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  • LAETITIA GILMAN

AIMER NOTRE PROCHAIN...



Par moment, il est vrai que nous ne savons plus que penser des propos de Paul ou même de notre Seigneur Jésus lorsqu’Il était sur la terre. Tantôt ils nous parlent dans un sens, et tantôt d’un autre. Ce même Paul nous explique dans le chap 13 des Corinthiens ce qu’est l’Amour. Entre autre, il nous explique que l’Amour pardonne tout, croit tout, espère tout et surtout supporte tout ! Que la chose essentielle parmi toutes est l’Amour, et que, sans lui, nous ne sommes rien ! Jésus nous demande de nous aimer les uns les autres, de nous pardonner et même de tendre la joue à ceux qui nous font mal, de les bénir et de prier pour eux. Jean dira que si nous n’avons pas d’amour pour nos frères, c’est une preuve que nous n’avons pas connu le Seigneur et que nous sommes comparables à des meurtriers. Les prédicateurs nous le rappellent régulièrement et nous tentons d’obéir au mieux à ce commandement qui, rappelons le, est tout aussi important que le premier, celui d’aimer notre Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre pensée.


Le problème, c’est que nous rangeons cette recette de l’amour dans une boite rigide et que nous devenons des chrétiens très souvent lâches et hypocrites ! Notre amour se cantonne à respecter scrupuleusement une partie de l’amour que l’on nous a enseigné et oublier l’autre partie tout aussi importante aux yeux de Dieu : celle d’avoir compassion des âmes et de les empêcher de mourir !

Nous nous donnons bonne conscience par une attitude exemplaire et modèle, sans faire de vagues, sans jamais s’exposer à la critique des autres et en gardant une image belle et irréprochable aux yeux des autres ! Nous laissons mourir des âmes devant nos yeux sans bouger le petit doigt par peur des éclaboussures et des représailles que cela pourrait engendrer ! Sous le couvert de l’Amour parfait, on oublie le salut de l’autre ! Par amour pour son image propre et par manque de courage, on passe son chemin en oubliant qu’une âme risque de finir en enfer, si on ne se bouge pas !

Jésus nous a pourtant enseigné de reprendre celui qui pèche Matthieu 18:15 Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Eglise ; et s’il refuse aussi d’écouter l’Eglise, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain.

Paul a été indigné lorsqu’il a vu, dans l’église de Corinthe, un chrétien vivre dans le péché ! Il était plus indigné encore de l’indifférence des frères et sœurs qui ne disaient rien, que du pécheur lui-même ! Il pensait qu’ils auraient réagi, mais rien ! Absolument rien ! À les voir, ils étaient dans un parfait amour, ils supportaient tout, ils ne s’irritaient pas, ils pardonnaient ! Paul n’y va pas par quatre chemins, il condamne non seulement le péché, mais aussi le pécheur ! « Au scandale ! » beaucoup s’écrieront ! 1 Corinthiens 5:3 j’ai déjà jugé ("condamné" en grec), comme si j’étais présent, celui qui a commis un tel acte.

Que faisait cet homme ? Pas plus que certains ne le font aujourd’hui dans nos assemblées ! Il vivait dans l’immoralité sexuelle, plus particulièrement il avait pris pour femme sa belle mère.

L’immoralité sexuelle est une relation sexuelle illicite, elle a donc plusieurs formes : l’adultère, la fornication, l’homosexualité, l’inceste et même la relation avec un ou une divorcé(e). Coucher avant le mariage par exemple est de la fornication ! Et puis est-ce que l’immoralité est plus grave que l’idolâtrie, le mensonge, l’ivrognerie, les calomnies, etc.… ? Non, puisque nous savons qu’aucun de ceux qui les pratiquent ne rentrera dans le Royaume de Dieu.


Paul a déjà jugé, alors qu’il vient juste de dire au chapitre 4 que nous ne devions juger de rien avant le moment fixé ! Paul a condamné un homme, alors que seul Dieu est en mesure de le faire ! Et Paul ne va pas s’arrêter là, il va aller jusqu’à traiter cet homme de « méchant » et d’exiger qu’il soit chassé de l’assemblée et, pour couronner le tout, de le remettre entre les mains de Satan !


Waouh ! Mais n’y va –t- il pas un peu fort ?! Lui, l’auteur du chapitre de l’Amour ne se contredit-il pas complètement ?! Et que dire de Jésus ? Matthieu 23:33 « Serpents, race de vipères! Comment échapperez-vous au jugement de l’enfer? » N’a-t-il pas été sévère et injurieux envers les pharisiens qui le harcelaient et le critiquaient ? C’est pourtant bien Lui qui nous a demandé de bénir nos ennemis et de ne pas répondre au mal par le mal, mais plutôt de tendre l’autre joue.


Oui, l’amour pardonne tout, supporte tout, ne s’irrite pas, mais il ne reste pas indifférent au sort de son prochain !


L’Amour envers notre prochain doit, en effet, ne chercher aucun intérêt pour notre propre personne, mais il doit absolument rechercher l’intérêt de l’autre ! C’est pourquoi, oui, aucun mal ne doit être rendu, car si c’est notre personne qui est visée, alors, ne bronchons pas, mais aimons comme Jésus l’a fait en donnant Sa vie pour nous. Par contre, si je vois mon frère ou ma sœur se perdre, s’enliser dans la boue et que je passe mon chemin, alors je suis comme le sacrificateur et le Lévite qui passent à côté de l’homme qui s’est fait battre et rouer de coups par les brigands et qui ne lui apportent aucun secours. Je vois mourir mon frère ou ma sœur, mais je ne fais rien par peur de passer pour un légaliste et d’être perçu comme sectaire ! Non seulement je ne lui apporte aucun secours et je le laisse mourir, mais je le laisse au contact des âmes faibles qui risquent d’être contaminées en s’approchant de lui. Un peu de levain dans l’Eglise peut faire monter la pâte, juste un peu de péché peut souiller toute l’assemblée.


C’est par Amour et uniquement par Amour que Paul va parler aussi brutalement ! Paul a de la compassion pour cette âme pécheresse et plutôt que de le voir brûler en enfer, il préfère prendre des mesures radicales dans l’espoir de l’amener à la repentance !


Comment réagissons-nous face au péché que notre frère ou notre sœur affectionne ?

Fermons-nous les yeux pour ne pas avoir d’histoire ou avons-nous le courage de le reprendre dans l’amour, mais aussi dans l’autorité de Jésus ?


Un jour nous passerons tous devant le tribunal de Christ et nous ne pourrons nous cacher face à toutes les fois où nous aurons préféré ne rien dire par manque de courage. Plusieurs seront perdus définitivement, et même si nous n’en sommes pas totalement responsables, quelle part aurons-nous jouée pour essayer de les détourner de la perdition ? Pourrons-nous ne pas rougir de honte face à cette négligence ?


Il y a des âmes qui se perdent dehors, mais il y en a aussi qui se perdent à l’intérieur, devant nos yeux ! Ils connaissent la parole mais n’obéissent pas, c’est un fait mais cela ne devrait pas être une excuse pour ne pas bouger et laisser faire. Allons-nous les laisser mourir sans réagir, préférons-nous être tranquilles et ne pas nous exposer à la critique et au rejet des autres ? La compassion des âmes devrait nous faire bondir et ne pas nous laisser muets. Oui, il y a un risque, celui de voir partir cette âme ! Mais il y a aussi un autre risque : qu’elle se repente et qu’elle soit sauvée ! Ne devons-nous pas juger les gens de l’intérieur ? 1 Cor 5: 12 Qu’ai–je, en effet, à juger ceux du dehors ? N’est–ce pas ceux du dedans que vous avez à juger ? Oui c’est difficile, mais c’est aussi cela l’Amour : avertir pour sauver le pécheur des flammes de l’enfer et protéger le corps de Christ de la contamination !


Paul est radical, parce qu’il nous demande de ne pas avoir de relations avec une telle personne ! Que dirons-nous donc ? Paul a tort et manque d’amour ? Je pense tout le contraire, car je sais que cet homme est un modèle que nous devons suivre. Son enseignement est profond, mais très clair ! Le péché doit nous faire réagir et nous ne pouvons le tolérer au sein d’une assemblée dite « chrétienne ». Paul l’a dit au chap. 4 « Soyez mes imitateurs » ! L’Amour ne doit pas être une excuse pour tolérer le péché au sein de l’église. Demandons au Seigneur de nous affermir et de nous fortifier pour avoir le courage de reprendre avec Amour, ceux qui vivent délibérément dans le péché et qui ne veulent pas s’en séparer. C’est leur éternité qui est en jeu, n’oublions jamais cela !


L. Gilman



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