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QU'EST-CE QUE LE RÈGNE DE DIEU ? "La cité de Dieu" de Augustin



Lorsque Jésus prie « que ton règne vienne », que demande-t-il exactement du Père ? Qu’est ce que le règne de Dieu ?


Cette question fait partie des débats théologiques les plus anciens et hautement contestés dans l’Église. Augustin, l’évêque de Hippo au cinquième siècle, adresse longuement ce sujet dans le magistral ouvrage La Cité de Dieu, écrit après la chute de l’empire Romain. Dans la période de l’après-Réforme (post-Reformation), la tradition Luthérienne a développé ce qui est maintenant connu comme la « Théologie des deux Royaumes » et qui analyse les différences entre ce qui appartient clairement au règne de l’homme et ce qui appartient clairement au règne de Dieu. Plus tard, au dix-neuvième siècle, le dispensationalisme classique enseigne que le règne était purement une réalité future, inauguré lors du règne millénaire du Christ.


Parmi ces tentatives à expliquer le règne (ou le royaume) de Dieu, La Cité de Dieu de Augustin s’est révélé être l’ouvrage le plus utile et le plus en phase avec les enseignements des Écritures. […]


Augustin emploie la métaphore d’une cité, une polis, pour décrire le royaume de Dieu et les royaumes de ce monde. En bâtissant sur les enseignements de Jésus sur les premier et second plus grands commandements (Matt 22.36-40), Augustin suggère que le Chrétien doit comprendre qu’il y a deux cités dans le monde. La première est la Cité de Dieu. Cette cité est celle de Dieu non seulement parce qu’il y réside mais parce que son caractère et son autorité la définissent.

Ici, l’autorité souveraine de Dieu est totale et sans conditions. Elle est organisée selon les règles et le règne de la loi de Dieu, et démontrent simultanément et en proportions égales sa justice, sa droiture, sa miséricorde, et sa sainteté.

Ainsi dans la cité de Dieu, tout est exactement comme Dieu le souhaite. Le désir de chaque Chrétien est de vivre dans cette cité.


Par la grâce de Dieu et la puissance de l’évangile, Paul indique que nous avons déjà été faits citoyens de la cité de Dieu (Php 3:20). Cette citoyenneté nous est donnée par la promesse divine, bien que nous n’y résidons par encore.


En attendant, chaque Chrétien vit et fait l’expérience d’une autre cité bien différente : la Cité de l’Homme. Bien que Jésus-Christ soit Seigneur et Souverain, il est aussi patient et permet aux êtres humains d'exercer une responsabilité morale.

Par conséquent, la Cité de l’Homme n’est pas comme il faudrait.

Contrairement à la Cité de Dieu, la Cité de l’Homme est caractérisée par l’égoïsme, l’impiété, des oppositions et des conflits.

La Cité de l’Homme est temporaire – à la fois créée et soumise à conditions. Elle n’existe pas en ses termes propres, bien que Paul a clairement montré en Romains 1 que la Cité de l’Homme refuse de reconnaître son statut de créature et de dépendance.


Augustin pensait qu’il était crucial de comprendre que la Cité de Dieu était une chose à venir qui ne disparaîtrait jamais, alors que la Cité de l’Homme est dès à présent une chose passagère. Et il avertit l’Église de ne pas confondre l’une avec l’autre. L’avertissement reste valide pour l’Église aujourd’hui.


Augustin argumente aussi que les deux cités sont caractérisées par un amour principal :

L’amour de l’homme anime la Cité de l’Homme, alors que l’amour de Dieu anime la Cité de Dieu.

Le problème avec l’amour qui anime la Cité de l’Homme est que cet amour est centré sur soi et plein d’ambitions égoïstes. En d’autres mots, nous n’aimons que ceux de notre tribu, clan ou famille. L’amour qui anime la Cité de l’Homme n'est ni complet, ni désintéressé. Il garde plutôt ses intérêts avec acharnement.

Avec Rome comme modèle de la Cité de l’Homme, les mots de Augustin s’avéraient véridiques face au regard de l’Église. Le travail de Augustin révèle à l’Église que malgré son apogée, Rome s’écroulait déjà parce qu’elle était bâtie sur le mauvais amour. En contraste, même si l’Église paraît faible, inefficace, et peu glorieuse, elle va, à elle seule, endurer, parce qu’elle est construite sur le véritable Amour, celui de Dieu et des choses de Dieu. Si nous manquons de voir cela, c’est parce que nous avons tendance à voir les choses qui passent comme celles qui viennent, et celles qui viennent comme celles qui passent.


La discussion de Augustin sur les deux cités nous rappelle que le royaume de Dieu n’est pas quelque chose qui fait partie des systèmes politiques de ce monde. Aucun gouvernement sur terre ne peut vraiment représenter le royaume de Dieu. En revanche, les Chrétiens sont citoyens d’un royaume qui arrivera un jour dans sa gloire accomplie. Notre espoir n’est pas que les gouvernements de ce monde se transforment en royaume de Dieu, mais que le royaume de Dieu vienne du ciel sur la terre en puissance et gloire.



R.Albert Mohler

The Prayer that turns the world upside down :

the Lord’s prayer as a manifesto for revolution

Traduction : Audrey David

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