COMMENT ÉPROUVER LES ESPRITS ?


Nous vivons à une époque qui met l’âme humaine à l’épreuve. «L’Esprit dit expressément que dans les derniers temps quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons par l’hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience.» Nous nous trouvons en plein dans ces jours et nous ne pouvons pas les fuir. Nous devons remporter la victoire tout en vivant dans la mêlée, car c’est là la volonté de Dieu à notre égard.


Aussi curieux que cela paraisse, le danger aujourd’hui est plus grand pour le chrétien fervent que pour celui qui est tiède et satisfait de lui-même. Celui qui recherche les choses les meilleures de Dieu, brûle d’entendre toute personne capable de lui offrir un moyen permettant d’y accéder. Il soupire après quelque nouvelle expérience, quelque aspect saillant de la vérité, quelque action de l’Esprit qui puisse l’élever au-dessus du niveau mortel de la médiocrité religieuse qui l’entoure et pour cette raison, il est disposé à prêter une oreille favorable à tout ce qui est nouveau et merveilleux dans la religion, surtout si cela est présenté par quelqu’un doué d’une personnalité séduisante et réputé pour sa très grande piété.

Or notre Seigneur Jésus, ce grand Berger des brebis, n’a pas abandonné son troupeau à la merci des loups. Il nous a donné les Écritures, le Saint-Esprit et un don naturel d’observation. Il s’attend à ce que nous nous appuyions constamment sur tout cela. «Examinez toutes choses, retenez ce qui est bon» dit Paul (1 Thes. 5.21). «Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit, mais éprouvez les esprits pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde» » (1 Jean 4.1).


«Gardez-vous des faux prophètes» dit Jésus en nous avertissant, «ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au-dedans ce sont des loups ravisseurs» (Matt. 7.15). Puis il a ajouté le critère qui permettra de les éprouver: «Vous les reconnaîtrez à leurs fruits».

Il est donc clair, non seulement qu’il y aura des faux prophètes dans le monde mettant en danger nos vies chrétiennes mais qu’il sera aussi possible de les identifier, et de les connaître pour ce qu’ils sont. Et bien sûr, dès lors que nous sommes conscients de leur identité et que nous apprenons à connaître leur ruse, leur pouvoir de nous faire du mal disparaît. «En vain jette-t-on le filet devant les yeux de tout ce qui a des ailes» (Prov. 1.17).


Mon but est d’exposer ici une méthode capable d’éprouver les esprits et de vérifier toute notion religieuse ou morale, proposée par qui que ce soit. Et tandis que nous traitons ce sujet, nous devrions avoir à l’esprit que toutes les lubies religieuses ne sont pas l’oeuvre de Satan. L’esprit humain est capable de beaucoup de méchanceté sans l’aide du diable. Certaines personnes sont réellement douées pour tout embrouiller et, en plein jour, prendront l’illusion pour la réalité, tout en ayant la Bible ouverte devant elles.

Pierre avait cela à l’esprit lorsqu’il écrivit: «Notre bien-aimé frère Paul vous l’a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C’est ce qu’il fait dans toutes ses lettres, où il parle de ces choses dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine» (2 Pierre 3:15s).

Il est peu probable que les apôtres chevronnés de la confusion lisent ce qui est écrit ici ou qu’ils en profitent beaucoup s’ils le faisaient mais il y a beaucoup de chrétiens sensés qui se sont égarés et qui ont assez d’humilité pour admettre leurs erreurs et sont prêts maintenant à revenir vers le Pasteur et le Gardien de leur âme. Ces derniers peuvent être détournés de leur mauvaise voie. Mais il y a plus important encore. Beaucoup de gens, c’est sûr, n’ont pas quitté le droit chemin mais désireraient connaître une règle capable de les aider à examiner toute chose et de mettre à l’épreuve la qualité de l’expérience et de l’enseignement chrétiens, alors qu’ils sont à leur contact jour après jour dans leur vie active. C’est à eux précisément que je livre ce petit secret. Il m’a permis d’examiner depuis de nombreuses années mes expériences spirituelles et mes inspirations religieuses.

En résumé, voici le test : cette nouvelle doctrine cette nouvelle habitude religieuse, ce nouvel aperçu de la vérité, cette nouvelle expérience spirituelle, de quelle manière ont-ils modifié mon attitude et ma relation envers Dieu, Christ, les Écritures Saintes, moi-même, les autres chrétiens, le monde et le péché. Grâce à cet examen en sept points, nous pourrons vérifier tout ce qui est religieux et nous saurons, sans l’ombre d’un doute, si cela vient de Dieu ou non. C’est à ses fruits que l’on reconnaît un arbre. Ainsi, face à toute doctrine ou expérience, il me suffit de savoir quel effet cela a sur moi. Nous saurons immédiatement si cela vient d’en-haut ou d’en-bas.



Relation avec Dieu


L’un des tests vitaux de toute expérience religieuse est le suivant. De quelle manière modifie-t-il notre relation avec Dieu, notre concept de Dieu ou notre attitude envers Lui ? Dieu, étant qui Il est, doit toujours être l’arbitre suprême de toutes choses religieuses.

L’univers a été créé afin de servir de moyen pour que tout être moral et doué d’intellect puisse y déceler les perfections du Créateur. «Je suis l’Éternel, c’est là mon nom. Et je ne donnerai pas ma gloire à un autre» (Ésaïe 42:8). «Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l’honneur et la puissance, car tu as créé toutes choses et c’est par ta volonté qu’elles existent et qu’elles ont été créées» (Apoc. 4:11).

Il est nécessaire pour la santé et l’équilibre de l’univers qu’en toutes choses Dieu soit glorifié. «L’Éternel est grand et très digne de louanges et sa grandeur est insondable» (Ps. 145:3). Dieu n’agit que pour Sa gloire et ce qui procède de Lui doit être à son plus grand honneur. Il est vraisemblable que toute doctrine, toute expérience qui tend à Le glorifier vienne de Dieu. Par contre, toute chose voilant Sa gloire ou le faisant paraître moins merveilleux est, à coup sûr, le produit de la chair ou du diable.

Le coeur de l’homme ressemble à un instrument de musique. Le Saint-Esprit, un esprit mauvais ou l’esprit de l’homme lui-même peuvent jouer de cet instrument. Les émotions religieuses sont plus ou moins les mêmes quelque soit l’exécutant. Beaucoup de sentiments agréables peuvent naître dans l’âme, provoqués par une adoration impure et même idolâtre. Une soeur en religion, à genoux devant une image de la Vierge, dans un état d’adoration éthéré, a une expérience religieuse sincère. Elle éprouve de l’amour, de la crainte et du respect. Ce sont des émotions dont elle peut jouir tout comme si elle adorait Dieu. On ne balaie pas d’un simple coup de manche les expériences mystiques des Hindous et des Soufis en prétendant qu’elles ne sont qu’apparence. Pas plus que nous n’avons le droit de traiter sommairement les envols des spirites et autres occultistes(1) comme étant un produit de l’imagination. Ces personnes peuvent avoir et ont parfois d’authentiques rencontres avec quelque chose ou quelqu’un venant par-delà d’eux-mêmes. De la même façon des chrétiens sont entraînés parfois dans des expériences émotionnelles qui se situent au-delà de leur capacité de compréhension. J’en ai rencontré. Ces personnes demandaient avec empressement si oui ou non leur expérience venait de Dieu .

Le grand critère est : en quoi cela a-t-il affecté mes rapports avec le Dieu et le Père de notre Seigneur Jésus-Christ ? Si cette nouvelle manière de voir la vérité, cette nouvelle rencontre avec des choses spirituelles, a augmenté mon amour envers Dieu, si cela a rendu Dieu plus glorieux à mes yeux et que cela L’a amené à paraître plus merveilleux qu’avant, alors je peux conclure que je ne me suis pas égaré dans les voies de l’erreur, agréables, mais dangereuses et défendues.



Attitude envers le Seigneur Jésus-Christ


Voici le critère suivant : en quoi cette nouvelle expérience a-t-elle modifié mon attitude envers le Seigneur Jésus-Christ ?

Quelle que soit la place que la religion actuelle puisse donner au Christ, Dieu Lui donne la place suprême sur la terre et dans les cieux. «Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toute mon affection», dit la voix de Dieu venant du ciel en désignant notre Seigneur Jésus. Pierre rempli du Saint-Esprit déclara: «Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié» (Actes 2:36). Jésus a dit de Lui-même :

«Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, nul ne vient au Père que par moi» (Jean 14:6).

Et Pierre, dit encore de Lui: «Il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés» (Actes 4:12). L’épître aux Hébreux dans sa totalité est consacrée à l’idée que Christ est au-dessus de tous les autres. On le montre comme étant au-dessus d’Aaron et de Moïse, les anges même sont appelés à se prosterner devant Lui et à l’adorer. Paul dit qu’Il est l’image du Dieu invisible, que la plénitude de la divinité habite corporellement en Lui, et qu’en toutes choses Il doit avoir la première place.

Mais le temps me manque pour parler de la gloire que Lui ont attribué les prophètes, les patriarches, les apôtres, les saints, les anciens, les psalmistes, les rois et les séraphins. «Il a été fait pour nous sagesse et justice, sanctification et rédemption» (1 Cor. 1:30). Il est notre espérance, notre vie, notre tout, maintenant et à jamais.

Tout ceci étant vrai, il est évident qu’Il doit être au centre de toute doctrine saine, de toute pratique acceptable et de toute expérience chrétienne authentique. Tout ce qui tend à Le rendre inférieur à ce que Dieu déclare qu’Il est, est une tromperie pure et simple qu’il faut rejeter, quelque agréable et satisfaisante qu’elle puisse paraître sur le moment.

Qu’il existe un Christianisme sans Christ peut paraître contradictoire. Pourtant ce phénomène existe réellement de nos jours. Beaucoup de ce qui est fait au nom du Christ est un reniement de Christ parce que conçu par la chair, comportant des méthodes charnelles et poursuivant des fins charnelles. De temps en temps on fait mention de Christ de la même façon et pour la même raison que le ferait un homme politique intéressé en parlant de démocratie et de patriotisme, afin d’ériger une façade respectable pour des activités charnelles et d’induire en erreur des auditeurs crédules. Mais on est pris au piège en ce que Christ n’est pas au centre. Il n’est pas tout en tous.

Et puis, je le répète. il y a des expériences psychiques qui passionnent la personne en recherche et l’amènent à croire qu’elle a effectivement rencontré le Seigneur et qu’elle est au septième ciel. Mais on découvre plus tard la nature réelle du phénomène lorsque «la face du Christ» commence à s’estomper de la conscience de la victime et que celle-ci en vient à dépendre de plus en plus d’effets émotionnels pour se convaincre de sa spiritualité.

Par contre, si la nouvelle expérience tend à rendre Christ indispensable, si elle détourne notre attention de nos sentiments pour la fixer sur Christ, nous sommes sur la bonne voie. Tout ce qui rend Christ précieux à notre coeur vient à coup sûr de Dieu.



Attitude a l’égard de la Parole de Dieu


Un autre critère révélateur de la solidité de mon expérience religieuse est de savoir en quoi elle modifie mon attitude à l’égard des Saintes Écritures.

Cette nouvelle expérience religieuse, cette nouvelle optique de la vérité jaillissent-elles de la Parole de Dieu elle-même ou sont-elles le résultat de quelque stimulant étranger à la Bible ? Des chrétiens au