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  • JEAN CALVIN

PRÉDESTINÉS SELON LE BON PLAISIR DE DIEU



Lequel nous a prédestinés pour nous adopter pour lui par Jésus–Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce de laquelle il nous a rendus agréables en son bien–aimé. Eph 1:5-6


Tout ce qui s’ensuit augmentent encore davantage la louange de la grâce de Dieu. Nous avons dit à quelle fin Saint Paul proposait si vivement et si diligemment aux Éphésiens, Jésus Christ, l’adoption gratuite en lui et l’élection éternelle qui a précédé.

Mais parce qu’il n’y a point de passage où la miséricorde de Dieu soit si amplement et magnifiquement louée, il mérite bien d’être soigneusement noté.


Saint Paul exprime dans ce verset trois causes de notre salut et ajoutera peu après la quatrième :

  • La cause efficiente : c’est le bon plaisir de la volonté de Dieu

  • La cause matérielle : c’est Christ

  • La cause finale : c’est la louange de la grâce.


Voyons maintenant ce qu’il dit de chacune.

À la première appartient tous ce qui est compris en cette sentence : Dieu nous a prédestinés pour lui à l’adoption, selon le bon plaisir de sa volonté, et nous a rendus agréables par sa grâce.


En ce mot « prédestinés », il nous faut d’abord noter l’ordre. Il n’y a aucun mérite qui vienne de nous. Parce que la cause de notre salut procède de Dieu seul et non point de nous.

Saint Paul toutefois n’étant point content de ceci, ajoute « pour lui » signifiant par cela que Dieu n’a point cherché la cause hors de lui, mais nous a prédestinés, parce qu’il l’a voulu ainsi.

Mais ce qui s’ensuit après est encore plus clair "selon le bon plaisir de sa volonté". C’était assez de nommer la volonté, car Saint Paul a accoutumé de l’opposer à toutes causes venant d’ailleurs, par lesquelles on pense communément que Dieu soit incité. Mais afin qu’il n’y demeure aucune ambiguïté, il a encore mis en opposition « le bon plaisir », lequel mot exclue ouvertement et expressément tous mérites. Parce que quand le Seigneur nous adopte, il ne regarde point quels nous sommes et ne se réconcilie point avec nous pour aucune dignité de notre personne, mais il n’a pas d’autre cause que son bon plaisir éternel par lequel il nous a prédestinés.

Comment donc les contradicteurs n’ont-ils pas honte d’y mêler ou d’ajouter d’autres regards, vu que Saint Paul nous défend si soigneusement de considérer ici autre chose que le seul bon plaisir de Dieu.


Finalement afin qu’il n’oublie rien, il ajoute, « il nous a rendus agréables ».

Par ces mots, il signifie que maintenant Dieu nous aime et nous a rendus agréables par son amour gratuit et non pas mercenaire (c’est à dire fondé en quelque mérite ou cause venant de nous) comme il nous a élus avant que nous soyons nés, n’étant incité à le faire d’ailleurs que de lui-même.


Toutefois, pour la cause matérielle tant de l’élection éternelle, que de l’amour maintenant manifestée, il met Christ, lequel il appelle le « bien aimé », afin que nous sachions que l’Amour de Dieu découle en nous "par lui". Ainsi il est le « bien aimé » afin qu’il nous réconcilie.

Il ajoute tout de suite après la dernière et la principale fin, à savoir « la louange glorieuse de sa grâce » tant excellente.

Jean Calvin

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