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LÉVITIQUE 16 - Un seul jour, un seul homme, un seul sang

25 août
4 min de lecture
lévitique 16

Contexte historique

Le chapitre s'ouvre sur un rappel glaçant : Nadab et Abihu sont morts pour s'être approchés de Dieu à leur manière (Lévitique 10:1 à 2). Au pied du Sinaï, dans le camp d'Israël, l'Éternel fixe alors la seule voie par laquelle un homme pécheur peut entrer dans le lieu très saint. Une fois par an, au dixième jour du septième mois, le souverain sacrificateur, dépouillé de ses vêtements d'apparat et revêtu de simple lin, franchit le voile avec le sang d'un taureau pour lui-même, puis avec le sang d'un bouc pour le peuple. Un second bouc, chargé de toutes les iniquités confessées, est ensuite chassé dans le désert. C'est le Jour des Expiations, Yom Kippour, sommet de tout le système sacrificiel du Lévitique et placé exactement au cœur du livre. Tout ce qui précède sur la pureté et l'impureté converge ici : comment un Dieu saint peut-il habiter au milieu d'un peuple impur ?


Leçons pour aujourd'hui


1. On ne s'approche pas de Dieu à sa guise

"Parle à ton frère Aaron, afin qu'il n'entre pas en tout temps dans le sanctuaire, au dedans du voile, devant le propitiatoire qui est sur l'arche, de peur qu'il ne meure ; car j'apparaîtrai dans la nuée sur le propitiatoire." (Lévitique 16:2)

Même Aaron, l'homme le plus consacré d'Israël, ne peut entrer quand il le veut ni comme il le veut.

Notre époque parle volontiers d'un Dieu accessible à tous, sans condition, que l'on aborde avec une familiarité désinvolte. Lévitique 16 corrige cette illusion : la présence de Dieu est une grâce, jamais un dû, et elle ne s'ouvre que par le chemin qu'Il a Lui-même tracé. La crainte de l'Éternel n'est pas l'ennemie de la communion, elle en est le seuil.


2. Le médiateur doit d'abord être couvert

"Aaron offrira son taureau expiatoire, et il fera l'expiation pour lui et pour sa maison." (Lévitique 16:6)

Avant d'intercéder pour le peuple, le souverain sacrificateur doit offrir pour ses propres péchés. Voilà la limite de tout sacerdoce humain : l'intercesseur est lui aussi un coupable.

Aucun prêtre, aucun pasteur, aucun saint ne peut vous ouvrir le ciel, car chacun a besoin d'un sacrifice pour lui-même. Il fallait un souverain sacrificateur "saint, innocent, sans tache" (Hébreux 7:26 à 27), qui n'ait pas à offrir pour lui-même. Le Christ seul répond à cette exigence.


3. Le bouc qui emporte tout

"Le bouc emportera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre désolée ; il sera chassé dans le désert." (Lévitique 16:22)

Aaron pose ses deux mains sur la tête de l'animal et confesse sur lui "toutes les iniquités des enfants d'Israël" (Lévitique 16:21). Le péché n'est pas minimisé, il est nommé, transféré, puis éloigné sans retour. Luther appelait cela le joyeux échange : le Christ prend sur Lui notre péché et nous revêt de sa justice.

Ce que vous avez confessé au pied de la croix a été emporté aussi loin que l'orient est de l'occident (Psaume 103:12). Cessez donc de le rechercher dans le désert où Dieu Lui-même l'a jeté.


4. Une fois par an, puis une fois pour toutes

"Ce sera pour vous une loi perpétuelle : il se fera une fois chaque année l'expiation pour les enfants d'Israël, à cause de leurs péchés." (Lévitique 16:34)

"Et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle." (Hébreux 9:12)

Chaque année, la cérémonie recommençait, preuve qu'elle ne réglait rien définitivement (Hébreux 10:1 à 4). En Jésus-Christ, la répétition s'arrête. Le voile s'est déchiré (Matthieu 27:51), le sang véritable a été versé, et le Souverain Sacrificateur est assis, parce que son œuvre est achevée (Hébreux 10:12). Alistair Begg aime rappeler que le brigand sur la croix n'entre au paradis sur aucun autre titre que celui-ci : l'homme de la croix du milieu a dit qu'il pouvait venir.

Votre assurance ne repose ni sur la qualité de votre repentance ni sur la ferveur de votre semaine, mais sur un sacrifice unique que rien ne peut compléter.


5. Une humiliation qui mène au repos

"Car en ce jour on fera l'expiation pour vous, afin de vous purifier : vous serez purifiés de tous vos péchés devant l'Éternel." (Lévitique 16:30)

Le peuple devait "humilier son âme" et cesser tout ouvrage (Lévitique 16:29 et 31). Le jour du pardon était un jour de sabbat : Israël ne contribuait en rien à l'expiation, il la recevait. Tel est l'Évangile de la grâce seule. L'humilité reconnaît le péché, le repos se confie entièrement dans l'œuvre d'un Autre. Le chrétien qui cherche encore à ajouter ses efforts au sang du Christ n'a pas compris le sabbat de Kippour.


Conclusion

Lévitique 16 dresse devant nous la sainteté terrible de Dieu et la gravité de notre péché, mais il ne s'arrête pas là : il annonce le jour où un seul Homme, par un seul sang, ouvrirait pour toujours le chemin du lieu très saint. Approchez-vous donc "avec assurance du trône de la grâce" (Hébreux 4:16), non sur vos mérites, mais sur les siens. À Lui soit la gloire, maintenant et pour toujours.


Question(s) pour la réflexion

Quel péché déjà confessé continuez-vous à aller rechercher dans le désert, comme si le sang du Christ ne l'avait pas vraiment emporté ?

De quelle manière votre façon d'aborder Dieu dans la prière révèle-t-elle soit une familiarité qui oublie sa sainteté, soit une crainte qui oublie le chemin qu'Il a ouvert ?

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