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LÉVITIQUE 18 - Une sainteté qui ne se règle pas sur le monde

27 août
4 min de lecture
lévitique 18

Contexte historique

Israël campe au pied du Sinaï. Le peuple vient de quitter l'Égypte et s'apprête à entrer en Canaan, deux civilisations dont les mœurs sexuelles étaient profondément corrompues : unions incestueuses, adultère, pratiques homosexuelles, bestialité, et jusqu'au sacrifice d'enfants à Moloc. Après les lois sur les sacrifices et la pureté rituelle, Lévitique 18 ouvre une nouvelle section, souvent appelée « code de sainteté » (chapitres 17 à 26). Dieu y encadre la sexualité et la famille, en répétant comme un sceau : « Je suis l'Éternel, votre Dieu. » Le chapitre s'achève sur un avertissement solennel : la terre elle même rejette ceux qui la souillent, et Israël n'échappera pas à ce jugement s'il imite les nations.


Leçons pour aujourd'hui

1. Le peuple de Dieu ne prend pas ses repères autour de lui

"Vous ne ferez point ce qui se fait dans le pays d'Égypte où vous avez habité, et vous ne ferez point ce qui se fait dans le pays de Canaan où je vous mène : vous ne suivrez point leurs usages." (Lévitique 18:3)

Israël se trouvait entre un passé et un avenir également corrompus.

Nous connaissons la même tension : ce que nous étions avant la conversion, et la culture qui nous entoure aujourd'hui. Dieu ne dit pas « faites mieux que les autres », il dit « ne suivez pas leurs usages ». La norme n'est ni la tradition dont nous sortons, ni l'opinion majoritaire du moment, mais la Parole de Celui qui nous a rachetés (Romains 12:2). Ce qui est devenu banal autour de nous n'est pas devenu juste pour autant.


2. La loi de Dieu est donnée à un peuple déjà racheté

"Vous observerez mes lois et mes ordonnances : l'homme qui les mettra en pratique vivra par elles. Je suis l'Éternel." (Lévitique 18:5)

L'ordre est capital : « Je suis l'Éternel, votre Dieu » précède les commandements. Israël n'obéit pas pour devenir le peuple de Dieu ; il obéit parce qu'il l'est déjà. Paul reprendra ce verset pour montrer que nul ne peut être justifié par l'accomplissement de la loi (Romains 10:5 ; Galates 3:12). Un seul homme l'a pratiquée entièrement : Jésus Christ, qui a porté à notre place la malédiction due aux transgresseurs (Galates 3:13).

Pour le croyant, la loi n'est plus une échelle vers le ciel, mais le chemin de vie tracé par un Père.


3. Dieu seul définit ce qui est une abomination

"Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination." (Lévitique 18:22)

Ce verset est aujourd'hui l'un des plus combattus de l'Écriture. On le présente volontiers comme une règle cérémonielle dépassée. Mais il se trouve dans une liste qui condamne aussi l'inceste, l'adultère et le meurtre d'enfants, des interdits que personne ne songe à abolir ; et le Nouveau Testament confirme ce jugement moral (Romains 1:26 et 27 ; 1 Corinthiens 6:9 et 10). R.C. Sproul rappelait que le problème profond de l'homme moderne n'est pas d'abord sa morale, mais une vision appauvrie de la sainteté de Dieu.

Quand Dieu parle, l'Église n'a pas à négocier : elle a à se soumettre, avec humilité, sachant qu'elle aussi a été tirée de la boue.


4. Le péché souille jusqu'à la terre

"Le pays en a été souillé ; je punirai son iniquité, et le pays vomira ses habitants." (Lévitique 18:25)

L'image est volontairement saisissante. Le péché sexuel n'est pas une affaire privée sans conséquence : il corrompt les familles, les générations et la société entière. Dieu a patienté longtemps avec les Amoréens, jusqu'à ce que leur iniquité soit à son comble (Genèse 15:16), puis il a jugé. Et il avertit Israël : le même jugement l'attend s'il imite ces nations (Lévitique 18:28).

Aucune culture, aucune Église, n'est au dessus de cette sentence.


5. L'Évangile lave ce que la loi condamne

"Et c'est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ, et par l'Esprit de notre Dieu." (1 Corinthiens 6:11)

Lévitique 18 ne laisse personne innocent, car Jésus a porté la loi jusqu'au regard et au désir du cœur (Matthieu 5:28). Mais la même Parole qui démasque le péché annonce le pardon. À Corinthe, l'Église comptait d'anciens débauchés, adultères et homosexuels, désormais lavés par le sang de Christ. Spurgeon ne se lassait pas de proclamer qu'aucun péché n'est trop noir pour le sang de Jésus ; mais ce sang ne pardonne jamais le péché pour le laisser régner.

La grâce ne justifie pas le péché ; elle justifie le pécheur, et le transforme.


Conclusion

Lévitique 18 nous oblige à choisir notre maître : les usages du monde ou la voix de l'Éternel. Ce choix ne naît pas de la force de notre volonté, mais de la grâce du Dieu qui nous a d'abord rachetés, lavés et mis à part pour lui. À lui seul soit la gloire d'un peuple saint au milieu d'une génération qui ne l'est pas.


Question(s) pour la réflexion

Dans quel domaine de votre vie avez vous laissé les usages de votre entourage, plutôt que la Parole de Dieu, fixer ce qui vous paraît normal ?

En quoi le fait d'avoir été lavé, sanctifié et justifié en Christ transforme-t-il la manière dont vous regardez votre propre passé et celui des autres ?

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