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L'appel que Dieu répète à chacun : Fortifies-toi !

se fortifier

Il y a des moments dans la vie chrétienne où l'on se sent trop petit pour la tâche devant soi. C'est exactement ce qu'a dû ressentir Josué, au seuil du pays promis, chargé de succéder à Moïse et de conduire tout un peuple vers un territoire inconnu et hostile. Et pourtant, avant même de lui donner une stratégie ou une armée, Dieu lui adresse un ordre : « Fortifie–toi et prends courage » (Josué 1:6). Cet ordre revient dans l'Écriture avec une insistance frappante. Ce n'est ni un conseil facultatif, ni un encouragement sentimental. C'est un commandement de Dieu, et comme tout commandement de Dieu, il s'accompagne des moyens de l'accomplir.


Dieu appelle chacun à se fortifier

L'ordre donné à Josué n'est pas isolé. Moïse le lui transmet une première fois devant tout Israël (Deutéronome 31:7), puis Dieu le lui répète en personne (Deutéronome 31:23). Ce même appel s'adresse ensuite à tout le peuple : « Fortifiez–vous, et ne laissez pas vos mains s'affaiblir, car il y aura un salaire pour vos œuvres » (2 Chroniques 15:5). Et il ne s'arrête pas à Israël. Le psalmiste l'étend à quiconque espère en l'Éternel : « Fortifiez–vous et que votre cœur s'affermisse, vous tous qui espérez en l'Éternel ! » (Psaume 31:24). L'auteur de l'épître aux Hébreux le reprend pour l'Église : « Fortifiez donc vos mains languissantes et vos genoux affaiblis » (Hébreux 12:12).

Cet appel n'est pas réservé à quelques figures d'exception, il traverse toute l'Écriture parce qu'il correspond à une réalité permanente de la vie de foi. Le découragement, la fatigue spirituelle, la peur devant ce qui nous dépasse, ne sont pas des accidents rares, ils font partie du chemin. Et Dieu le sait, puisqu'il commande à ses enfants, de génération en génération, de se fortifier.


Nous sommes aussi appelés à fortifier les autres

L'Écriture ne s'arrête pas à l'exhortation individuelle. Moïse fortifie Josué (Deutéronome 3:28), David fortifie Salomon avant la construction du temple (1 Chroniques 22:13), et le prophète Ésaïe adresse à tout le peuple cet appel collectif : « Fortifiez les mains languissantes, et affermissez les genoux qui chancellent » (Ésaïe 35:3). Se fortifier n'est donc pas une démarche solitaire. C'est aussi une responsabilité fraternelle. Celui qui a reçu la force de Dieu la transmet à son tour à celui qui faiblit à côté de lui.


D'où vient réellement cette force ?

La Bible ne demande jamais à l'homme de puiser cette force en lui–même. L'ordre « fortifie–toi » n'est jamais un appel à la volonté humaine seule. Il est indissociable d'une promesse : « L'Éternel marchera lui–même devant toi, il sera lui–même avec toi, il ne te délaissera point » (Deutéronome 31:8). Se fortifier, dans l'Écriture, c'est se saisir par la foi de ce que Dieu a déjà promis.

Cette force se reçoit en mettant sa confiance en l'Éternel (Ésaïe 40:31), en l'invoquant (Psaume 138:3), en obéissant fidèlement à sa Parole (Josué 1:7), en se souvenant qu'il nous a choisis (1 Chroniques 28:10). Et surtout, elle nous est donnée par le Fils. Paul rend grâces « à celui qui m'a fortifié, à Jésus–Christ notre Seigneur » (1 Timothée 1:12). C'est par sa grâce que nous sommes affermis (1 Pierre 5:10), par son Esprit que nous sommes puissamment fortifiés dans l'homme intérieur (Éphésiens 3:16), et c'est même dans nos propres faiblesses que sa puissance s'accomplit pleinement, comme Paul l'a expérimenté : « quand je suis faible, c'est alors que je suis fort » (2 Corinthiens 12:10).


Application pratique

Que faire concrètement de cette vérité ? D'abord, cessez de chercher en vous–même la force qui vous manque. Elle ne s'y trouve pas, et Dieu ne l'attend pas de vous à cet endroit. Tournez–vous vers lui dans la prière, comme le psalmiste qui témoigne avoir été fortifié le jour même où il a invoqué l'Éternel (Psaume 138:3).

Ensuite, ne dissociez jamais la force de l'obéissance. Josué devait se fortifier en agissant fidèlement selon la loi (Josué 1:7). La force spirituelle n'est pas un sentiment que l'on attend passivement ; elle se manifeste dans la marche concrète, dans les choix quotidiens de fidélité.

Enfin, regardez autour de vous. Y a–t–il, dans votre entourage, des mains languissantes, des genoux qui chancellent ? Vous qui avez reçu la force de Dieu, vous êtes appelés à la transmettre, comme Moïse l'a fait pour Josué, comme David l'a fait pour Salomon.


Conclusion

Se fortifier n'est ni un exploit personnel ni une performance spirituelle. C'est un commandement de Dieu qui s'accompagne toujours de sa promesse : il ne nous délaissera point, il ne nous abandonnera point. Ce que Paul a fini par comprendre, après avoir traversé outrages, calamités et détresses, peut devenir aussi la confession de chacun de nous : « Je puis tout par celui qui me fortifie » (Philippiens 4:13).


L. Gilman


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