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L'AMOUR DE JÉSUS NE RESSEMBLE PAS À CE QUE VOUS CROYEZ

amour

On vous a peut-être dit que Jésus est amour, et c'est vrai. Mais on vous a peut-être laissé croire que cet amour est doux, accommodant, toujours consolant, jamais exigeant. Un amour qui approuve tout, ne dérange jamais, ne coûte rien. Un amour sans exigence et sans vérité. Et c'est là que la vérité s'est perdue quelque part entre deux cantiques.

Un jour, alors que je partageais avec quelqu'un certaines exigences de Dieu, cette personne m'a répondu : « Votre Dieu, je n'en veux pas. » Cette réaction m'a frappée, non pas parce qu'elle était choquante, mais parce qu'elle était révélatrice. Beaucoup, sans le formuler aussi clairement, font exactement la même chose : ils ne rejettent pas Dieu, ils rejettent le Dieu réel pour en construire un autre, à leur image, à leur mesure, selon leurs préférences. Un dieu qui bénit sans exiger, qui pardonne sans transformer, qui aime sans jamais déranger. Mais ce dieu-là n'existe pas dans les Évangiles.


Un amour qui dit la vérité

La première chose que les paroles dures de Jésus révèlent, c'est que l'amour véritable ne peut pas se taire devant ce qui détruit.

Jésus dit aux pharisiens : « Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. » (Jean 8:44). Des paroles que l'on n'entendrait jamais dans une prédication soucieuse de ne blesser personne. Et pourtant ce sont les paroles du Fils de Dieu, celui qui est lui-même la Vérité. Ce n'est pas de la cruauté, c'est un diagnostic. Et un médecin qui cache à son patient la gravité de son état par crainte de le peiner ne l'aime pas : il l'abandonne.

Jésus les appelle « races de vipères » (Matthieu 3:7), « aveugles » (Matthieu 23:16), « sépulcres blanchis » (Matthieu 23:27). Ces images ne sont pas des insultes lancées à la légère. Ce sont des miroirs tendus à des hommes qui se croyaient justes et qui étaient perdus. L'amour qui se tait devant une âme qui périt n'est pas de la douceur : c'est de la lâcheté.

« Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné. » (Matthieu 12:37). Jésus avertit parce qu'il y a un jugement réel. Et avertir de ce jugement, c'est le plus grand acte d'amour qui soit.


Un amour qui refuse le mensonge spirituel

Ce qui provoque le plus la sévérité de Jésus, ce n'est pas tant le péché manifeste que le mensonge spirituel : croire qu'on appartient à Dieu sans lui obéir, s'acquitter des apparences sans transformation du cœur.

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu'au dedans ils sont pleins de rapine et d'intempérance. » (Matthieu 23:25). Ce malheur n'est pas une malédiction jetée avec mépris. C'est un cri d'alarme. Un avertissement solennel adressé à des hommes qui confondaient la religion avec la foi, l'observance avec la vie intérieure, la réputation avec la réalité.

Et Jésus va plus loin encore. Il dit que ces guides aveugles « ferment aux hommes le royaume des cieux » (Matthieu 23:13), qu'ils fabriquent des disciples « deux fois plus fils de la géhenne » qu'eux-mêmes (Matthieu 23:15). Le faux enseignement ne touche pas qu'une âme : il en dévaste des générations entières. C'est pourquoi Jésus le condamne avec une telle force.

Jésus refuse d'être instrumentalisé. Quand on tente de lui faire dire ce qu'il ne dit pas, il répond : « Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ? » (Matthieu 22:18). Son amour n'est pas malléable, il ne se plie pas à ce que nous voulons entendre, il reste ce qu'il est : la vérité, intacte et sans compromis.


Un amour qui parle aussi à son Église

Ce serait une erreur de croire que ces avertissements ne s'adressaient qu'aux pharisiens du premier siècle. Le Christ ressuscité, dans le livre de l'Apocalypse, se retourne vers ses propres églises, des communautés croyantes, des assemblées qui se réunissaient en son nom, et leur adresse des reproches d'une gravité saisissante.

À l'église de Sardes : « Je connais tes œuvres. Tu passes pour être vivant, et tu es mort. » (Apocalypse 3:1). À l'église de Pergame, il dénonce des enseignements qui conduisent au péché, tolérés en silence au sein de la communauté (Apocalypse 2:14-15). À l'église de Thyatire, il condamne une fausse prophétesse que l'assemblée laisse enseigner et séduire ses membres (Apocalypse 2:20).

Et à l'église de Laodicée, ces paroles que l'on ne peut pas entendre sans être ébranlé : « Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. » (Apocalypse 3:16). Non pas à des ennemis de l'Évangile, mais à une église. À des gens qui se croyaient à l'abri parce qu'ils étaient riches, établis, bien en place et qui ne manquaient, aux yeux de Christ, que d'une seule chose : la réalité.

Christ ne s'accommode pas de la tiédeur. Il ne la tolère pas. Il la nomme et il avertit de ses conséquences.


Ce que cet amour exige de nous

Voici la question que ces paroles posent : est-ce que le Jésus que vous suivez est le Jésus des Évangiles, ou une version adoucie que vous avez construite pour vous sentir à l'aise ?

Car le Jésus des Évangiles dit aussi : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. » (Matthieu 10:37). Il dit : « Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière, n'est pas propre au royaume de Dieu. » (Luc 9:62). Il dit : « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi. » (Matthieu 10:38).

Et il dit, avec une clarté qui ne laisse aucune échappatoire, que tous ceux qui l'appellent « Seigneur, Seigneur » n'entreront pas pour autant dans le royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté du Père (Matthieu 7:21). Des gens qui auront prophétisé, chassé des démons, accompli des œuvres en son nom et à qui il dira : « Je ne vous ai jamais connus. » (Matthieu 7:23).

Ces paroles ne sont pas pour les autres, elles sont pour vous. Elles vous demandent de vous examiner : est-ce que ma vie spirituelle est réelle ou construite sur des apparences ? Est-ce que je m'acquitte de ce qui est visible tout en négligeant « la justice, la miséricorde et la fidélité » (Matthieu 23:23) ? Est-ce que je condamne les autres pour des péchés que je nourris en silence ?

« Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil. » (Matthieu 7:5). Non pas l'oeil de l'autre, mais le vôtre. C'est par là que commence la vie chrétienne réelle.

Et si ces paroles vous troublent, c'est peut-être le signe qu'elles font leur travail. Car elles ne viennent pas d'un juge indifférent. Elles viennent de celui qui, quelques heures après les avoir prononcées, a tendu les bras sur une croix pour que tout ce qu'il a condamné puisse être pardonné.


Conclusion

L'amour de Jésus est le plus grand amour qui soit. Mais cet amour n'est pas une approbation silencieuse de tout ce que nous sommes et de tout ce que nous faisons. Il est saint, il est juste, il dit la vérité même quand elle blesse, parce que c'est la seule façon de guérir vraiment.

Dire « votre Dieu, je n'en veux pas » devant ses exigences, c'est refuser le seul médecin capable de guérir. C'est préférer la maladie au remède parce que le remède fait mal. Mais le Christ ne changera pas de nature pour accommoder nos préférences. Il est celui qu'il est hier, aujourd'hui et éternellement (Hébreux 13:8).

« Malheur » dans la bouche de Jésus n'est pas la fin de l'histoire, c'est une invitation pressante à changer de chemin avant qu'il ne soit trop tard. Et cette invitation, adressée avec une urgence que seul l'amour peut produire, est elle-même une grâce.

« Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu. » (Jean 8:47). Êtes-vous prêt à les entendre ?


L. Gilman

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