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LA 1ère PRIÈRE DE PAUL - PARTIE 1


Chapitre 1

Actes 9 : 12 " et il a vu en vision un homme du nom d'Ananias, qui entrait, et qui lui imposait les mains, afin qu'il recouvrât la vue."



Le Seigneur a bien des manières d'éteindre la persécution. Jamais il ne souffrira que son Église soit vaincue par ses ennemis ou anéantie par ses adversaires; et les moyens ne lui manquent pas pour détourner les coups des méchants, ou même, au besoin, pour renverser leurs desseins de fond en comble. Parmi ces moyens, il en est deux qu'il emploie d'ordinaire : il confond le persécuteur, ou bien, dans sa miséricorde, il le convertit. Parfois, le Dieu fort sème le trouble et la confusion dans le camp de ses ennemis, il frappe de vertige les enchanteurs et d'impuissance les magiciens; à celui qui ose lui faire la guerre, il permet de courir à sa perte, puis il jette un regard de triomphante dérision sur le misérable insensé qui avait espéré dire Aha à l'Eglise de Dieu.

Psaumes 35 : 21 Ils ouvrent contre moi leur bouche, Ils disent : Ah ! ah ! nos yeux regardent !-

Mais parfois aussi, il convertit le persécuteur; d'un antagoniste déclaré, il se fait un ami; d'un fougueux adversaire de l'Evangile, il fait un ardent soldat de la croix. Du sein des ténèbres, il tire la lumière; de celui qui dévorait, il fait sortir le miel; des coeurs les plus durs, il suscite des enfants à Abraham. Tel fut le cas de Saul de Tarse. Un fanatique plus exalté ne saurait se concevoir. Le sang du fidèle Etienne avait rejailli sur lui; car, si complaisante, si officieuse était sa cruauté, que tandis qu'on lapidait le premier martyr, il gardait les vêtements de ses bourreaux. Vivant à Jérusalem, élève dans la savante école de Gamaliel, Saul se trouvait journellement en contact avec les disciples de l'Homme de Nazareth. En rencontrait-il dans les rues, il les insultait et les couvrait d'injures; bien plus, il obtint contre eux des mandats d'arrêt et les fit mettre à mort. Et maintenant, pareil à une bête féroce qui a goûté le sang, le jeune Pharisien ne respire plus que carnage; sa fureur est à son comble, et, pour couronner dignement son oeuvre homicide, il part pour Damas, afin de se saisir de tous les chrétiens, soit hommes, soit femmes, qu'il trouvera dans cette ville; il les amènera liés à Jérusalem, et assouvira la soif sanguinaire qui le dévore, en leur faisant subir la peine due, suivant lui, à leur abominable hérésie. Mais, ô merveille de la puissance de Dieu ! Jésus arrête ce forcené dans sa course insensée. Juste au moment où, la lance en arrêt, il va fondre sur Christ, Christ le rencontre, le terrasse, le renverse, puis lui adresse cette question : "Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?" Ensuite, ce charitable Sauveur daigne lui ôter son coeur rebelle; il lui donne un nouveau coeur et un esprit droit, - change complètement ses vues et ses projets, - le conduit à Damas, - le tient prosterné à ses pieds pendant trois nuits et trois jours, - parle à son âme, - lui fait entendre des sons mystiques, des paroles ineffables, embrase son coeur tout entier de la sainte flamme de l'amour; et, lorsqu'enfin le futur Apôtre des Gentils, sortant de sa longue extase, commence à prier, Jésus descend aussitôt du ciel, apparaît en vision à Ananias, et lui dit :

Actes 9 : 12 et il a vu en vision un homme du nom d'Ananias, qui entrait, et qui lui imposait les mains, afin qu'il recouvrât la vue.

Ces dernières paroles, mes frères, sont d'abord L'ANNONCE D'UN FAIT DE HAUTE IMPORTANCE : "Voilà, il prie !" et, en second lieu, UN ARGUMENT présenté par le Seigneur à Ananias : "Car voilà, il prie." - Je me propose de considérer tour à tour mon texte sous ces deux aspects; ensuite, j'essaierai d'en faire L'APPLICATION à vos coeurs : il est vrai, qu'à bien parler, Dieu seul peut accomplir cette dernière tâche ; toutefois, j'ose espérer qu'il voudra bien se servir de la prédication de ce jour, pour vous disposer à recevoir les instructions que sa Parole va vous donner. Je le répète, ces mots du seigneur à Ananias "Va et cherche un nommé Saul de Tarse, car voilà, il prie", étaient L'ANNONCE D'UN FAIT DE HAUTE IMPORTANCE. Et remarquez, en premier lieu, que ce fait était connu de Dieu lui-même. Saul fut conduit par l'influence de l'Esprit saint à désirer la grâce divine; et du moment qu'il commença à prier, Dieu commença à écouter sa voix. N'avez-vous point été frappés, mes chers amis, en lisant les paroles du Seigneur à Ananias, des détails si minutieux dans lesquels il entre, relativement à Saul ? Evidemment, celui-ci était l'objet de son intérêt tout particulier. Jésus connaît la rue où il loge : "Va dans la rue appelée la Droite." Il connaît la maison où il habite : "Cherche dans la maison de Judas." Il sait son nom, il sait même de quel pays il est originaire : "Cherche un nommé Saul de Tarse." Enfin, il sait qu'il est présentement en prière : "Voilà, il prie." - Oh ! qu'elle est réjouissante la pensée que Dieu s'occupe ainsi, avec la plus tendre sollicitude, de toute âme qui s'approche de lui ! Voici un pauvre pécheur, contrit et humilié; il se retire dans la solitude de sa chambre, il fléchit le genou devant Dieu ; l'angoisse de son coeur brisé ne se traduit peut-être que par des larmes et des soupirs... Mais, ô prodige ! ces soupirs de contrition ont fait vibrer toutes les harpes du paradis ! Ces larmes de repentir ont été recueillies par le Seigneur, et seront conservées à toujours dans l'urne lacrymatoire du ciel ! Le plus humble suppliant, celui-là même qui n'ose formuler une requête, est compris par le Très-Haut. Il peut n'offrir à Dieu qu'une larme furtive, qu'une larme timide, mais qu'importe ! une larme n'est-elle pas souvent la plus éloquente des prières ? Les larmes d'une sincère pénitence sont les diamants du ciel. Les gémissements de coeurs humiliés viennent se joindre, comme autant de notes mélodieuses, à la sublime harmonie qui retentit nuit et jour devant le trône de Dieu. Oh ! mes bien-aimés, ne comprenez-vous pas tout ce qu'il y a de doux et d'encourageant dans la pensée que Dieu prend garde aux prières des fils des hommes ? Peut-être quelques-uns de vous se sont-ils dit plus d'une fois : "Sûrement, je suis un être trop insignifiant, trop coupable et trop vil pour que Dieu daigne faire attention à moi, alors même que j'essaierais de chercher sa face." Mes amis, chassez loin de vous des idées aussi impies, - aussi païennes, dirai-je. Notre Dieu n'est pas un Dieu qui vit plongé dans un songe perpétuel, ou qui s'enveloppe d'épaisses ténèbres, en sorte qu'il ne puisse voir. Il n'est pas comme Bahal, qui n'entend point. Il se peut, il est vrai, que les batailles, le tumulte de ce monde le laissent