CONSEIL AUX ÂMES ABATTUES



Job 29 : 2

Oh ! que ne puis-je être comme aux mois du passé, Comme aux jours où Dieu me gardait,

Le plus souvent, le bon Berger conduit ses rachetés le long des eaux tranquilles, et les fait reposer dans les parcs herbeux; cependant, il permet parfois qu'ils soient errants dans un désert où il n'y a point de chemin, et où ils ne trouvent aucune ville habitée. Ils sont affamés et altérés; leur âme défaille, et ils crient à l'Eternel dans leur détresse:

Psaumes 107 : 4-6 Ils erraient dans le désert, ils marchaient dans la solitude, Sans trouver une ville où ils pussent habiter. 5 Ils souffraient de la faim et de la soif; Leur âme était languissante...

De même, il est beaucoup d'enfants de Dieu qui jouissent d'une joie à peu près constante; pour eux véritablement les voies de la piété sont des voies agréables, et ses sen­tiers ne sont que prospérité; mais il en est d'autres, au contraire, qui ont à passer dans le feu et dans l'eau; selon l'expression du Psal­miste, les hommes montent sur leurs têtes ils sont en butte à toutes sortes d'épreuves.

Psaumes 46 : 12 L'Eternel des armées est avec nous, Le Dieu de Jacob est pour nous une haute retraite.

Le devoir de tout ministre de l'Evangile est de s'adresser tour à tour aux diverses classes de ses auditeurs. Il doit, tantôt avertir les forts, de peur qu'ils ne tombent dans la présomption, et tantôt stimuler ceux qui dorment, de peur qu'ils ne dorment du sommeil de la mort. Il doit aussi consoler les âmes abattues, et c'est là, mes bien-aimés, ce que je désire faire en ce jour. Oui, je me sens pressé de consoler ceux d'entre vous qui passent par des temps de langueur et de découragement, ou, pour mieux dire, je voudrais leur adresser quelques exhor­tations, qui, moyennant la bénédiction de Dieu, pourront les aider, je l'espère, à sortir de la triste condition dans laquelle ils sont tombés, en sorte qu'ils ne seront plus réduits à s'écrier avec Job : Oh ! qui me ferait être comme j'étais autrefois ? Abordons de suite notre sujet. - En premier lieu, mes frères, nous étudierons LA MALADIE SPIRITUELLE dont mon texte me semble être l'expression; nous rechercherons ensuite LA CAUSE ET LE REMÈDE de cette maladie, et enfin, QUEL­QUES MOTS D'EXHORTATION, adressés aux âmes qui se trouvent dans ce fâcheux état, termineront ce discours.

Chapitre 1 Et d'abord, fixons notre attention sur la MALA­DIE SPIRITUELLE que suppose la plainte amère contenue dans les paroles de mon texte. Combien de chrétiens qui regardent au passé avec regret, à l'avenir avec effroi, et au présent avec tristesse ! Il leur semble que le temps qui n'est plus a été le meilleur et le plus doux de leur carrière chrétienne, mais quant au moment actuel, il leur paraît enveloppé d'un voile sombre et mélancolique. Souvent, ils se prennent à souhaiter de pouvoir retourner de quel­ques mois, de quelques années en arrière, car alors ils vivaient près de Jésus, tandis que maintenant ils sentent qu'ils se sont éloignés de lui, ou qu'il leur a caché sa face; en un mot, le langage de leur coeur revient à ceci : Oh ! qui nous ferait être comme nous étions autrefois ? De même que toute maladie, soit physique, soit morale, celle qui nous occupe ne présente pas toujours les mêmes caractères. Je vais essayer de décrire successivement quelques-unes de ses phases les plus ordinaires. Voici un homme qui a perdu l'assurance de son adoption. Entendez-le répétant dans l'amer­tume de son âme : Oh ! qui me ferait être comme j'étais autrefois ? Ecoutez son triste soliloque : " Ah ! pourquoi les jours passés ne peuvent-ils plus revenir ? s'écrie-t-il. Alors, je n'avais aucun doute de mon salut. A celui qui m'aurait demandé raison de l'espérance qui était en moi, j'aurais répondu avec douceur et res­pect. Nulle crainte ne me troublait, nulle frayeur ne m'agitait. Je pouvais dire avec Paul : JE SAIS en qui j'ai cru, et avec Job : JE SAIS que mon Rédempteur est vivant. Je sen­tais que j'étais assis sur le rocher qui est Christ, et mon âme, pleine d'une joyeuse confiance, était toujours prête à chanter : Si l'Eternel est ma retraite, Qui pourrait me troubler encore ? Pourquoi craindrais-je la tempête, Quand je suis sûr d'entrer au port ? Appuyé sur Emmanuel Que me ferait l'homme mortel ? " Mais hélas ! que tout est changé ! Autrefois mon ciel était sans ombres, aujourd'hui les nuages le couvrent; autrefois, je voyais, en quelque sorte, mon nom écrit dans les cieux; aujourd'hui, je tremble d'y lire un jour ma condamnation. Autrefois, je croyais me confier sincèrement en Christ, mais aujourd'hui je suis constamment assailli par l'affreuse pensée que j'étais un hypocrite qui trompait les autres et se séduisait lui-même. Il est vrai que j'essaie encore d'espérer au Seigneur, et si je ne puis plus me réjouir à la clarté de sa face, du moins je me réfugie à l'ombre de ses ailes. Je sens que hors de Christ il n'y point de salut, et que si je m'éloigne de lui c'en est fait de moi. Mais, ô misérable que je suis ! qu'elles sont épaisses les ténèbres qui ­m'environnent ! Comme Paul au milieu de la tempête, que de jours sans soleil, et de nuit sans étoiles n'ai-je pas dû traverser ! J'ai perdu les arrhes de mon salut, le gage de mon adoption; je ne possède plus le témoignage intérieur que je suis un enfant de Dieu; en un mot, je crains de m'être fait illusion jusqu'à présent sur mon véritable état; je crains d'avoir pris de simples impressions charnelles pour l'oeuvre de la grâce, et attribué à Dieu le Saint-Esprit ce qui n'était que le fruit de mon imagination." Tel est, mes chers amis, un des cas les plus fréquents de la grande maladie spirituelle que nous étudions. En voici un second, également très ordinaire. Voyez ce chrétien qui demande à son tour : Oh ! qui me ferait être comme j'étais autrefois ? Il gémit, non pas comme l'autre parce qu'il a perdu le sentiment de son adoption, mais parce qu'il se laisse troubler par des soucis terrestres. " Où est-elle, se dit-il avec douleur, où est-elle cette paix délicieuse qui naguère encore remplissait mon âme ? Que sont-ils devenus ces jours bénis, où peines et épreuves étaient pour moi moins que rien ? Je disais constamment en mon coeur : J'accepte, ô Père, par avance, Le lot que tu m'assigneras; En toi, j'ai mis ma confiance; Fais de moi ce que tu voudras. Je sentais que, sans murmures, j'aurais pu faire au Seigneur le sacrifice de toutes choses, et que, s'il m'eût enlevé ce que j'aimais le plus au monde, j'aurais dit avec Job : L'Éternel l'avait donné, l'Éternel l'a ôté; que le nom de l'Éternel soit béni. L'avenir ne m'inspirait aucune inquiétude. Comme un enfant dans les bras de sa mère, je reposais tranquille sur le sein de mon Dieu. L'Eternel pourvoira, me disais-je. Je me déchargeais sur lui de tout ce qui me concernait; j'allais chaque jour à mon travail, sans m'inquiéter du lendemain. J'étais semblable au passereau qui se réveille à l'aurore, ne sachant d'où lui viendra sa nourriture, mais qui n'en gazouille pas moins son hymne matinal à Celui qui nourrit les oiseaux de l'air. Sans crainte, je remettais entre les mains du Seigneur mes intérêts les plus chers : ma femme, mes enfants, ma vie même. Chaque matin, je priais ainsi : Seigneur, je ne crois point avoir de volonté propre; toutefois, si j'en avais, je te dirais encore : Non point ce que je veux, mais ce que tu veux ! Ta volonté sera la mienne; ton désir sera mon désir. - Mais, ô regret, ô douleur ! qui me fera être comme j'étais autrefois ? Qui me rendra ma confiance en Dieu, ma douce quiétude, ma sérénité d'es­prit ? Maintenant, un rien me chagrine; mes affaires temporelles me troublent. La perte la plus minime suffit pour m'attrister, tandis qu'autrefois j'aurais supporté sans me plain­dre, et même en bénissant Dieu, une perte vingt fois plus considérable. Si le moindre nuage vient assombrir mon horizon, mon âme en est comme écrasée. Pareil à un enfant impatient et volontaire, je voudrais que tout marchât au gré de mes désirs. Je ne puis plus dire avec sincérité que je remets toutes choses à mon Père céleste : il y a un certain interdit que je me réserve. Enlacée autour de mon coeur, croît la plante vénéneuse appelée l'amour du moi; ses racines ont pénétré jusques aux muscles et aux nerfs de mon âme. Il y a quelque chose que je chéris plus que Dieu, quelque chose dont je refuserais de lui faire le sacrifice s'il me le demandait. Autre­fois, quelque lourde qu'eût pu être ma croix, je n'aurais pas, comme aujourd'hui, plié sous le faix, car le Seigneur l'eût portée avec moi. Oh ! comment ai-je pu oublier la céleste science de se décharger de ses soucis sur l'Eternel, de déposer tout fardeau sur le rocher inébranlable des siècles ? Oh ! si je savais comme jadis répandre devant mon Dieu mes peines et mes tristesses ! Oh ! douce confiance en mon Sauveur qui me rendait si heureux, que ne donnerais-je pas pour te posséder encore ! Tel autre chrétien déplore peut-être la tiédeur qu'il apporte dans la maison de Dieu, et le peu de jouissance que lui procurent les moyens d'édi­fication. Ecoutez les plaintes qui s'exhalent de son coeur à ce sujet. " Autrefois, s'écrie-t-il, quand je montais dans la maison de Dieu, combien mon âme était joyeuse ! J'écoutais avec avidité le message du salut; quand le serviteur de Christ parlait, je craignais de perdre une seule de ses paroles; il me sem­blait qu'un ange s'adressait à moi du haut du ciel. Que de fois, en entendant parler de l'amour du Sauveur, des larmes brûlantes n'ont-elles pas sillonné mes joues ! Que de fois mes yeux n'ont-ils pas étincelé d'ar­deur, lorsqu'une parole de foi et d'espérance faisait vibrer mon âme tout entière ! Et les sabbats de mon Dieu, avec quel transport je saluais leur retour ! Jour du Seigneur, J'ouvre mon coeur A ta douce lumière ! m'écriais-je au matin du saint jour. Puis, lorsque de saints cantiques faisaient retentir les parvis du Seigneur, quelle voix était plus joyeuse que la mienne ? Le coeur content, l'âme restaurée, je quittais le sanctuaire pour aller raconter à mes amis, à mes voisins, les glorieuses vérités que je venais d'entendre. Et dans la semaine également, combien j'aimais à m'occuper des choses de Dieu ! Pas une assemblée d'édification qui ne me trouvât à ma place. Je priais véritablement en esprit toutes les prières qui étaient prononcées; j'écoutais avec bonheur tous les discours, pourvu qu'ils fussent selon l'Evangile; et mon âme, assise pour ainsi dire à un ban­quet somptueux, était rassasiée comme de moelle et de graisse. Si je lisais l'Ecriture, elle me semblait toujours brillante de clarté; on eût dit qu'un rayon de la gloire divine illuminait pour moi ses pages sacrées. Si je ployais le genou devant Dieu, mon âme se répandait aussitôt en ardentes supplications; je prenais plaisir à ce saint exercice, et les heures que je passais à genoux étaient les plus douces de mes journées : j'aimais mon Dieu et mon Dieu m'aimait. - Mais, hélas ! Ce saint zèle, cette ferveur d'esprit, je ne les possède plus. Je vais toujours à la maison de Dieu; j'y entends la même voix; le même serviteur de Christ, que j'aime si cordialement, m'adresse encore les plus tou­chants appels; mais je n'ai plus de larmes à verser; mon coeur s'est endurci; les douces émotions, que je goûtais naguère, devien­nent de plus en plus rares. Je me rends au culte divin, à peu près comme un écolier se rend à son école : j'y vais sans plaisir, sans amour, parce qu'il faut y aller, et j'en sors l'âme aussi sèche qu'en entrant. Lorsque je cherche à m'entretenir en secret avec mon Père céleste, il semble en vérité que les roues de mon char aient été enlevées, tant il se meut pesamment; et, lorsque j'essaie de chan­ter les louanges de Dieu, je me trouve sans élan et sans ferveur. Oh ! qui me ferait être comme j'étais autrefois, comme j'étais en ces jours où Dieu faisait luire sa lampe sur ma tête ?" Je dois le dire, mes chers amis, je ne pense pas qu'il y en ait beaucoup parmi vous qui puissent s'associer pleinement à un tel langage. En général, je le sais, vous aimez à venir dans la maison de Dieu; et pour ma part, je rends grâces à mon Maître de ce qu'il me permet de prêcher l'Evangile à des auditeurs qui parais­sent le goûter et le sentir, à des chrétiens dont les yeux ne restent pas toujours secs en l'enten­dant annoncer, et dont le coeur sait parfois bouillonner d'un saint enthousiasme. Mais, sans être parvenus au triste état que je viens de décrire, vous pouvez cependant en connaître quel­que chose; peut-être la Parole ne vous sem­ble-t-elle plus aussi douce, aussi savoureuse qu'autrefois; et alors, j'en suis assuré, les plain­tes que je viens d'exprimer éveillent quelque écho dans votre coeur. Mais passons à un quatrième cas. Il est des chrétiens qui se lamentent amère­ment, parce que leur conscience n'est plus aussi délicate que par le passé. Ils disent avec tristesse : " Dans les premiers temps qui suivirent notre conversion, c'est à peine si nous osions faire un pas, tant nous craignions de nous fourvoyer. Nous éprouvions avec soin toutes choses ; nous évitions jusqu'à l'apparence du mal. Dès que nous apercevions sur notre route la moindre trace du Serpent ancien, nous nous détournions avec épouvante. Le monde se moquait de nous; il nous appelait des puri­tains. Nous étions constamment sur nos gar­des ; nous avions peur d'ouvrir la bouche, et nos scrupules allaient si loin que nous condamnions certaines choses qui, en réalité, étaient innocentes. Notre conscience ressem­blait à la sensitive : si la main du péché s'en approchait, aussitôt elle se reployait sur elle-même. Notre âme était comme couverte de meurtrissures, en sorte que le plus léger attouchement lui arrachait des cris. Offenser Dieu nous paraissait être le malheur suprême; si quelqu'un prononçait une imprécation en notre présence, nous tremblions d'effroi; si nous voyions un homme violer le sabbat, nous étions éperdus. La moindre tentation nous indignait; il nous semblait entendre la voix du démon lui-même, et, pleins d'une sainte colère, nous nous écriions : Ar­rière de moi, Satan !" Le péché, sous toutes ses formes, nous faisait horreur : nous le fuyions comme un serpent, nous le craignions comme du poison... Mais où est-elle maintenant cette conscience si sensible et si tendre ? Qu'est devenue sa délicatesse d'autrefois ? Nous n'avons pas, il est vrai, abandonné les sentiers du Seigneur ni oublié sa loi; nous n'avons point extérieurement déshonoré notre sainte profession, et Dieu seul connaît nos iniquités; toutefois, nous l'avouons avec confusion, notre conscience n'est plus ce qu'elle a été. Hier encore, elle tonnait contre le péché; aujour­d'hui, elle garde le silence. O conscience, conscience ! nous t'avons abreuvée de soporifi­ques, et maintenant tu dors, tandis que tu devrais nous avertir. Sentinelle du Seigneur, ta voix pénétrante savait naguère se faire entendre jusqu'au plus profond de notre être; mais maintenant tu es assoupie, et nous suc­combons à la tentation. Jusqu'à présent, nous n'avons péché que dans de petites choses, mais de même que le balancement d'un brin d'herbe indique de quel côté souffle le vent, de même ces petites infidélités ne prouvent que trop dans quelle funeste voie notre âme est engagée. Oh ! qui nous délivrera de cette conscience si épaisse, si dure, si calleuse, de cette conscience que les flèches de la loi ne peuvent plus transpercer ? Oh ! qui nous fera être comme nous étions autrefois ?" Enfin, mes bien-aimés, il est peut-être quel­ques-uns d'entre nous qui gémissent, et non sans raison, parce qu'ils n'ont pas autant de zèle pour la gloire de Dieu et pour le salut des âmes qu'ils en avaient jadis. Il y a quelque temps, si nous voyions une âme cheminer vers la perdi­tion, nos yeux se remplissaient de larmes. Si nous voyions un de nos semblables prêt à com­mettre un péché, nous nous élancions vers lui, le suppliant de renoncer à son coupable dessein. Jamais nous ne sortions sans donner à l'un quelque traité religieux, à l'autre quelques bons avis; il nous semblait que nous devions toujours parler du Seigneur Jésus. Si une occasion de faire du bien se présentait, nous étions toujours les premiers à la saisir. Notre voeu le plus cher était de sauver quelques âmes, et si profond, si ardent était notre amour pour les pécheurs que volontiers nous eussions consenti à être moqués, hués, abreuvés d'outrages, persécutés par le monde entier, exposés même à la mort à cause de Christ, si à ce prix nous eussions pu arracher un seul de nos frères à la perdition éternelle. Notre âme brûlait d'un désir intense d'amener des âmes à Christ, et nous estimions que c'était là le seul but en vue duquel il valait la peine de vivre. - Mais, hélas ! quel souffle glacial est venu flétrir ce généreux élan ? Aujour­d'hui, les âmes peuvent être damnées, nous ne pleurons point; les pécheurs peuvent être précipités dans l'étang ardent de feu et de soufre, nous demeurons impassibles; des mil­liers de créatures immortelles peuvent être moissonnées chaque jour et tomber dans l'abîme du tourment, cela ne nous touche point ! Nous exhortons bien encore notre pro­chain à fuir la colère à venir, mais nos yeux restent secs; nous prions pour lui, mais sans que nos coeurs prennent part à nos prières; nous lui parlons de son danger, mais sans avoir l'air de prendre ce danger au sérieux. Nous pas­sons à côté des repaires du vice et de l'infamie : sans doute nous voudrions que ceux qui y habi­tent fussent meilleurs, mais c'est là tout. On dirait que la compassion même est éteinte dans nos coeurs. Il fut un temps où l'enfer était pour nous une réalité si vivante, qu'il nous semblait sans cesse entendre les hurlements et les lamentations des réprouvés, en sorte que le cri constant de notre âme était celui-ci : " O Dieu, aide-moi à sauver mon prochain !" Mais maintenant, nous prenons les choses plus froide­ment : nous avons peu d'amour pour les hom­mes, peu de zèle pour la gloire de Dieu, peu d'énergie pour son service..... Oh ! mes bien-aimés, si tel est votre état spirituel,si, comme votre indigne pasteur, vous pouvez vous asso­cier dans une certaine mesure à ces tristes aveux, assurément, du fond de votre coeur humilié s'élève en cet instant même cette plainte amère : Qui nous fera être comme nous étions autrefois ?


Chapitre 2 Mais nous nous sommes assez longtemps arrê­tés à la maladie spirituelle si bien décrite par les paroles de notre texte; recherchons-en main­tenant LA CAUSE ET LE REMÈDE. Le plus souvent ce fâcheux état de choses est le résultat du relâchement dans la prière; quant au remède, il est facile de comprendre qu'il est l'inverse de la cause. - Voyons, mon frère, qui es toujours à te plaindre de l'alan­guissement de ta piété, essayons de descendre à la racine du mal. Si tu n'es plus comme tu étais autrefois, ne serait-ce pas tout simplement parce que tu as négligé la prière ? Rien ne débi­lite l'âme comme le manque de prière. On l'a observé avec raison : " Un cabinet négligé est le berceau de toute sorte de mal." On peut dire que le cabinet du chrétien est pour lui la source, soit de beaucoup de bien, soit de beaucoup de mal : de bien, s'il le fréquente assidûment; de mal, s'il le néglige. Nul ne peut croître dans la grâce, s'il est paresseux à s'approcher de Dieu. Quelque avancé que soit un chrétien, s'il ne priait pas, il aurait bientôt cessé de vivre. L'en­fant de Dieu a besoin d'être constamment substanté ; si bien nourri qu'il puisse être aujour­d'hui, il ne saurait subsister demain, si ses provisions ne sont renouvelées; or, ce renouvel­lement incessant de grâces, c'est par la prière seule qu'il peut l'obtenir. Quand même une âme possèderait la force spirituelle de cinquante chrétiens d'élite, si elle cessait de prier, elle ne pourrait que périr. - Mon frère, examine-toi donc à cet égard ; et si en regardant en arrière, tu étais contraint à te dire : " Il fut un temps où mes prières étaient plus régulières, plus sen­ties, plus nombreuses qu'aujourd'hui; main­tenant elles sont faibles, lan