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QU'EST-CE QUE TU VEUX DE JÉSUS ?

jésus

Il y a une question que l'on ne pose presque jamais à ceux qui se disent croyants. On leur demande : « Est-ce que tu crois en Jésus ? » On leur demande : « Est-ce que tu l'as accepté dans ton cœur ? » Parfois même : « Est-ce que tu es baptisé ? » Mais on ne leur pose pas la seule question qui révèle tout : Qu'est-ce que tu veux de lui ?

Il existe dans les Actes des Apôtres un homme qui aurait répondu oui à toutes les premières questions. Il croyait. Il était baptisé. Il suivait les apôtres. Et pourtant, Pierre lui dit en face : « Ton cœur n'est pas droit devant Dieu » (Ac 8:21). Cet homme, c'est Simon, le magicien de Samarie. Et son cas n'est pas une anecdote, c'est un miroir.


Simon le Magicien : tous les signes, aucune réalité


Quand Philippe arrive en Samarie et prêche Christ, les foules sont bouleversées. Des malades sont guéris, des démoniaques sont délivrés. Et au milieu de cette effusion, un homme se distingue : Simon. Ce Simon était lui-même un personnage de pouvoir, admiré, considéré comme « la grande puissance de Dieu » par ses contemporains (Ac 8:10). Il pratiquait la magie et avait capté les esprits de toute la région depuis longtemps.

Mais voilà qu'il voit quelque chose de plus grand. Et le texte nous dit : « Simon lui-même crut, et après avoir été baptisé, il restait constamment avec Philippe » (Ac 8:13). La Bible dit qu'il a cru. Il a été baptisé. Il s'est attaché à Philippe. Tout observateur extérieur aurait conclu : voilà un converti.

Jusqu'au moment où Pierre et Jean arrivent et imposent les mains pour que le Saint-Esprit soit donné. Simon voit cela et son cœur se révèle en une seule phrase : « Donnez-moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j'imposerai les mains reçoive le Saint-Esprit. » (Ac 8:19) Et il propose de l'argent pour l'acheter.

Ce que Simon voulait de Jésus, c'était un pouvoir supérieur. Pas un Sauveur. Pas un Seigneur. Un outil plus efficace que les précédents.

Sa foi était réelle, dans le sens où elle n'était pas feinte. Il ne jouait pas la comédie consciemment. Il avait sans doute été ému, impressionné, même touché. Mais cette émotion n'avait pas changé le fond de son désir. Il voulait avoir quelque chose, pas appartenir à quelqu'un. Et c'est cette distinction qui fait toute la différence entre une foi morte et une foi vivante.


Trois fois oui, et pourtant : la foi qui ne sauve pas


Il faut nommer clairement ce que les théologiens réformés ont toujours distingué, parce que c'est une question de vie ou de mort spirituelle.

  • Il y a d'abord ce qu'on appelle la foi historique : croire que les faits de l'Évangile sont vrais. Que Jésus est mort, qu'il est ressuscité, qu'il est le Fils de Dieu. Cette foi-là, l'Épître de Jacques nous dit que les démons l'ont et qu'ils tremblent (Jc 2:19). Simon l'avait.

  • Il y a ensuite la foi temporaire : une adhésion émotionnellement vive, que Jésus décrit dans la parabole du semeur comme le terrain pierreux. La Parole est reçue avec joie, dit-il. Il y a un enthousiasme réel, une réponse sincère sur le moment. Mais il n'y a pas de racine. Et quand la tribulation vient, quand suivre Christ coûte quelque chose, cette foi s'évapore. Simon était probablement là.

  • Et il y a la foi salvatrice, la seule qui sauve. Calvin la définit comme une connaissance ferme et certaine de la bienveillance de Dieu envers nous, fondée sur la promesse gratuite en Christ, révélée à l'intelligence et scellée dans le cœur par le Saint-Esprit. Ce qui la distingue n'est pas son intensité émotionnelle, ni sa durée, ni même sa clarté doctrinale, c'est son objet véritable : Christ lui-même, et non ce qu'il peut procurer.


Car voilà l'erreur que font des millions de personnes aujourd'hui. Elles viennent à Jésus pour la paix intérieure, pour la guérison, pour être délivrées d'une addiction, pour ne pas aller en enfer, pour remplir un vide existentiel. Ce sont de vraies souffrances, de vrais besoins. Et Jésus y répond, mais il n'est pas venu pour être le fournisseur de nos bien-êtres. Il est venu pour être notre Seigneur et notre Dieu. Et la foi qui ne saisit que les bénéfices sans saisir la personne n'est pas encore la foi qui sauve.


La vraie question : qu'est-ce que tu veux de lui ?


Pierre pose à Simon un diagnostic d'une précision chirurgicale : « Ton cœur n'est pas droit devant Dieu. » Pas ton intelligence. Pas tes émotions. Ton cœur, ce centre profond de la volonté, de l'affection, de ce qu'on aime vraiment.

C'est toujours là que tout se joue. On peut savoir par cœur le plan du salut et avoir un cœur qui n'a jamais été transformé. On peut pleurer d'émotion lors d'un culte et retourner chez soi exactement le même qu'avant. On peut répéter « je crois, je crois » des milliers de fois sans que ce « je crois » engage quoi que ce soit de l'être profond. Car la foi véritable n'est pas une formule que l'on prononce, c'est un mouvement du cœur entier vers Christ.

Et ce mouvement a des marques reconnaissables. Une conviction de péché qui précède le désir de salut : on ne vient pas à Christ parce qu'il est utile, mais parce qu'on sait qu'on est perdu et qu'il est le seul chemin. Une repentance qui n'est pas du regret ponctuel, mais un changement d'orientation : on tourne le dos à ce qu'on aimait pour se tourner vers lui. Et surtout, un désir de lui-même qui dépasse le désir de ses bienfaits.

Paul l'exprime avec une précision bouleversante : « Tout ce que j'avais de gain, je l'ai regardé comme une perte, à cause de Christ… afin de le connaître, lui » (Ph 3:7-10). Pas afin d'obtenir de lui. Afin de le connaître, lui. C'est ça, la foi qui sauve.

Il faut également comprendre que cette foi n'est pas une performance que l'homme accomplit pour mériter la régénération. L'Écriture renverse l'ordre que notre raison suppose naturellement. On ne croit pas d'abord pour naître de nouveau. On croit parce qu'on est déjà né de nouveau. « Alors que nous étions morts dans nos fautes, il nous a vivifiés » (Ep 2:5). Un mort ne se ressuscite pas. La foi salvatrice est elle-même un don « il vous a été fait grâce non seulement de croire en lui » (Ph 1:29).

C'est pourquoi Simon n'a pas pu acheter ce que Pierre avait. Ce que Pierre avait ne s'achète pas. Cela ne se mérite pas. Cela ne se produit pas par un effort de volonté. Cela se reçoit d'un Dieu qui, dans sa souveraineté et sa grâce, crée en nous un cœur nouveau capable de le désirer vraiment.

Alors, si tu te poses la question aujourd'hui, si tu te demandes si ta foi est réelle, ne te contente pas de te souvenir du jour où tu as « accepté Jésus ». Pose-toi cette question-là, honnêtement, devant Dieu :


Qu'est-ce que je veux de lui ?

Si la réponse est une liste de bénéfices (la réponse de Simon) alors c'est le moment de ne plus te contenter d'une foi de façade, et de crier vers Dieu qu'il te donne ce qu'il donne souverainement : un cœur nouveau, une foi véritable, et le désir de Christ lui-même.

Si la réponse est lui, imparfaitement, maladroitement, mais réellement lui, alors tu sais que cette foi, même fragile, est une foi qui vient d'en haut. Et elle ne peut pas périr « Celui qui vient à moi, je ne le mettrai pas dehors. » (Jn 6:37)


L. Gilman

1 commentaire

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Samira Djezzar
29 avr.
Noté 5 étoiles sur 5.

Amen! Tout est parfaitement expliqué, il n'y a rien à rajouter. Soyez bénie.

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