LÉVITIQUE 20 - Le Dieu qui sanctifie ne tolère aucun rival

Contexte historique
Israël est toujours au pied du Sinaï, avant d'entrer en Canaan. Le chapitre 18 avait énoncé les interdits : Moloc, relations sexuelles illicites, pratiques des nations. Le chapitre 20 fixe maintenant les sanctions. Le culte de Moloc, divinité à laquelle on sacrifiait des enfants par le feu, ouvre la liste ; suivent le recours aux morts et aux esprits, la malédiction des parents et une série de péchés sexuels. La peine est souvent la mort ou le retranchement du peuple. Ces lois civiles concernaient Israël en tant que nation théocratique ; elles ont pris fin avec cet État, mais la sainteté qu'elles protégeaient demeure. Au centre et à la fin du chapitre, deux phrases donnent la clé : Dieu sanctifie son peuple, et il l'a séparé des nations pour qu'il soit à lui.
Leçons pour aujourd'hui
1. Dieu prend personnellement le péché de son peuple
"Et moi, je tournerai ma face contre cet homme, et je le retrancherai du milieu de son peuple, parce qu'il a livré de ses enfants à Moloc, souillé mon sanctuaire et profané mon saint nom." (Lévitique 20:3)
Le texte ne présente pas l'idolâtrie comme une simple faute morale, mais comme une offense directe contre Dieu : son sanctuaire est souillé, son nom est profané. Et la communauté qui détourne les regards devient complice (v. 4 et 5). Notre époque sacrifie encore ses enfants sur d'autres autels : le confort, la carrière, l'avortement, l'abandon spirituel des plus jeunes. Le peuple de Dieu ne peut pas regarder ailleurs.
Aujourd'hui, l'Église ne tient pas le glaive de l'État, mais elle exerce la discipline que Christ lui a confiée (1 Corinthiens 5:13) et elle proclame que Dieu voit.
2. Aucune autre voix que celle de Dieu
"Si quelqu'un s'adresse aux morts et aux esprits, pour se prostituer après eux, je tournerai ma face contre cet homme, je le retrancherai du milieu de son peuple." (Lévitique 20:6)
Consulter les morts ou les esprits, c'est chercher ailleurs une parole que Dieu n'a pas donnée. L'Écriture appelle cela une prostitution : une infidélité envers l'Époux. Ésaïe le dira clairement : c'est son Dieu qu'un peuple doit consulter, et non les morts en faveur des vivants (Ésaïe 8:19 et 20). Voyance, horoscopes, spiritisme, « messages » prétendument reçus du monde des morts : tout cela détourne de la seule voix qui fait autorité. Dieu a parlé de manière suffisante dans son Fils et dans les Écritures (Hébreux 1:1 et 2 ; 2 Timothée 3:16 et 17).
Celui qui cherche une parole supplémentaire a déjà commencé à douter de cette Parole.
3. Vous vous sanctifierez, car c'est lui qui vous sanctifie
"Vous vous sanctifierez et vous serez saints, car je suis l'Éternel, votre Dieu. Vous observerez mes lois, et vous les mettrez en pratique. Je suis l'Éternel, qui vous sanctifie." (Lévitique 20:7 et 8)
Remarquez ces deux affirmations placées côte à côte : « vous vous sanctifierez » et « je suis l'Éternel, qui vous sanctifie ». La sainteté est réellement votre responsabilité, et elle est entièrement l'œuvre de Dieu. Il n'y a là aucune contradiction : c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire (Philippiens 2:12 et 13). Augustin priait : « Donne ce que tu commandes, et commande ce que tu veux. »
L'effort du croyant n'est pas la source de sa sainteté, il en est le fruit ; mais ce fruit est réel, et il ne pousse pas dans la paresse spirituelle.
4. Séparés pour lui appartenir
"Vous serez saints pour moi, car je suis saint, moi, l'Éternel; je vous ai séparés des peuples, afin que vous soyez à moi." (Lévitique 20:26)
La séparation n'est pas d'abord un « non » au monde, mais un « oui » à Dieu. Le Seigneur ne met pas son peuple à part pour l'isoler, mais pour le posséder : « afin que vous soyez à moi ». Les usages des nations (v. 23) ne sont pas neutres ; ils portent la marque de peuples que Dieu a en abomination. Pierre applique cette identité à l'Église : une race élue, une nation sainte, un peuple acquis (1 Pierre 2:9). John Owen rappelait qu'il faut sans cesse faire mourir le péché, sinon c'est lui qui nous fera mourir. Appartenir à Dieu ne se vit pas à moitié.
Conclusion
Lévitique 20 montre la gravité du péché en montrant d'abord la grandeur de Celui qu'il offense. Aucun d'entre nous ne résiste devant cette loi ; mais Christ a porté à notre place la sentence qu'elle prononce, et par une seule offrande, il a rendu parfaits pour toujours ceux qui sont sanctifiés (Hébreux 10:14). Le Dieu qui exige la sainteté est aussi celui qui la donne : à lui seul soit la gloire.
Questions pour la réflexion
Quelles sont les « autres voix » que vous consultez lorsque vous êtes inquiet ou dans l'incertitude, au lieu de chercher d'abord ce que Dieu a dit dans sa Parole ?
Quel usage de votre entourage est devenu le vôtre sans que vous l'ayez jamais examiné à la lumière de votre appartenance à Dieu ?




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