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LA SOUVERAINETÉ DE DIEU ET LA RESPONSABILITÉ DE L'HOMME : Un mystère Biblique à embrasser

souveraineté et responsabilité

Dans les pages sacrées de la Bible, deux vérités théologiques profondes se dressent côte à côte, comme des piliers inséparables d'un même édifice : la souveraineté absolue de Dieu et la responsabilité personnelle de l'homme. Ces notions, bien que semblant contradictoires à l'esprit humain limité, sont tissées ensemble dans l'Écriture, formant une tapisserie divine qui défie notre compréhension totale. Je voudrais dans cet article, explorer ces deux concepts, en m'appuyant sur des passages bibliques clés, pour démontrer qu'il serait une erreur de privilégier l'un au détriment de l'autre. Au contraire, nous devons les accepter toutes deux avec humilité, reconnaissant que nos facultés intellectuelles ne peuvent pas tout saisir du plan éternel de Dieu. Comme l'apôtre Paul l'exprime en Romains 11:33 : « Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles ! »


La Souveraineté de Dieu : Un Contrôle Absolu sur Toute Chose


La Bible affirme sans ambiguïté la souveraineté de Dieu, c'est-à-dire son autorité suprême et son contrôle total sur l'univers, y compris sur le salut des hommes. Dieu n'est pas un spectateur passif ; il est le Créateur qui ordonne toutes choses selon sa volonté éternelle. En Éphésiens 1:11, Paul déclare : « En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d'après le conseil de sa volonté. » Cette prédestination divine souligne que le choix de Dieu précède toute action humaine. De même, en Romains 8:29-30, nous lisons : « Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l'image de son Fils... Et ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés. »


Cette souveraineté s'étend au salut lui-même. Jésus affirme en Jean 6:44 : « Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire. » Ici, l'initiative divine est claire : c'est Dieu qui attire les cœurs vers le Christ. Les théologiens comme Augustin ou Jean Calvin ont souvent mis l'accent sur cette vérité, voyant en elle la garantie que le salut repose entièrement sur la grâce de Dieu, et non sur les mérites humains. Saint Augustin écrivait ainsi dans ses "Confessions" : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est inquiet tant qu’il ne repose en toi » ; mais plus directement sur la grâce souveraine, il affirmait dans son traité contre Pélage : « Dieu opère en nous le vouloir et le faire ; il ne nous trouve pas bons pour nous couronner, mais il nous rend bons pour nous couronner. » Jean Calvin, dans ses "Institutions de la religion chrétienne" (Livre III, chap. 23), déclare : « Nous appelons prédestination le décret éternel de Dieu par lequel il a déterminé ce qu’il voulait qui advienne de chaque homme. Car tous ne sont pas créés en pareille condition ; mais aux uns est ordonnée la vie éternelle, aux autres la damnation éternelle. » Charles Spurgeon, le « prince des prédicateurs », soulignait avec force : « Je crois à la doctrine de l’élection, parce que je suis tout à fait certain que si Dieu n’avait pas choisi moi, je ne l’aurais jamais choisi lui ; et je suis sûr qu’il m’a choisi avant que je sois né, sinon il ne m’aurait jamais choisi ensuite. » R.C. Sproul, théologien réformé contemporain, insistait particulièrement sur cette absoluité : « Si une seule molécule dans cet univers échappe à la souveraineté de Dieu, alors nous n'avons aucune garantie qu'une seule promesse de Dieu sera jamais accomplie. » Il ajoutait : « Dire que la souveraineté de Dieu est limitée par la liberté de l'homme, c'est rendre l'homme souverain. » Sans cette souveraineté, le plan de rédemption risquerait d'être contrarié par la faiblesse de l'homme. Pourtant, cette doctrine, si elle est isolée, pourrait mener à une passivité dangereuse, où l'on se dirait : « Si tout est prédestiné, pourquoi agir ? » C'est précisément ici que la responsabilité de l'homme entre en scène, comme un contrepoint essentiel.


Pour approfondir cette souveraineté, considérons d'autres passages qui illustrent comment Dieu agit selon son bon plaisir sur l'ensemble de la création et de l'histoire humaine. En Romains 9:18-21, Paul interroge : « Ainsi il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut. Tu me diras : Pourquoi blâme-t-il encore ? Car qui résiste à sa volonté ? Ô homme, toi plutôt, qui es-tu pour contester avec Dieu ? Le vase d'argile dira-t-il à celui qui l'a formé : Pourquoi m'as-tu fait ainsi ? Le potier n'est-il pas maître de l'argile ? » Cela montre que Dieu, comme un potier souverain, forme et dirige selon sa sagesse infinie. De même, en Proverbes 16:9, il est dit : « Le cœur de l'homme médite son chemin, mais c'est l'Éternel qui dirige ses pas. » Et en Daniel 4:35, Nabuchodonosor confesse : « Tous les habitants de la terre sont comptés pour rien ; il agit comme il lui plaît avec l'armée des cieux et avec les habitants de la terre. » Dans le Nouveau Testament, Jean 6:37-39 renforce cela : « Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne jetterai point dehors celui qui vient à moi... Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. » Enfin, en Actes 13:48, lors de la prédication de Paul : « Les païens se réjouissaient en entendant ces choses, et ils glorifiaient la parole du Seigneur ; et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent. » Ces versets soulignent que la souveraineté de Dieu n'est pas arbitraire, mais ancrée dans sa bonté et sa justice, assurant que le salut est une œuvre divine complète, de l'appel à la glorification.


La Responsabilité de l'Homme : Un Appel à la Repentance et à l'Action


Si la souveraineté de Dieu est un fil conducteur de la Bible, la responsabilité de l'homme en est un autre, tout aussi prégnant. Dieu tient l'humanité comptable de ses choix, de ses actes et de sa réponse à son appel. Dans Jérémie 26:13, le prophète exhorte le peuple : « Maintenant réformez vos voies et vos œuvres, écoutez la voix de l’Éternel, votre Dieu. » Ce commandement implique une capacité de choix : l'homme est invité à se détourner de ses péchés et à obéir, sous peine de conséquences. De même, en Jérémie 7:8-11, Dieu dénonce l'hypocrisie du peuple qui se repose sur de fausses assurances : « Mais voici, vous vous livrez à des espérances trompeuses, qui ne servent à rien. Quoi ! dérober, tuer, commettre des adultères, jurer faussement, offrir de l’encens à Baal, aller après d’autres dieux que vous ne connaissez pas !… Puis vous venez vous présenter devant moi, dans cette maison sur laquelle mon nom est invoqué, et vous dites : Nous sommes délivrés !… Et c’est afin de commettre toutes ces abominations ! Est-elle à vos yeux une caverne de voleurs, cette maison sur laquelle mon nom est invoqué ? Je le vois moi-même, dit l’Éternel. »


Ces passages mettent en lumière que Dieu rend l'homme responsable de son salut. Bien que la grâce divine soit nécessaire, l'homme ne peut pas s'excuser en disant : « C'est toi, Seigneur, qui choisis à l'avance, et nous ne pouvons rien faire. » Au contraire, la Bible regorge d'appels à la repentance active. Jean-Baptiste crie dans le désert : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Matthieu 3:2). Jésus lui-même reprend ce message : « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle » (Marc 1:15). Pierre, lors de la Pentecôte, exhorte la foule : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés » (Actes 2:38). Paul, dans ses épîtres, insiste sur la nécessité de la foi personnelle : « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé » (Romains 10:9).


Dieu a envoyé des prophètes au peuple juif et continue d'envoyer des messagers dans le monde entier pour annoncer l'Évangile. Les apôtres, fondation de l'Église selon Éphésiens 2:20, ont non seulement proclamé le sacrifice de Christ pour notre salut, mais ont aussi donné des instructions claires pour grandir dans la foi et glorifier Dieu. Comme Jérémie, ils ont pointé du doigt le péché de l'homme et l'ont confronté à sa responsabilité. Ignorer cela mènerait à une vision fataliste, où l'homme se décharge de toute initiative spirituelle. John MacArthur, pasteur contemporain fidèle à cette vision biblique équilibrée, affirme : « Dieu est souverain dans le salut, mais l’homme est responsable de répondre à l’appel de l’Évangile. Nous devons prêcher comme si tout dépendait de la réponse humaine, tout en sachant que tout dépend de la grâce souveraine de Dieu. » R.C. Sproul complétait cette perspective en soulignant que « la souveraineté de Dieu ne nie pas la responsabilité humaine, mais l'accomplit en nous rendant capables d'accomplir sa volonté ».


Pour développer davantage cette responsabilité, explorons d'autres appels bibliques qui insistent sur le choix humain et ses conséquences éternelles. En Ézéchiel 18:30-32, Dieu déclare : « Repentez-vous, et détournez-vous de toutes vos transgressions... Jetez loin de vous toutes les transgressions par lesquelles vous avez péché ; faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez-vous, maison d'Israël ? Car je ne prends pas plaisir à la mort du méchant, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez. » Dès l'Ancien Testament, en Deutéronome 30:19, Moïse pose le choix : « J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives. » Josué reprend cela en Josué 24:15 : « Choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir. » Dans le Nouveau Testament, Paul à Athènes proclame en Actes 17:30 : « Dieu, sans tenir compte des temps d'ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu'ils aient à se repentir. » Et en 2 Corinthiens 5:20, il supplie : « Nous faisons office d'ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous ; nous vous en supplions au nom de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu ! » Enfin, l'Apocalypse conclut en Apocalypse 22:17 : « Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne de l'eau de la vie, gratuitement. » Ces versets révèlent un Dieu qui, dans sa miséricorde, offre le salut à tous, mais qui attend une réponse active de l'homme, soulignant que le refus du péché et l'acceptation de la grâce sont des actes de responsabilité personnelle essentiels pour la vie éternelle.


Deux Vérités Parallèles : L'Erreur de les Séparer


La Bible ne présente pas la souveraineté de Dieu et la responsabilité de l'homme comme des options mutuellement exclusives, mais comme des réalités parallèles et inséparables. Elles coexistent, même si notre intelligence limitée peine à les réconcilier. En Philippiens 2:12-13, Paul capture parfaitement cette tension : « Ainsi, mes bien-aimés... travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. » Ici, l'action humaine (« travaillez ») est alimentée par l'œuvre divine (« c'est Dieu qui produit »).


Pourtant, certains proclament la souveraineté de Dieu en minimisant la responsabilité de l'homme, risquant un hyper-calvinisme qui décourage l'évangélisation. D'autres, à l'inverse, exaltent la liberté humaine au point d'oublier la grâce souveraine, tombant dans un arminianisme extrême qui fait du salut une conquête personnelle. Les deux approches sont des erreurs, car elles tronquent la révélation biblique. L'une et l’autre sont justes et ne peuvent être minimisées. Dieu invite tous à se repentir (Actes 17:30), tout en choisissant souverainement (Jean 15:16). Cette dualité est un mystère, non une contradiction. Charles Spurgeon exprimait magnifiquement cet équilibre : « Ces deux vérités sont comme deux lignes parallèles qui ne se rencontrent jamais dans cette vie, mais qui se rejoignent en Dieu. » John MacArthur ajoute : « Je ne prétends pas résoudre l’antinomie ; je la proclame simplement parce que la Bible la proclame. » R.C. Sproul, dans ses enseignements, insistait sur ce point : « Il n'y a rien de rationnellement incompatible entre la souveraineté de Dieu et la liberté humaine. L'Écriture enseigne clairement que Dieu est souverain et que l'homme est responsable. C'est un mystère, mais pas une contradiction. » Il précisait également : « Nous sommes libres, mais Dieu est plus libre que nous. Notre liberté ne peut jamais limiter la souveraineté de Dieu. »


Pour illustrer plus profondément cette tension, examinons d'autres exemples bibliques où les deux vérités s'entrelacent. En Actes 2:23, Pierre décrit la crucifixion : « Cet homme, livré selon le conseil arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l'avez crucifié et fait mourir par la main des impies. » Ici, la souveraineté divine (le conseil arrêté) coexiste avec la responsabilité humaine (la main des impies). Dans l'histoire de Pharaon en Exode, nous voyons parfois que « Pharaon endurcit son cœur » (Exode 8:15), et d'autres fois que « l'Éternel endurcit le cœur de Pharaon » (Exode 9:12) – les deux affirmations sont vraies sans contradiction. Jésus lui-même enseigne cette dualité : il affirme l'élection en Jean 15:16 : « Vous ne m'avez pas choisi, mais moi, je vous ai choisis, » tout en lamentant le refus humain en Matthieu 23:37 : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu ! » Ces passages montrent que la Bible maintient ces vérités en équilibre, invitant les croyants à proclamer l'Évangile à tous (responsabilité) tout en reconnaissant que c'est Dieu qui œuvre dans les cœurs (souveraineté), évitant ainsi les extrêmes qui déforment le message divin.


L'Humilité Face au Mystère Divin


En conclusion, nous ne pouvons pas tout comprendre. Nos limites de compréhension nous appellent à l'humilité : « Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie » (1 Corinthiens 13:9). Plutôt que de trancher en faveur de l'une ou l'autre vérité, embrassons-les toutes deux. La souveraineté de Dieu nous assure que le salut est sûr et gratuit ; la responsabilité de l'homme nous pousse à répondre avec foi et obéissance. C'est dans cette tension que se révèle la beauté du plan divin, invitant chaque lecteur à examiner son cœur et à se tourner vers Christ. Que cette réflexion nous incite à une vie de repentance active, tout en nous reposant sur la grâce souveraine de notre Créateur. Comme le disait Augustin : « Comprends pour croire, crois pour comprendre » – mais sur ce mystère, nous croyons d’abord, et nous comprenons seulement en partie, jusqu’au jour où nous verrons face à face. R.C. Sproul nous rappelait avec sagesse : « La plupart des chrétiens saluent la souveraineté de Dieu, mais croient en la souveraineté de l'homme. » Puissions-nous, au contraire, nous incliner devant la pleine souveraineté divine tout en assumant pleinement notre responsabilité.


L. Gilman

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