LÉVITIQUE 22 - Acheté à prix d'argent pour la table sainte

Contexte historique
Israël campe toujours au pied du Sinaï, et Dieu poursuit, par la bouche de Moïse, la législation qui encadre la vie des sacrificateurs. Après avoir réglé au chapitre 21 la sainteté de leur personne, le Seigneur règle ici leur rapport aux choses saintes. La première partie (v. 1 à 16) précise qui peut manger la part des offrandes réservée à la maison d'Aaron : jamais un prêtre en état d'impureté, jamais un étranger ni un salarié, mais bien l'esclave acheté et la fille revenue sous le toit paternel. La seconde partie (v. 17 à 33) exige que toute victime offerte soit sans défaut, afin d'être agréée. Le refrain qui scande tout le chapitre, « Je suis l'Éternel, qui les sanctifie », en donne la clé : la sainteté du culte ne repose pas sur la valeur de l'homme, mais sur la sainteté de Dieu seul.
Leçons pour aujourd'hui
1. Servir Dieu n'autorise jamais à traiter la sainteté à la légère
"Parle à Aaron et à ses fils, afin qu'ils s'abstiennent des choses saintes qui me sont consacrées par les enfants d'Israël, et qu'ils ne profanent point mon saint nom. Je suis l'Éternel." (Lévitique 22:2)
Ceux que Dieu reçoit le plus près de lui sont précisément ceux qu'il avertit le plus sévèrement. Le prêtre souillé n'est pas dispensé de la règle parce qu'il est prêtre ; il est au contraire plus exposé, car il manie ce qui appartient à Dieu. Ce principe traverse toute l'Écriture : le jugement commence par la maison de Dieu (1 Pierre 4:17).
Pasteurs, enseignants, responsables, et plus largement tous les croyants que l'Écriture appelle un sacerdoce royal (1 Pierre 2:9), n'ont pas à s'habituer au sacré. La familiarité avec les choses de Dieu, lorsqu'elle n'est plus accompagnée de crainte, devient la porte de la profanation.
2. Seul celui qui appartient au maître mange à sa table
"Mais un esclave acheté par le sacrificateur à prix d'argent pourra en manger, de même que celui qui est né dans sa maison ; ils mangeront de sa nourriture." (Lévitique 22:11)
Le détail est saisissant. Celui qui demeure chez le prêtre et l'ouvrier qu'il paie restent exclus (v. 10), mais l'esclave acheté entre dans la famille et partage la nourriture sainte. Ce n'est ni la proximité ni le service rendu qui ouvrent l'accès, c'est l'appartenance.
Voilà l'Évangile en germe : nul n'entre dans la communion de Dieu comme un salarié qui aurait mérité sa place, mais comme un racheté qui ne s'appartient plus (1 Corinthiens 6:19 et 20). Vous qui êtes en Christ, vous n'êtes pas des employés du Royaume qui craignent de perdre leur place ; vous êtes la propriété acquise du grand Souverain Sacrificateur, et c'est à ce titre que vous mangez à sa table.
3. Dieu n'agrée que ce qui est sans défaut
"prendra un mâle sans défaut parmi les bœufs, les agneaux ou les chèvres, afin que sa victime soit agréée. Vous n'en offrirez aucune qui ait un défaut, car elle ne serait pas agréée." (Lévitique 22:19 et 20)
Aucune bête aveugle, estropiée ou malade ne pouvait monter sur l'autel. Israël l'oubliera pourtant, et Malachie reprochera au peuple d'offrir à Dieu ce qu'il n'oserait pas présenter à son gouverneur (Malachie 1:8). Cette exigence nous condamne d'abord : aucun de nous n'est sans défaut, et rien de ce que nous tirons de notre propre fonds ne peut être agréé. Mais elle nous conduit ensuite vers celui qui l'a pleinement accomplie, puisque nous avons été rachetés « par le sang précieux de Christ, comme d'un agneau sans défaut et sans tache » (1 Pierre 1:19). Parce que ce sacrifice parfait a été agréé à notre place, nos offrandes de reconnaissance deviennent à leur tour agréables en lui (Romains 12:1). Spurgeon exhortait souvent ses auditeurs à ne pas réserver à Dieu les restes de leur temps et de leurs forces : celui qui a donné le meilleur du ciel mérite le premier fruit de notre vie, non ce qui demeure quand tout le reste a été servi.
4. C'est l'Éternel qui sanctifie
"Vous ne profanerez point mon saint nom, afin que je sois sanctifié au milieu des enfants d'Israël. Je suis l'Éternel, qui vous sanctifie, et qui vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour être votre Dieu. Je suis l'Éternel." (Lévitique 22:32 et 33)
Le chapitre se clôt sur l'ordre véritable des choses. Dieu ne dit pas : commencez par vous rendre saints, et je deviendrai votre Dieu. Il dit : je vous ai délivrés d'Égypte, je suis votre Dieu, et c'est moi qui vous sanctifie. L'obéissance découle de la rédemption, elle ne la précède jamais. A. W. Tozer affirmait que ce qui nous vient à l'esprit lorsque nous pensons à Dieu est ce qu'il y a de plus important à notre sujet. Celui qui contemple la sainteté de Dieu cessera de profaner son nom, non par une peur servile, mais parce qu'il comprend enfin qui l'a racheté.
Conclusion
Lévitique 22 dresse une barrière que nul ne peut franchir par ses propres mérites : il faut être pur, il faut appartenir à la maison, il faut une victime sans défaut. Tout cela, Christ l'a pourvu. À lui, l'Agneau sans tache qui nous a achetés et nous fait asseoir à sa table, soit la gloire aux siècles des siècles.
Question(s) pour la réflexion
Quels signes, dans votre manière de servir Dieu, montrent que vous vivez davantage comme un salarié qui cherche à mériter sa place, ou comme un racheté qui mange à la table de son Maître par pure grâce ?
Quelle part de votre temps et de votre cœur sera, cette semaine, le premier fruit offert à Dieu, et non ce qui reste lorsque tout le reste a été servi ?




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