LÉVITIQUE 17 - Le sang qui parle : la vie donnée pour la vie

Contexte historique
Israël campe au pied du Sinaï. Le grand jour des expiations vient d'être institué (Lévitique 16), et ce chapitre ouvre la section que l'on appelle souvent le « code de sainteté » (Lévitique 17 à 26). Dieu y règle deux questions très concrètes. D'abord, tout animal de sacrifice doit être amené à l'entrée de la tente d'assignation : fini les autels improvisés dans les champs. Ensuite, le sang ne doit jamais être mangé, ni par l'Israélite ni par l'étranger qui vit au milieu du peuple. La raison est donnée au verset 11, l'un des versets les plus importants de tout l'Ancien Testament pour comprendre le sacrifice : la vie est dans le sang, et Dieu l'a donné sur l'autel pour l'expiation. Ce chapitre prépare ainsi toute la théologie de la croix.
Leçons pour aujourd'hui
1. Dieu seul fixe le lieu où l'on s'approche de lui
"C'est afin que les enfants d'Israël, au lieu de sacrifier leurs victimes dans les champs, les amènent au sacrificateur, devant l'Éternel, à l'entrée de la tente d'assignation, et qu'ils les offrent à l'Éternel en sacrifices d'actions de grâces." (Lévitique 17:5)
L'Israélite ne pouvait pas choisir son autel. Offrir ailleurs que devant le tabernacle, même avec sincérité, valait d'être « retranché » de son peuple (Lévitique 17:9).
Notre époque pense exactement l'inverse : chacun trace son chemin vers Dieu, et la sincérité suffirait. L'Écriture répond que Dieu n'est pas un bien que l'homme s'approprie à sa manière. Il a désigné lui même le seul lieu de rencontre, et ce lieu porte aujourd'hui un nom : Jésus Christ, l'unique médiateur (Jean 14:6 ; 1 Timothée 2:5).
2. Le cœur humain produit des idoles sans cesse
"Ils n'offriront plus leurs sacrifices aux boucs, avec lesquels ils se prostituent. Ce sera une loi perpétuelle pour eux et pour leurs descendants." (Lévitique 17:7)
Ce verset révèle ce que cachaient les sacrifices « dans les champs » : un culte rendu à des puissances démoniaques, que la Bible appelle une prostitution (1 Corinthiens 10:20). Israël sortait d'Égypte, mais l'Égypte n'était pas sortie de son cœur. Calvin l'a résumé en une formule célèbre de l'Institution chrétienne : le cœur de l'homme est une fabrique perpétuelle d'idoles.
Nos idoles ont changé de visage, confort, réputation, sécurité, image de soi, mais le penchant reste le même. C'est pourquoi Dieu ne se contente pas de dénoncer l'idolâtrie : il ramène son peuple à l'autel qu'il a lui même établi.
3. La vie est dans le sang, et Dieu la donne pour l'expiation
"Car l'âme de la chair est dans le sang. Je vous l'ai donné sur l'autel, afin qu'il servît d'expiation pour vos âmes, car c'est par l'âme que le sang fait l'expiation." (Lévitique 17:11)
Voici le cœur du chapitre. Le sang représente la vie, et la vie répandue représente la mort d'un substitut à la place du coupable. Remarquez les mots « je vous l'ai donné » : l'expiation n'est pas une invention humaine pour apaiser Dieu, c'est un don de Dieu pour sauver l'homme. Le salut vient d'en haut, par grâce seule. Le Nouveau Testament confirme cette loi du sacrifice : "Et presque tout, d'après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n'y a pas de pardon." (Hébreux 9:22).
Le péché ne se répare ni par des bonnes résolutions ni par des larmes : il faut qu'une vie soit donnée.
4. Le sang des animaux annonçait un sang meilleur
"C'est pour cela que Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte." (Hébreux 13:12)
Israël ne devait pas manger le sang, car il appartenait à Dieu seul (Lévitique 17:12, 14). Mais ce sang d'animaux, répété chaque jour, ne pouvait pas ôter les péchés (Hébreux 10:4). Il pointait vers le sang du Fils, versé une fois pour toutes. John Owen a montré avec force, dans La mort de la mort dans la mort de Christ, que ce sang n'a pas seulement rendu le salut possible : il a réellement accompli la rédemption de ceux que le Père a donnés au Fils.
Vous n'avez donc rien à ajouter au sacrifice de Christ. Vous avez à le recevoir par la foi, et à vous y reposer entièrement.
Conclusion
Lévitique 17 nous conduit du parvis du tabernacle jusqu'au pied de la croix. Le Dieu qui exigeait le sang est aussi le Dieu qui l'a donné, et en Christ il a donné le sien. À lui seul soient la gloire et la reconnaissance, pour une grâce que nous n'aurions jamais pu produire.
Question(s) pour la réflexion
Quels « autels dans les champs » votre cœur est il tenté de dresser, ces lieux où vous cherchez sécurité, pardon ou paix en dehors de Christ ?
Qu'est ce qui change concrètement dans votre manière d'approcher Dieu lorsque vous vous souvenez que l'expiation est un don qu'il vous a fait, et non une dette que vous devez encore régler ?




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