les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions... » (Galates 5:19-20). Il ne parle pas de personnalité. Il parle de comportements, de ce que l'homme produit quand il vit selon sa propre volonté, indépendamment de Dieu. L'un doit être purifié. L'autre doit être brisé.
La confusion qui coûte cher
C'est ici que naît le problème. Nous avons pris l'habitude de mélanger ces deux réalités. Nous appelons « personnalité » ce qui est en réalité chair. Nous excusons par le tempérament ce que la Parole appelle péché. Et nous nous mettons à l'abri derrière ce que nous sommes pour ne pas mourir à ce que nous faisons.
Un sanguin qui dit « je suis impulsif, c'est ma nature » ne parle pas de sa personnalité. Il parle de ce que la chair a fait de son élan naturel. Un colérique qui dit « je suis direct, les gens doivent l'accepter » ne décrit pas un don de Dieu, il décrit une dureté que la chair a construite sur une vraie force.
La même vérité s'applique à tous les tempéraments, sans exception. Ce n'est pas la profondeur du mélancolique que Dieu veut crucifier, c'est l'amertume et le repli que la chair y a logés. Ce n'est pas la paix du flegmatique que le Seigneur veut transformer, c'est la passivité coupable et la fuite des responsabilités.
« Ceux qui appartiennent à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. » (Galates 5:24). Crucifié et non tempéré, ni négocié avec, mais crucifié.
Ce que Dieu veut réellement faire
Dieu ne veut pas vous effacer. Il veut vous libérer. Regardez Matthieu, Dieu avait déposé en cet homme une rigueur et une précision remarquables. La chair en avait fait un collecteur d'impôts au service de Rome, un traître envers son propre peuple. Jésus l'a appelé, et cette même rigueur, purifiée et retournée vers Christ, a produit l'Évangile le plus structuré et le plus détaillé des quatre, qui nourrit des millions de croyants depuis vingt siècles.
Dieu n'a pas recréé Matthieu, Il l'a libéré, Il a brisé ce que la chair avait construit, et rendu à sa personnalité sa vocation véritable.
La sanctification n'est pas un effacement, c'est une restauration. « Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l'Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. » (Romains 8:13). Ce que l'Esprit veut faire mourir, ce sont les actions du corps : les œuvres de la chair et non ce que Dieu a créé en vous.
Vous n'avez pas à mourir à votre personnalité, vous avez à mourir à ce qui l'étouffe. Et c'est une tout autre histoire.
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L. Gilman



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