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  • WILLIAM LUJ

LE DÉCLIN DE L'AUTORITÉ DE CHRIST DANS L'ÉGLISE


Jésus a dit qu'il bâtira son Eglise (Mt 16.18). Or, nous constatons aujourd'hui que Jésus-Christ n'a pratiquement plus d'autorité au milieu de ceux qui se réclament de son nom. Or, c'est Jésus qui a reçu tout pouvoir dans le ciel et sur la terre (Mt 28.18). Dieu le Père a tout mis sous ses pieds, et l'a donné pour chef suprême à l'Église (Ep 1.22). C'est une doctrine fondamentale du Nouveau Testament. Toute autorité lui a été donnée, mais elle est contestée par le monde, et malheureusement aujourd'hui ignorée par l'Église. On le fête, on le loue, mais lorsque des décisions importantes sont à prendre, la raison humaine l'emporte. Christ n'a plus d'autorité. Dans nos églises, tous proclament le nom de Jésus, surtout dans les prières, lors d'inlassables « au nom de Jésus » comme une formule magique ou un mantra bouddhiste, mais dans les réunions de prière, on recherche le Saint-Esprit. Ce n'est plus Jésus le Maître, mais le Saint-Esprit faiseur de miracles. On ne cherche pas la sainteté mais la puissance. Il serait temps de rétablir la saine doctrine sur le Saint-Esprit.


Dans les conseils d'église, les décisions sont prises sur des raisonnements humains. Quel conseil d'église consulte vraiment les paroles du Seigneur avant de prendre une décision, ou s'appuie sur un passage de l'Écriture pour appuyer ses arguments ? Quelle structure d'église consulte la parole de Dieu pour y prendre ses directives ? Les décisions ne sont-elles pas déjà prises avant que l'on demande de prier pour demander l'aide de Dieu pour réaliser les plans ? J'ai personnellement connu plusieurs cas de pasteurs qui avaient reçu un réel appel missionnaire pour un pays bien précis, mais qui ont été dirigé vers un autre pays parce que le Comité missionnaire l'a décidé ainsi. Il en va de même dans la vie des membres ; ce n'est pas Christ qui prend les décisions, c'est quelqu'un d'autre. En réalité, nous sommes prêts à prier toute la nuit pour que Dieu donne du succès à nos entreprises, celles que nous avons décidées, mais tout ce que nous désirons, c'est que Christ nous aide, sans être notre Seigneur. On définit des moyens humains pour atteindre des buts que l'on considère divins, on en fait des priorités, et à partir de là, le Seigneur n'a plus droit au vote.


Malheureusement, l'église doit lutter aujourd'hui sur deux fronts : d'une part, la puissance des habitudes, des précédents, des coutumes et des traditions, d'autre part, l'influence grandissante de la société dans l'église, notamment dans les nouvelles générations, troisième ou quatrième évoquées précédemment. Déjà, Israël s'était ainsi détourné de Dieu : « Ils dirent à Samuel : Voici, tu es vieux. . . .Établis sur nous un roi pour nous juger, comme il y en a dans toutes les nations » (1 S 8.5).


Avant son départ pour la patrie céleste, David Wilkerson rappelait l'avertissement prophétique du frère Frank Bartleman, pionnier de la rue Azusa. Il concerne le danger d'une Pentecôte sans Christ. Il donna cet avertissement :

"Il est possible de voir les gens louer Dieu et lever les mains, et cependant que Christ marche parmi eux comme un étranger.... Permettez-moi de vous donner trois manières dont nous faisons de Christ un étranger parmi nous....

1. Nous faisons de Christ un étranger quand nous donnons au Saint-Esprit la prééminence sur lui....

2. On fait de Christ un étranger quand on le loue mais qu'on ne le prie pas....

3. Nous faisons de Christ un étranger parmi nous quand nous désirons sa puissance davantage que sa pureté.

David Wilkerson ajoute :

"Nous ne sommes pas prêts pour la venue de Christ ! Est-ce là une Église triomphante ? Convoitises, divorces, esprit mondain, recherche du matériel et du succès, tiédeur, adultères ! Riche et cherchant toujours à augmenter ses biens, inconscients de son aveuglement spirituel et de sa pauvreté ; aimant le plaisir, recherchant les loisirs, consumée d'ardeur pour le sport, la politique et le pouvoir. . . Est-ce là l'Église que Jésus vient chercher ? Coiffée d'hypocrisie, remplie de crainte et d'anxiété, ne cherchant que la santé et le bonheur terrestre ?"


Quand, après la fête de Pâque, Joseph et Marie quittèrent Jérusalem, Jésus y resta. Ses parents terrestres croyaient que Jésus était avec eux, quelque part parmi les compagnons de route. S'étant aperçu, au bout d'une journée, qu'il était absent, ils retournèrent à Jérusalem et mirent trois jours pour le retrouver. Jésus était dans le Temple, dans la maison de Dieu (Lc 2.41-46). Combien de responsables, de serviteurs et de chrétiens, se trompent et croient, comme Joseph et Marie, que Jésus est toujours avec eux ? Est-ce qu'ils ne devraient pas, eux aussi, faire demi-tour, et retourner dans le sanctuaire, aux pieds de la croix, pour retrouver Jésus et sa communion ?


Dans son journal intime, Franck Bartleman a voulu nous laisser un témoignage vivant de certaines possibilités de dérives qu'il avait déjà constatées à Azusa. Il nous prévient :

"Dès les débuts de l'oeuvre pentecôtiste, l'Esprit m'a beaucoup enseigné sur le fait que Jésus ne devait en aucun cas être amoindri, "perdu dans le temple", soit à cause de l'exaltation du Saint-Esprit, soit à cause des dons de l'Esprit. Il pouvait y avoir un grand danger à perdre de vue le fait que Jésus était tout en tous.... Tout vient par lui et en lui.

Le Saint-Esprit est donné pour "révéler Christ". L'oeuvre du Calvaire et l'expiation doivent être le centre de notre considération. Le Saint-Esprit n'enlève jamais notre attention de Christ pour la placer sur lui-même, mais plutôt il nous révèle Christ d'une manière plus complète.

Nous faisons face au même danger aujourd'hui !"



David Wilkerson, "Une pentecôte sans Christ,

Frank Bartleman, Une autre vague déferle, (Saint-Hubert, Québec: Éditions Ministères Multilingues, 1997),



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