UN AUTRE JÉSUS, UN AUTRE ÉVANGILE, UN AUTRE ESPRIT

Paul lui même a dû affronter, à l'intérieur de l'Église, des hommes qui se disaient chrétiens et qui pourtant prêchaient un autre message. Il les appelle des faux apôtres, « des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ » (2 Corinthiens 11:13). Jean écrit, au sujet de ceux qui étaient sortis du milieu des croyants : « Ils n'étaient pas des nôtres, car s'ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous » (1 Jean 2:19). Et Pierre annonce : « Il y a eu parmi le peuple des faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux docteurs » (2 Pierre 2:1). Ce n'est donc pas une invention moderne, ni une hostilité envers qui que ce soit. Depuis les commencements de l'Église, il y a un Évangile et des contrefaçons, un Christ et de faux Christs, un Esprit et de faux esprits, et le reconnaître, c'est simplement se tenir avec ceux qui, depuis toujours, ont défendu la vérité.
Il y a une question que très peu de gens osent se poser en regardant une foule immense rassemblée, en pleine ferveur, le visage transporté par une émotion collective. Cette semaine encore, des dizaines de milliers de jeunes se sont rassemblés à Paris autour de la venue du pape. Les images sont belles, l'enthousiasme est réel, mais une question demeure, une question que Jésus lui même a posée avant nous. Combien, parmi cette foule, lisent la Bible chaque jour, la méditent vraiment, connaissent les commandements de Dieu et surtout lui obéissent concrètement ? Car Jésus a été très clair à ce sujet : celui qui l'aime vraiment, c'est celui qui garde ses commandements, et non celui qui ressent une émotion forte le temps d'un rassemblement ou qui confesse simplement lui appartenir.
Ce que je veux partager ici ne concerne aucune Église ni aucune dénomination en particulier, cela concerne quiconque se dit chrétien, quel que soit le nom inscrit sur la porte de l'endroit qu'il fréquente, dès lors que, sous couvert du nom de Jésus, on a construit un système qui éloigne de Lui plutôt que de rapprocher. Ce qui compte devant Dieu n'est jamais l'étiquette qu'on porte ni ce qu'on affirme être. La seule chose qui compte à ses yeux, c'est d'être réellement un disciple, et non pas seulement quelqu'un qui se dit chrétien. Ce n'est donc pas une question de camp ni de personnes, c'est une question de vérité.
La deuxième lettre de Paul aux Corinthiens pose exactement le cadre de cet article : « Car, si quelqu'un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous avons prêché, ou si vous recevez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre Évangile que celui que vous avez embrassé, vous le supportez fort bien » (2 Corinthiens 11:4). Un autre Jésus, un autre esprit, un autre évangile : voilà les trois portes par lesquelles l'ennemi s'introduit dans l'Église.
Je précise d'emblée une chose importante : je ne vais pas traiter ici tous les désaccords doctrinaux qui existent entre chrétiens, il y a des sujets secondaires sur lesquels de vrais enfants de Dieu peuvent différer sincèrement, sans que cela remette en cause leur salut. Ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Je veux parler de ce qui, très précisément, exclut du salut, de ce qui fait qu'on peut porter le nom de chrétien, fréquenter une église chaque dimanche, se dire croyant depuis toujours, et pourtant être complètement à côté de l'Évangile tel que Paul, Pierre, Jean, et Jésus lui même l'ont annoncé et l'ont vécu.
Un autre Jésus
Qu'est ce qu'un autre Jésus ? C'est un Jésus qu'on continue d'appeler par ce nom, mais dont on a discrètement changé l'identité, la place, ou l'œuvre. Cela peut prendre plusieurs formes, que l'on retrouve chez tous ceux qui se disent chrétiens :
Un Jésus qui partage sa gloire avec d'autres médiateurs
Chez beaucoup qui se disent chrétiens, on adresse des prières, des dévotions, une confiance réelle et quotidienne à Marie, aux saints, à des icônes, à des statues, à des reliques, à des apparitions, et on leur attribue une capacité à intercéder, à protéger, parfois même à accorder des grâces particulières. Ce n'est pas un détail de piété qu'on pourrait excuser par la culture ou la tradition, c'est un déplacement du culte qui appartient à Christ seul vers autre chose que Christ. L'Écriture est pourtant claire sur ce point : « Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus Christ homme » (1 Timothée 2:5). Un seul médiateur, pas deux, pas dix, un seul.
Un Jésus dont le sacrifice ne serait pas définitif
Présenter la messe comme un sacrifice qui offre de nouveau Christ, ou qui rend nécessaire un renouvellement de son offrande, revient à nier ce que l'épître aux Hébreux affirme sans détour. « C'est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l'offrande du corps de Jésus Christ, une fois pour toutes » (Hébreux 10:10), et « par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés » (Hébreux 10:14). Un Christ dont l'œuvre resterait incomplète ou à répéter n'est plus le Christ de la Bible, il est diminué dans l'identité même de son sacrifice. La doctrine adventiste du jugement investigatif, selon laquelle Christ serait entré en 1844 dans une seconde phase de son œuvre céleste consistant à examiner les dossiers des croyants avant son retour, touche au même principe, elle laisse entendre que l'œuvre de Christ à la croix ne suffisait pas seule à assurer le salut sans cette étape supplémentaire.
Un Jésus dont l'autorité et la position de chef de l'Église sont déplacées sur un homme
Appeler un homme Saint Père, et lui reconnaître une autorité suprême sur l'Église universelle, va directement à l'encontre de ce que Jésus enseigne lui même. « Et n'appelez personne sur la terre votre père ; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux » (Matthieu 23:9), et « Ne vous faites pas appeler directeurs ; car un seul est votre Directeur, le Christ » (Matthieu 23:10). Christ seul est la tête de l'Église (Colossiens 1:18), et aucun homme, aussi vénérable soit il, ne peut recevoir ce titre ou cette position sans usurper ce qui lui appartient en propre.
Un Jésus réduit à un seul de ses attributs, l'amour, en écartant sa sainteté et sa justice
Présenter un Jésus qui aimerait tout le monde et pardonnerait tout, sans jamais tenir compte du péché ni de la repentance, ce n'est prendre que la moitié de ce que Dieu révèle de lui même. « L'Éternel, l'Éternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu'à mille générations, qui pardonne l'iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent » (Exode 34:6-7). Dans la même phrase, Dieu se dit à la fois riche en amour et incapable de laisser le coupable impuni. Un Jésus qui ne serait qu'amour, sans jamais tenir compte du péché, n'est plus le Dieu des Écritures, il en est une caricature à moitié effacée.
Un Jésus totalement reconstruit, humanisé à l'excès
La série télévisée The Chosen en est une bonne démonstration. Elle présente un Jésus attachant, plein d'humour, très humain, et c'est justement là que se cache le problème, à force d'humaniser Jésus pour le rendre proche et sympathique, on finit par estomper sa sainteté, son autorité de Juge, et l'exigence de sa parole. On aime le personnage, mais on n'obéit plus au Seigneur. Un Jésus réduit à un ami sympathique qui valide toutes nos décisions, qui n'exige plus rien de personne, qui n'est plus le Juge saint qui reviendra dans la gloire mais un simple copain toujours d'accord avec nous.
Un Jésus nié comme Dieu, réduit à une créature
Les Témoins de Jéhovah enseignent que Jésus n'est pas Dieu mais un être créé, identifié à l'archange Michel avant son incarnation, ce qui nie directement sa divinité éternelle affirmée par l'Écriture. « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu » (Jean 1:1).
Un Jésus dépouillé de son éternité, frère spirituel de créatures
Le mormonisme présente Jésus comme un esprit créé, frère spirituel de Lucifer parmi d'autres esprits, et Dieu le Père comme un homme exalté ayant connu une existence mortelle, avec cette formule caractéristique du mouvement, ce que l'homme est, Dieu l'a été, ce que Dieu est, l'homme peut le devenir. C'est une négation radicale de la Trinité et de l'éternité de Christ que Jean 1:1 affirme.
Dans tous les cas, ce n'est plus le Jésus des Évangiles. C'est une idole qui porte son nom, et qui rassure là où le vrai Jésus aurait dérangé.
Un autre évangile
Galates chapitre un est le texte le plus sévère de tout le Nouveau Testament sur ce sujet : « Je m'étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile. Non pas qu'il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l'Évangile de Christ » (Galates 1:6-7). Et Paul va plus loin encore : « Quand nous mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème ! Nous l'avons dit précédemment, et je le répète à cette heure : si quelqu'un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème ! » (Galates 1:8-9). Anathème : c'est le mot le plus grave que Paul pouvait employer. Ce n'est pas une nuance regrettable entre chrétiens de bonne volonté, c'est une malédiction.
Alors, concrètement, qu'est ce qu'un autre évangile aujourd'hui, chez tous ceux qui se disent chrétiens ?
Un évangile qui déclare acceptable devant Dieu ce que Dieu lui même déclare incompatible avec son royaume
« Ne savez vous pas que les injustes n'hériteront point le royaume de Dieu. Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n'hériteront le royaume de Dieu » (1 Corinthiens 6:9-10). L'Apocalypse va plus loin encore et ne laisse aucune place à l'ambiguïté : « Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort » (Apocalypse 21:8). Ces listes ne visent pas un péché isolé qu'il faudrait traiter à part des autres, elles disent la même chose de tous les péchés qu'elles énumèrent, l'homosexualité, l'adultère, la fornication, le mensonge, l'idolâtrie, l'ivrognerie. Aucun de ces péchés n'a besoin d'une repentance moins réelle que les autres, et aucun n'est excusé parce qu'il est aujourd'hui largement toléré, y compris dans des milieux qui se disent chrétiens. Celui qui pratique l'un d'entre eux en le déclarant acceptable, sans repentance, ne prouve pas sa tolérance, il prouve qu'il n'obéit pas à la Parole.
Un évangile qui retire purement et simplement le jugement
L'universalisme, cette idée selon laquelle tout le monde sera finalement sauvé, que l'enfer n'existe pas vraiment ou ne concerne que des cas extrêmes, n'est pas une variante acceptable du christianisme, c'est un mensonge que l'Écriture dément explicitement. Jésus lui même tranche la question en employant le même mot pour les deux issues, dans la même phrase : « Et ceux ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle » (Matthieu 25:46), la vie éternelle des rachetés et le châtiment des autres sont qualifiés par exactement le même mot, on ne peut pas garder l'un et nier l'autre. Certains universalistes objectent que la croix aurait déjà réconcilié tout le monde sans exception, mais l'Écriture dit le contraire, le bénéfice de la croix n'est jamais automatique, il est reçu par la foi, et son refus laisse la personne sous la colère de Dieu : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3:36). Paul, écrivant après la croix, annonce encore un jugement à venir pour ceux qui rejettent l'Évangile : « Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force » (2 Thessaloniciens 1:9). La croix rend le salut possible pour quiconque croit, elle ne le rend pas automatique pour tous.
Un évangile qui remplace la grâce par les œuvres, ou qui ajoute les œuvres à la grâce comme condition du salut
« Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Éphésiens 2:8-9). Un système qui enseigne que le salut s'obtient ou se maintient par les sacrements accomplis, par des mérites accumulés, par un purgatoire à traverser après la mort, ou par une médiation autre que Christ seul pour le pardon des péchés, a renversé l'Évangile de la grâce, même s'il continue d'employer le nom de Jésus à chaque page. La théologie orthodoxe de la théosis, qui présente le salut comme une divinisation progressive obtenue par une coopération continue entre la grâce et l'effort humain, les sacrements et les œuvres de piété, relève du même problème, même si sa formulation diffère de celle du catholicisme romain.
L'évangile de prospérité
Qui promet la richesse et la santé à celui qui aurait assez de foi, comme si Dieu était un distributeur qu'on active par la parole positive.
L'évangile centré sur l'estime de soi
Qui transforme Jésus en coach de développement personnel venu dire que vous êtes merveilleux tel que vous êtes, sans jamais mentionner le péché ni la nécessité d'une vraie repentance.
L'hypergrâce
Cette doctrine selon laquelle, une fois qu'on a cru, plus rien de ce qu'on fait ensuite n'aurait d'importance, parce que tout serait déjà pardonné d'avance, y compris les péchés qu'on ne compte même pas abandonner.
Un évangile conditionné à l'appartenance à une organisation
Chez les Témoins de Jéhovah, le salut reste subordonné à l'obéissance continue à l'organisation, avec deux classes de sauvés selon un nombre restreint et une grande foule, ce qui ajoute l'appartenance institutionnelle et les œuvres comme condition du salut, à l'inverse d'Éphésiens 2:8-9 déjà cité.
Un évangile où la grâce ne suffit jamais
Le mormonisme conditionne le salut aux œuvres et aux ordonnances accomplies dans le temple, avec cette formule bien connue du Livre de Mormon, sauvés par la grâce, après tout ce que nous pouvons faire, ce qui inverse directement Éphésiens 2:8-9.
Tous ces évangiles ont un point commun : ils gardent le nom de Jésus bien en évidence, mais ils retirent la croix, ou la repentance, ou le jugement. Un évangile sans ces trois éléments réunis n'est plus l'Évangile. C'est, au sens littéral du mot que Paul emploie lui même, un autre évangile.
Un autre esprit
Un autre esprit anime aussi certains milieux qui se disent chrétiens. Je veux être précise ici, car ce sujet est souvent mal compris, dans un sens comme dans l'autre. Je ne dis pas que tous ceux qui fréquentent un milieu charismatique ne sont pas sauvés. Je crois qu'il y a, dans ces milieux, de véritables enfants de Dieu, nés de nouveau, qui aiment sincèrement le Seigneur, même si je ne partage pas toutes leurs pratiques. Ce n'est pas eux que je vise ici.
Je crois aussi que Dieu reste souverain, et qu'il agit comme il veut, quand il veut. Il peut, s'il le décide, accorder une parole de connaissance à quelqu'un, ou guérir souverainement une personne malade, sans que cela fasse de qui que ce soit le détenteur permanent d'un don qu'on activerait sur commande. Mais cette souveraineté de Dieu n'autorise jamais quiconque à placer une parole humaine, aussi impressionnante soit elle, au même niveau d'autorité que l'Écriture.
Ce que je vise, c'est un esprit qui produit des manifestations impressionnantes, des émotions fortes, parfois même des phénomènes réels, mais qui ne conduit ni à l'obéissance à la Parole, ni à la repentance, ni à la sainteté. L'Évangile de Jean décrit précisément ce que fait le véritable Saint Esprit : « Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement » (Jean 16:8), et « il me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera » (Jean 16:14). Le véritable Esprit convainc de péché. Il glorifie Christ. Il ne se glorifie jamais lui même. Un autre esprit se reconnaît à l'inverse exact de cela :
Un esprit qui pousse à l'exaltation de soi plutôt qu'à l'humilité.
Un esprit qui produit des prophéties contredisant ouvertement l'Écriture.
Un esprit qui remplace l'autorité de la Bible par une parole soi disant reçue directement de Dieu, qu'on ne peut plus remettre en question.
Un esprit qui laisse dans la désobéissance continuelle des personnes pourtant convaincues d'être sauvées simplement parce qu'elles ont vécu une expérience forte.
Un esprit dépersonnalisé, réduit à une force
Les Témoins de Jéhovah enseignent que le Saint Esprit n'est pas une personne mais une force active impersonnelle émanant de Dieu, ce qui n'est plus l'Esprit des Écritures qui parle, console, et convainc de péché comme une personne.
Un esprit remplacé par un ressenti intérieur validant une révélation continue
Le mormonisme fonde l'autorité finale non sur l'Écriture seule mais sur un ressenti intérieur, le fameux embrasement de la poitrine, confirmant des révélations continues qui s'ajoutent à la Bible et prétendent la compléter.
Un esprit dont la parole se confond avec celle d'un individu
Chez les adventistes, les écrits d'Ellen White reçoivent parfois une autorité quasi normative, traités comme une parole prophétique venant éclairer, sinon compléter, l'Écriture, une tendance à surveiller de près même si elle ne constitue pas la position doctrinale officielle du mouvement.
Cet esprit là n'est pas le Saint Esprit des Écritures. C'est un autre esprit, quel que soit le nom qu'on lui donne dans l'assemblée.
Comment appliquer concrètement tout cela à votre vie ?
D'abord, examinez honnêtement votre foi à la lumière de ces trois critères : le Jésus que vous servez, l'évangile que vous croyez, l'esprit qui agit en vous, sont ils bien ceux des Écritures, ou un autre ? Ne vous arrêtez pas à la sincérité de votre démarche. Beaucoup de gens, dans le monde entier, sont parfaitement sincères dans leurs erreurs, mais la sincérité n'a aucune valeur aux yeux de Dieu tant que l'on reste dans l'erreur (Proverbes 14:12).
Ensuite, méfiez vous de vos propres émotions comme d'un critère de vérité. Beaucoup de personnes sont très émotives, très sensibles à des expériences fortes, y compris dans des pratiques occultes où l'on peut réellement ressentir un bien être, une paix, une libération apparente. Ce ressenti n'est pas une preuve de la présence de Dieu. Beaucoup se perdent précisément par leurs émotions, en confondant ce qu'ils ressentent avec ce que Dieu approuve (Jérémie 17:9).
Enfin, ne mesurez jamais la bénédiction de Dieu à votre portefeuille ou à votre état de santé. Il y a, dans le monde, des gens que l'on pourrait qualifier de bénis, et même extrêmement bénis matériellement, sans connaître Dieu du tout. Ce n'est ni l'argent, ni les biens, ni même la santé, qui font qu'on est béni devant Lui (Luc 12:15). La vraie vie en Christ est une vie de renoncement, de consécration, et de repentance ; c'est la croix que l'on porte chaque jour, avec toute la joie et la paix véritables qu'elle procure malgré tout.
Conclusion
En définitive, la question n'est ni celle de votre sincérité, ni celle de vos émotions. On peut être parfaitement sincère et complètement dans l'erreur. On peut pleurer, vibrer, ressentir un bien être profond, et repartir aussi perdu qu'on est arrivé. La seule question qui compte vraiment est celle ci : est ce que je garde les commandements de Celui que je dis aimer ?
Il n'est pas nécessaire d'adhérer à l'ensemble de ces points pour être concerné. Paul l'affirme lui même : « Un peu de levain fait lever toute la pâte » (Galates 5:9). Croire un seul de ces éléments suffit à corrompre tout l'édifice, exactement comme il le rappelle à ceux qui ajoutaient ne serait ce qu'une seule exigence à la grâce : « Si quelqu'un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème » (Galates 1:8-9, déjà cité plus haut). Ce n'est donc pas la quantité d'erreurs qui compte, mais leur nature. Un seul autre Jésus, un seul autre évangile, ou un seul autre esprit suffit à vous placer hors de ce que Paul appelle la foi authentique.
Si vous découvrez, en toute honnêteté, que vous avez cru en un autre Jésus, reçu un autre esprit, ou embrassé un autre évangile, la bonne nouvelle demeure : le véritable Évangile est encore offert, disponible, maintenant. Le vrai Jésus, mort pour de vrais péchés, ressuscité pour de vrais pécheurs, appelle chacun à la repentance et à la foi. Il n'est jamais trop tard pour se détourner d'un faux évangile et se tourner, une fois pour toutes, vers la vérité.
« Examinez vous vous mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi ; éprouvez vous vous mêmes » (2 Corinthiens 13:5).
L. Gilman


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