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LÉVITIQUE 24 - La lumière qui ne s'éteint pas et le Nom qui ne se profane pas

3 sept.
4 min de lecture
lévitique

Contexte historique

Israël campe encore au pied du Sinaï, et le tabernacle est dressé au milieu du peuple. Après le calendrier des fêtes du chapitre 23, l'Éternel revient au service quotidien du lieu saint : l'huile pure qui alimente le chandelier d'or, et les douze pains rangés chaque sabbat sur la table d'or, devant sa face. Puis le récit bascule brutalement. Le fils d'un Égyptien et d'une Israélite se querelle dans le camp, blasphème et maudit le nom de Dieu. Moïse ne tranche pas de lui même : il attend la parole de l'Éternel. La sentence tombe, la mort par lapidation, et elle est accompagnée d'une loi de justice proportionnée, valable pour l'étranger comme pour l'indigène. Ce chapitre réunit ainsi deux réalités inséparables : la présence de Dieu au milieu de son peuple et la sainteté redoutable de son Nom.


Leçons pour aujourd'hui


1. Une lumière qui brûle continuellement

"Ordonne aux enfants d'Israël de t'apporter pour le chandelier de l'huile pure d'olives concassées, afin d'entretenir les lampes continuellement." (Lévitique 24:2)

Le chandelier ne devait jamais s'éteindre dans la nuit. Mais remarquez que l'huile venait du peuple, et qu'elle était pure, tirée d'olives concassées. La lumière du sanctuaire coûtait quelque chose. Cette lumière annonçait Celui qui dirait : Je suis la lumière du monde (Jean 8:12). C'est lui qui fait briller son Église, et c'est par son Esprit qu'elle demeure lumière dans un monde enténébré (Matthieu 5:14 à 16 ; Apocalypse 1:20).

La question n'est donc pas de produire notre propre éclat, mais de demeurer en lui, jour après jour, dans la prière et la Parole, afin que la flamme ne vacille pas dans les nuits de l'épreuve.


2. Toujours devant la face de Dieu

"Chaque jour de sabbat, on rangera ces pains devant l'Éternel, continuellement: c'est une alliance perpétuelle qu'observeront les enfants d'Israël." (Lévitique 24:8)

Douze pains, autant que de tribus. Aucune n'était oubliée, aucune n'était absente de la table placée devant l'Éternel. Quelle image de la fidélité de Dieu envers son peuple ! Comme le souligne Matthew Henry, ces pains représentaient Israël tout entier présenté devant Dieu, et nous voyons en Christ notre grand Souverain Sacrificateur, qui porte devant le Père chacun de ceux qui lui ont été donnés (Hébreux 7:25 ; Jean 17:9).

Vous n'êtes pas oublié. Si vous êtes en Christ, votre nom ne disparaît pas de devant la face de Dieu, même lorsque vous vous sentez loin de lui. Et ce pain, Christ l'est aussi pour nous : il est le pain de vie qui nourrit l'âme (Jean 6:35).


3. Le Nom de Dieu n'est pas une chose légère

"Celui qui blasphémera le nom de l'Éternel sera puni de mort: toute l'assemblée le lapidera. Qu'il soit étranger ou indigène, il mourra, pour avoir blasphémé le nom de Dieu." (Lévitique 24:16)

Le contraste est saisissant : à peine a-t-on contemplé la lumière et le pain de la présence divine que surgit un homme qui maudit le Nom.

Notre époque traite le nom de Dieu avec une légèreté effrayante, y compris parfois dans l'Église, par des paroles faciles, des promesses prononcées en son nom qu'il n'a jamais faites, ou une louange devenue spectacle. Le troisième commandement n'a pas été aboli (Exode 20:7). La sentence de Lévitique 24 relevait du gouvernement théocratique d'Israël, et l'Église n'a pas reçu le glaive ; mais la gravité du péché, elle, demeure entière. Le blasphème mérite la mort, et c'est précisément pourquoi la croix est nécessaire : Christ a été conduit hors du camp (Hébreux 13:12), condamné comme blasphémateur alors qu'il était le Saint, afin de porter la malédiction que nous méritions (Galates 3:13).


4. Une justice droite, non une vengeance

"fracture pour fracture, oeil pour oeil, dent pour dent; il lui sera fait la même blessure qu'il a faite à son prochain." (Lévitique 24:20)

"Vous aurez la même loi, l'étranger comme l'indigène; car je suis l'Éternel, votre Dieu." (Lévitique 24:22)

Cette loi n'est pas une permission de se venger, mais une limite posée à la vengeance et une règle confiée aux juges. La peine doit être proportionnée, et la même pour tous, car le fondement de la justice est le caractère de Dieu lui même : je suis l'Éternel. Calvin rappelait que cette règle concernait les magistrats et non les particuliers, et que Jésus, en Matthieu 5:38 à 39, ne l'abolit pas mais condamne ceux qui en faisaient un prétexte à la rancune personnelle.

Lorsque vous êtes blessé, remettez votre cause à Celui qui juge justement (Romains 12:19 ; 1 Pierre 2:23). Et lorsque vous exercez une autorité, quelle qu'elle soit, ne faites acception de personne.


Conclusion

Lévitique 24 nous place entre la lampe et la pierre : d'un côté la grâce d'un Dieu qui habite au milieu des siens, de l'autre la sainteté d'un Dieu qui ne tient pas le coupable pour innocent. Ces deux réalités se rencontrent à la croix, où Christ, lumière du monde et pain de vie, a été mis hors du camp à notre place. À lui seul soient la gloire et l'adoration, et que son Nom soit sanctifié dans nos bouches comme dans nos vies.


Question(s) pour la réflexion

De quelle manière votre façon de parler de Dieu, en public comme en privé, révèle t-elle le poids réel que vous accordez à la sainteté de son Nom ?

Quelle blessure reçue êtes-vous tenté de régler vous même, et que signifierait concrètement la remettre aujourd'hui entre les mains du juste Juge ?

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