LÉVITIQUE 21 - Plus près de l'autel, plus grande la sainteté

Contexte historique
Israël campe encore au pied du Sinaï. Après les lois de sainteté adressées à tout le peuple (chapitres 18 à 20), Dieu se tourne maintenant vers ceux qui le servent de plus près : les sacrificateurs, fils d'Aaron. Le chapitre règle trois domaines. D'abord le deuil et le mariage des prêtres ordinaires, qui ne doivent pas se rendre impurs pour un mort, sauf pour leurs plus proches parents. Ensuite les exigences encore plus strictes imposées au souverain sacrificateur, qui ne peut porter le deuil ni même pour son père ou sa mère. Enfin les défauts corporels qui empêchent un descendant d'Aaron d'offrir les sacrifices, sans pour autant le priver de sa part des choses saintes. Un refrain traverse tout le chapitre : « je suis l'Éternel, qui vous sanctifie » (v. 8, 15 et 23).
Leçons pour aujourd'hui
1. Servir Dieu de près engage toute la vie
"Ils seront saints pour leur Dieu, et ils ne profaneront pas le nom de leur Dieu; car ils offrent à l'Éternel les sacrifices consumés par le feu, l'aliment de leur Dieu: ils seront saints." (Lévitique 21:6)
Le prêtre ne quittait pas sa sainteté en sortant du sanctuaire. Son deuil, son apparence, son mariage, et jusqu'à la conduite de sa fille (v. 9), tout rendait témoignage au Dieu qu'il servait.
Le Nouveau Testament maintient ce principe pour ceux qui conduisent l'Église : l'ancien doit être irréprochable, gouverner bien sa propre maison (1 Timothée 3:2 à 5). Mais il concerne aussi chaque croyant, puisque tous sont désormais un sacerdoce royal (1 Pierre 2:9). Il n'existe pas de chrétien « en service » le dimanche et « en congé » le reste de la semaine. Celui qui porte le nom de Dieu peut le profaner par sa vie ordinaire.
2. Le souverain sacrificateur que nous attendions
"Il ne sortira point du sanctuaire, et ne profanera point le sanctuaire de son Dieu; car l'huile d'onction de son Dieu est une couronne sur lui. Je suis l'Éternel." (Lévitique 21:12)
Le souverain sacrificateur devait rester inaccessible à toute souillure, même celle du deuil le plus légitime. Pourtant Aaron et ses fils étaient eux aussi des pécheurs, obligés d'offrir d'abord pour leurs propres fautes. Toute cette loi les dépassait et annonçait un autre : "Il nous convenait, en effet, d'avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux" (Hébreux 7:26).
Voici le paradoxe de l'Évangile : Christ, parfaitement séparé du péché, s'est approché des morts sans être souillé par eux, et c'est lui qui leur a rendu la vie. L'onction qui reposait comme une couronne sur la tête d'Aaron n'était que l'ombre de celle que l'Esprit a donnée sans mesure au Fils.
3. Exclu de l'autel, mais invité à la table
"Il pourra manger l'aliment de son Dieu, des choses très saintes et des choses saintes. Mais il n'ira point vers le voile, et il ne s'approchera point de l'autel, car il a un défaut corporel; il ne profanera point mes sanctuaires, car je suis l'Éternel, qui les sanctifie." (Lévitique 21:22 et 23)
Ce texte ne porte aucun jugement moral sur le handicap ; il est une leçon visible. À l'autel, Dieu voulait une image de la perfection. Calvin comme Matthew Henry y voient une figure de l'intégrité parfaite du Médiateur, que nul fils d'Aaron ne possédait. Mais remarquez la tendresse de la loi : le prêtre au corps blessé n'est pas chassé de la famille sacerdotale, il mange des choses très saintes.
Or nous sommes tous, spirituellement, aveugles, boiteux et difformes. Aucun de nous ne peut s'approcher de Dieu sur la base de ce qu'il est. Mais Christ, l'agneau sans défaut et sans tache (1 Pierre 1:19), a déchiré le voile (Matthieu 27:51) et nous ouvre un accès que la loi refusait. Le Maître du festin fait entrer les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux (Luc 14:21).
4. C'est Dieu qui sanctifie
"Tu regarderas un sacrificateur comme saint, car il offre l'aliment de ton Dieu; il sera saint pour toi, car je suis saint, moi, l'Éternel, qui vous sanctifie." (Lévitique 21:8)
Les exigences de ce chapitre écraseraient quiconque les lirait comme un programme de mérite. Mais le texte revient sans cesse à la même source : c'est l'Éternel qui sanctifie ses prêtres, leur descendance et ses sanctuaires.
La sainteté n'est pas une conquête humaine que Dieu viendrait récompenser ; elle est son œuvre, qu'il accomplit en ceux qu'il a mis à part. C'est pourquoi l'appel à la pureté n'est jamais désespérant pour le croyant : celui qui l'exige est aussi celui qui la produit (1 Thessaloniciens 5:23 et 24).
Conclusion
Lévitique 21 dresse un portrait que personne ne remplit, sinon Jésus Christ, le seul souverain sacrificateur sans défaut. En lui, les indignes sont reçus à la table de Dieu, et les pécheurs sont faits prêtres pour le servir. Qu'une telle grâce nous rende saints dans toute notre manière de vivre, pour la gloire de Celui qui nous sanctifie.
Questions pour la réflexion
Quel est le domaine ordinaire de votre vie (famille, travail, loisirs, relations) où vous oubliez le plus facilement que vous portez le nom de Dieu ?
Lorsque vous prenez conscience de vos « défauts » spirituels, quelle est votre première réaction envers Dieu, et quelle est la place de Christ dans cette réaction ?




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