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NOMBRES 16 - Quand l'ambition se déguise en piété

22 sept.
3 min de lecture
Nombres 16

Contexte historique

Israël erre dans le désert après le refus d'entrer en Canaan (Nombres 14). Le peuple est épuisé, humilié, et la contestation gronde. C'est dans ce climat qu'éclate la révolte de Koré, un Lévite de la famille de Kehath, soutenu par Dathan, Abiram et On, de la tribu de Ruben, et par deux cent cinquante notables de l'assemblée. Ils s'attaquent à l'autorité de Moïse et au sacerdoce d'Aaron. Derrière le discours égalitaire se cache un orgueil blessé : Koré, déjà honoré d'un service au tabernacle, veut aussi la prêtrise. Dieu tranche : la terre engloutit les meneurs, le feu consume les porteurs d'encens, puis une plaie frappe l'assemblée qui accuse Moïse et Aaron. L'intercession d'Aaron, l'encensoir à la main, arrête la mort. Ce chapitre rappelle que Dieu seul choisit ceux par qui il s'approche de son peuple, et que l'approche de Dieu n'est possible que par la médiation qu'il a lui-même établie.


Leçons pour aujourd'hui


1. Le langage de la sainteté peut cacher la révolte

"Ils s'assemblèrent contre Moïse et Aaron, et leur dirent: C'en est assez! car toute l'assemblée, tous sont saints, et l'Éternel est au milieu d'eux. Pourquoi vous élevez-vous au-dessus de l'assemblée de l'Éternel ?" (Nombres 16:3)

Les rebelles ne disent rien de faux sur le fond : Israël est bien un peuple mis à part, et Dieu habite au milieu de lui. Mais ils retournent une vérité contre l'ordre que Dieu a établi.

Nous connaissons cette tentation : invoquer l'égalité des croyants, la liberté de conscience ou l'authenticité spirituelle pour refuser toute autorité que Dieu a instituée dans son Église. Une vérité détachée de la volonté de Dieu devient un instrument d'orgueil. Examinez ce qui motive vos critiques : est-ce le zèle pour la gloire de Dieu, ou le désir d'être reconnu ?


2. L'ingratitude pour ce que Dieu a donné ouvre la porte à la convoitise

"Est-ce trop peu pour vous que le Dieu d'Israël vous ait choisis dans l'assemblée d'Israël, en vous faisant approcher de lui, afin que vous soyez employés au service du tabernacle de l'Éternel, et que vous vous présentiez devant l'assemblée pour la servir?" (Nombres 16:9)

Moïse touche le cœur du problème. Koré avait reçu un privilège immense, mais il ne le regardait plus comme une grâce. Quand le cœur oublie que tout est reçu, il se met à mesurer ce qui lui manque. Le remède réformé est constant : la grâce seule. Si tout vient de Dieu, il n'y a plus de place ni pour la jalousie ni pour la prétention.

Redécouvrez ce que Dieu vous a déjà confié, et servez-le là où il vous a placés avec joie plutôt qu'avec envie.


3. Dieu prend au sérieux la manière dont on s'approche de lui

"La terre ouvrit sa bouche, et les engloutit, eux et leurs maisons, avec tous les gens de Koré et tous leurs biens." (Nombres 16:32)

Ce jugement est terrible, et il le doit être. Il enseigne que Dieu n'est pas à notre disposition et qu'on ne vient pas à lui selon nos propres inventions.

Le Nouveau Testament y revient comme à un avertissement solennel (Jude 11). Dieu est saint, et son culte ne se négocie pas. Loin de nous rendre craintifs au point de fuir, cette sainteté doit nous conduire à recevoir avec humilité la voie qu'il a ouverte, celle que l'Écriture seule nous révèle.


4. Le seul recours devant la colère de Dieu est un médiateur qu'il a établi

"Moïse dit à Aaron: Prends le brasier, mets-y du feu de dessus l'autel, poses-y du parfum, va promptement vers l'assemblée, et fais pour eux l'expiation; car la colère de l'Éternel a éclaté, la plaie a commencé." (Nombres 16:46)

Le même peuple qui vient d'accuser Aaron est sauvé par lui. Dieu garde sa miséricorde pour des gens qui ne la méritent pas. Aaron court au milieu des mourants et se place entre eux et le jugement. Tout cela pointe vers un Médiateur plus grand (Hébreux 7:25 ; 1 Timothée 2:5).

Jésus Christ est le seul Souverain Sacrificateur choisi par Dieu, et il ne s'est pas contenté de se tenir entre les morts et les vivants : il a pris sur lui la colère. Voilà pourquoi vous pouvez vous approcher de Dieu sans craindre d'être englouti.


Conclusion

Le chapitre commence par un homme qui veut une place que Dieu ne lui a pas donnée, et il s'achève par un sacrificateur qui se jette dans la brèche pour des ingrats. Que cette double scène vous garde de l'orgueil et vous attache davantage à Christ, notre seul Médiateur, à qui soit la gloire.


Question(s) pour la réflexion

Dans quel domaine de votre vie, ou dans votre rapport à l'Église, êtes-vous tenté de contester la place que Dieu vous a donnée ?

Qu'est-ce que le fait de pouvoir vous approcher de Dieu uniquement par Christ change concrètement dans votre manière de prier cette semaine ?

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