Rechercher

"UNE VIE, UNE PASSION, UNE DESTINÉE" le livre de Rick Warren


Aux lecteurs

Chers lecteurs qui participez à l'annonce de l'Evangile,

Le livre “Une Vie, une Passion, une Destinée” a suscité un mouvement qui ravale Dieu au rang de “papa gâteau”, et donne l'impression que le Seigneur désire insatiablement cultiver l'amitié de l'humanité pécheresse. Cet ouvrage nous incite “vivement”, non à lire la Bible, mais à “nous réunir avec un petit groupe d'amis et à former une cellule de lecture” afin d'examiner un chapitre de ce livre chaque semaine. (p. 325). Avant de procéder à cette invitation, l'auteur affirme que “la dernière chose dont beaucoup de chrétiens ont besoin aujourd'hui, c'est d'une étude biblique supplémentaire.” (p. 246). Plus grave encore, au lieu d'annoncer l'Evangile qui est “une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit”, cet Evangile dont l'Apôtre dit que “la justice de Dieu s'y révèle par la foi et pour la foi” (Romains 1:16-17), Warren recommande de “murmurer tout bas une prière” (p. 63) et de “découvrir son identité”. Là, sous nos yeux, l'auteur ouvre une voie d'accès de plus à la porte large et au chemin spacieux “qui mènent à la perdition”. Le plus navrant, c'est que “beaucoup entrent par là”. (Matthieu 7:13).


Par compassion pour les myriades de personnes piégées dans ce mouvement, je propose cet article sur la puissance, la précision et la splendeur du véritable Evangile du Seigneur Jésus- Christ. J'ai cherché à démasquer un vaste mouvement qui nuit à beaucoup d'âmes. Même si ce mouvement devait s'affaiblir, les pièges qu'il a mis en place doivent être dévoilés et ôtés par le Saint-Esprit agissant au travers de la Parole écrite de Dieu.

D'un cœur sincère je vous demande d'étudier ce qui suit. Nous sommes en présence d'un péril grave qui appelle une réponse sérieuse. Je vous en prie, faites ce qui est en votre pouvoir pour diffuser cet article aussi largement que possible : en effet nous devons annoncer la Bonne Nouvelle de l'Evangile non seulement ici aux Etats-Unis, mais encore aux milliers de personnes leurrées par ce nouveau mouvement qui remporte tant de “succès” de par le monde. Si vous avez la possibilité de mettre cet article sur votre site Internet, je vous engage à le faire.

Bien à vous, dans la grâce de notre précieux Sauveur,

Richard Bennett.


“Une Vie, une Passion, une Destinée” : le livre de Rick Warren déshonore la nature même de Dieu


“Une Vie, une passion, une destinée” est plus qu'un best-seller : c'est aujourd'hui un mouvement”, affirme un éditeur américain bien connu. (voir note 1) Parlant du programme de sa méga-église, l'auteur lui-même déclare : “C'est un réveil, ou bien un miracle... Dans les cinquante états des USA et dans dix-neuf autres pays, plus de douze mille églises ont déjà pris part au “Voyage spirituel de quarante jours” que nous proposons. Au dire de beaucoup de ces églises, dans tout le cours de leur existence aucun autre événement n'a eu sur elles un pareil impact.” (voir note 2) Rick a également crée “Pastors.com”, une communauté planétaire sur l'Internet, pour servir et guider des ministères dans le monde entier. Plus de soixante mille pasteurs sont abonnés au service Rick Warren's Ministry Toolbox (Boîte à outils pour le ministère, de Rick Warren). (voir note 3) Ce site Internet annonce : “Nous voulons encourager les pasteurs, les serviteurs de Dieu, et les responsables d'église en mettant à leur disposition des outils et des ressources pour que les églises croissent et soient en bonne santé... Chaque fois que vous achetez l'une de ces ressources, vous contribuez à en fournir gratuitement à plus d'un million et demi de pasteurs et de laïcs responsables des pays du Tiers Monde. Grâce à votre soutien, Dieu nous a permis d'atteindre plus de 117 pays sur les sept continents.” (voir note 4) Ce mouvement a pris les proportions d'un véritable empire planétaire. Rick Warren déclare, d'ailleurs : “Dieu est un Dieu cosmopolite..., une grande partie de la population mondiale pense déjà en termes planétaires. Les principaux médias et groupes commerciaux sont des multi-nationales... Prenez donc une mappemonde ou un globe terrestre, et priez pour les nations en les nommant. La Bible dit en effet : 'Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, les extrémités de la terre pour possession.'“ (voir note 5) (Warren oublie que Dieu n'a fait cette promesse qu'au Christ Jésus, et non aux méga-églises cherchant à étendre leur influence.) Même le monde des affaires est médusé. Sur le site Forbes.com se trouve un article intitulé : “Les méga-églises et les grandes entreprises commerciales du capitalisme chrétien”, dont voici un extrait :

“Les églises ne diffèrent peut-être pas tellement des grandes corporations... Le pasteur Rick Warren, fondateur de l'Eglise de Saddleback à Lake Forest en Californie utilise fort habilement la technologie et le marketing pour propager son message... Incontestablement, les grandes corporations ont déjà donné de précieuses leçons aux églises. A leur tour, ces dernières ont sans doute quelque chose à enseigner aux entreprises, qui se réjouiraient sûrement d'avoir à leur service des multitudes de volontaires bénévoles et loyaux.” (voir note 6)


Dans le monde entier, des milliers de pasteurs et de responsables chrétiens répercutent à leur tour cette influence qu'exerce Warren sur son empire. Depuis la sortie de son livre en septembre 2002, au moins dix-huit millions d'exemplaires se sont vendus, sans compter les traductions dans de nombreuses langues. Des milliers d'églises, littéralement, utilisent ce livre et le matériel d'accompagnement pour organiser des opérations spéciales, appelées “Voyage de quarante jours.” L'ouvrage se compose en effet de quarante chapitres visant à expliquer en quarante jours les cinq buts de la vie. (voir note 7) En page 145, cette thèse est formulée comme suit :

“Il [Dieu] a crée l'église pour pourvoir à vos cinq besoins fondamentaux qui sont : un but dans votre vie, des gens pour vous entourer, des principes pour vous guider, une profession [de foi] à partir de laquelle marcher, et une puissance sur laquelle vous appuyer. Il n'y a aucun autre lieu sur la terre où vous puissiez trouver tous ces bienfaits réunis en même

temps.” (L'original, p. 136, dit bien : “aucun autre lieu”. N.d.T.)


Warren s'est complètement fourvoyé à propos de ces “besoins fondamentaux”. En nous appuyant sur l'autorité de la Bible, nous pouvons affirmer que le tout premier besoin de l'homme est d'être justifié de manière parfaite devant le Dieu Très Saint. Comme propitiation pour les actes de péché et pour la nature pécheresse d'un être humain, Dieu n'accepte que la justice du Christ Jésus : rien d'autre. La Bible parle constamment de ce besoin premier, de cette vérité fondamentale, mais Warren le passe complètement sous silence quand il examine “les besoins les plus profonds”. Se hâtant d'écarter le dessein de Dieu, il s'attache à des méthodes humaines ; cela revient à céder à la toute première tentation que décrit la Bible. Satan avait fait croire à Eve qu'en mangeant d'un fruit, elle réaliserait une aspiration spirituelle : “Le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal.” (Genèse 3:5). Warren enseigne que Dieu “a crée l'église pour

pourvoir à vos cinq besoins fondamentaux”, tout comme l'Eglise catholique romaine affirme que “l'Eglise est la mère de tous les croyants”. (voir note 8) A l'instar de Rome, Warren renonce à obéir à la Parole et à la Personne du Dieu vivant, et s'attache à une église dont le but est de pourvoir à nos besoins. Telle est, encore et toujours, la tentation la plus ancienne et la plus subtile à laquelle l'homme puisse succomber.


Les hérésies les plus dangereuses sont enrobées de vérités


Il est difficile de faire une analyse critique du livre et du mouvement de Rick Warren, car ce dernier expose certains aspects fondamentaux du plan de Dieu et de Son dessein pour l'homme. Cela dit, ces éléments n'étant pas présentés de manière conforme à la Bible, ils font obstacle à une compréhension véritable de la nature de Dieu et de Son Evangile en Christ. Les hérésies les plus dangereuses sont toujours enrobées dans un contexte de vérité générale, de vérité fondamentale. Il nous faut analyser le dessein salvateur de Dieu en le replaçant dans une perspective d'éternité, dans le Christ Jésus. Dieu envoie Son salut à l'homme pécheur en Christ Jésus seul. La grâce gratuitement accordée, et le dessein éternel de Dieu sont en Christ Jésus seul. Comme le dit l'Apôtre, “Il nous a sauvés, et nous a adressé une sainte vocation, non à cause de nos œuvres, mais selon son propre dessein, et selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant les temps éternels.” (2 Timothée 1:9). Il ne serait pas nécessaire de tant insister sur cette vérité élémentaire, si Warren n'avait trahi l'amour salvateur de Dieu pour les hommes en le plaçant dans l'homme lui-même, et s'il n'exaltait pas l'homme en attribuant une valeur particulière à la nature humaine pécheresse.


Warren annonce un “évangile” vicié à la racine


L'Apôtre Paul explique pourquoi nous avons besoin de l'Evangile : c'est parce que le monde entier est coupable devant Dieu : “Or, nous savons que tout ce que dit la loi, elle le dit à tous ceux qui sont sous la loi, afin que toute bouche soit fermée et que tout le monde soit reconnu coupable devant Dieu.” (Romains 3:19). Par nature nous sommes tous “des enfants de colère” (Ephésiens 2:3), coupables devant le Dieu Très Saint. Chacun de nous a donc besoin d'une justice parfaite pour paraître devant Lui ; mais Jacques a tout dit de notre condition humaine en écrivant : “Car quiconque observe toute la loi, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable de tous.” (Jacques 2:10). Cette culpabilité qui est nôtre devant Dieu montre notre besoin éperdu de l'Evangile ; c'est elle qui permet d'annoncer la Bonne Nouvelle. Lorsque le Saint-Esprit donne une conviction de péché, le pécheur est amené à mettre sa confiance en Jésus-Christ et en Lui seul, comme le publicain de la parabole qui s'écriait :”O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur.” Adoptant la terminologie des psychologues, Warren réduit la conviction de péché à un état dans lequel on se punit inconsciemment soi-même. Voici ce qu'il en dit :

“Beaucoup de gens sont conduits par la culpabilité... Leurs mauvais souvenirs les hantent. Ils laissent leur passé déterminer leur futur. Souvent, à leur insu, ils se punissent eux-mêmes en sabotant leurs succès personnels. Quand Caïn a péché, sa culpabilité l'a coupé de la présence de Dieu, et l'Eternel lui a dit “Tu seras errant et vagabond sur la terre.” (p. 28).


Loin de montrer que le péché est un mal ayant une portée infinie, car il constitue une offense envers une Personne infinie, Warren souscrit à cette psychologie populaire qui réduit le péché au fait de “saboter ses succès personnels.” Il poursuit : “Dieu ne vous demandera ni votre étiquette religieuse, ni vos convictions doctrinales. Tout ce qui comptera, à ses yeux, c'est si vous avez accepté ce que Jésus a fait pour vous, et si vous

avez appris à l'aimer et à lui faire confiance. “ (p. 35).

“Si vous apprenez à aimer et à croire le Fils de Dieu, Jésus, vous serez invité à passer le reste de l'éternité en sa compagnie. A l'inverse, si vous rejetez son amour, son pardon et son salut, vous serez pour toujours séparé de lui ensuite.” (p. 38).

D'un point de vue biblique, c'est pure folie de dire à quelqu'un qui n'a jamais été convaincu de péché qu'il doit seulement apprendre “à aimer le Fils de Dieu, Jésus, et à lui faire confiance.” Nul ne peut être sauvé à moins de reconnaître qu'à titre personnel il a péché contre le Dieu Saint, et à moins qu'il ne se détourne de ce péché. En un sens, il est bien vrai que la seule chose importante est d'apprendre à aimer le Seigneur et à Lui faire confiance ; mais cet amour et cette confiance sont impossibles à moins que le Saint-Esprit ne nous ait d'abord convaincus que notre nature est celle de pécheurs dépravés qui ne peuvent strictement rien attendre d'eux- mêmes.

Warren s'efforce de définir le péché quand il dit :

“Tout péché, à la base, est un refus de rendre gloire au Seigneur. C'est aimer quelque chose plus que lui. Refuser de rendre gloire à Dieu, c'est de la rébellion orgueilleuse. La Bible dit : 'Tous ont péché, en effet, et sont privés de la glorieuse présence de Dieu.'“ (p. 59). Tout cela est vrai ; cependant Warren ne reconnaît pas à la culpabilité un caractère personnel ; il ne reconnaît pas que chacun a besoin, en tant qu'individu, de la justice parfaite de Christ et de Son sacrifice parfait. Il parle de s'estimer soi-même, et de découvrir son identité. Nous allons démontrer qu'il annule complètement, par là, son propre discours sur “la rébellion orgueilleuse”. Son livre et son mouvement défendent constamment l'estime de soi et l'identité personnelle. Cela revient en fait à cautionner cette “rébellion orgueilleuse” dont Warren dit qu'elle entraîna notre chute et celle de Satan. De telles contradictions internes rendent le livre difficile à analyser, mais c'est justement à cause d'elles qu'il faut l'examiner de près. En l'absence de cette conviction qu'on trouve chez l'Apôtre Paul, “Ce qui est bon, je le sais, n'habite pas en moi, c'est à dire dans ma chair” (Romains 7:18), il n'y a ni foi véritable dans le Christ Jésus, ni croissance dans la sanctification devant Dieu. Le premier défaut de cet “évangile selon Rick Warren” est qu'il nie l'élément qui est la base indispensable au salut. Le Seigneur Lui-même n'a-t-Il pas déclaré : “Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.” (Marc 2:17).


Le cœur de “l'évangile selon Warren”


Cet “évangile selon Warren” se corrompt progressivement à mesure qu'on poursuit la lecture. Warren assure ses lecteurs que “La vraie vie commence par une consécration totale à Jésus-Christ. Si vous n'êtes pas certain de l'avoir fait, il vous suffit de le recevoir et de croire en lui. La Bible promet : “A tous ceux qui l'ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu.” Voulez-vous accepter l'offre de Dieu ?” (p. 62)

Quand il se sert de Jean 1:12, Warren omet de prendre en compte le verset suivant, le verset 13 qui explique comment un être humain naît de nouveau : “lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu.” (Jean 1:13). Il passe complètement à côté du fait que l'action de croire et de recevoir procède de la volonté de Dieu et non de la volonté humaine. C'est la grâce de Dieu qui dispose l'homme à croire, car seule la puissance de Dieu peut changer un cœur humain. Quand on omet ce point essentiel, on cesse d'être centré sur Dieu et on se fixe sur l'homme. Lorsque l'homme est au centre, et non plus Dieu, il n'y a plus de salut qui tienne, car l'homme n'a aucun pouvoir de se transformer lui-même : cette grâce-là doit venir de Dieu. Mais si Warren enseignait à ses lecteurs qu'ils doivent s'attendre à Dieu pour recevoir de Lui la grâce, alors c'en serait fini de son message tout prêt ; il ne lui resterait plus aucun produit à mettre sur le marché. Il est donc avantageux pour l'auteur de passer sous silence “lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu.” L'omission de cet élément essentiel de l'Evangile permet de proposer une solution que ce verset aurait exclue d'emblée ! Le Seigneur ne contredit pas Sa propre Parole. Il déclare : “Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde et j'aurai compassion de qui j'ai compassion. Ainsi donc cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde.” (Romains 9:15-16). La vie éternelle est accordée à l'être humain non parce que celui-ci s'est mis en demeure d'agir, mais parce que Dieu accorde le salut selon sa miséricorde et sa grâce. Telle est la démarche que présente la Parole écrite de Dieu. Dans les écrits de Warren, on a la démarche inverse. D'après lui, tout part de l'homme : “La vraie vie commence par une consécration totale...” mais c'est là une falsification, pour laquelle Warren devra payer en présence du Dieu Très Saint. “Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu.” (Galates 6:7). “C'est une chose terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant.” (Hébreux 10:31). Quand Dieu châtie, son courroux est grand et redoutable. Le malheur éternel atteindra ceux qui prêchent un faux évangile, et leur rétribution viendra de la main de Dieu Lui-même.


Warren continue de développer son message pseudo-évangélique en ces termes : “Tout d'abord, croyez que le Seigneur vous aime et qu'il vous a crée pour accomplir ses desseins. Soyez convaincu que vous n'êtes pas là par hasard, que vous êtes destiné à vivre éternellement, que Dieu vous a choisi pour avoir une relation avec Jésus qui est mort sur la croix pour vous et que, quoi que vous ayez fait, Dieu veut vous pardonner. Ensuite, recevez Jésus dans votre vie comme Seigneur et Sauveur. Acceptez son pardon pour vos péchés, et son Esprit qui vous donnera le pouvoir d'accomplir ce pourquoi vous avez été crée. ... Là où vous êtes, je vous invite à courber la tête et à murmurer tout bas la prière qui changera votre éternité : “Jésus, je crois en toi et je te reçois.” Allez-y, faites le ! Si vous avez prononcé cette prière du fond du cœur, bravo ! Bienvenue dans la famille de Dieu !” (pp.62-63).

Selon l'enseignement de Warren, le fait de murmurer une prière transforme un être humain pour l'éternité. Au lieu de mettre l'accent sur l'énormité du péché, et de mettre en lumière les conséquences éternelles de ce péché, il se contente de dire : “Quoi que vous ayez fait, Dieu veut vous pardonner.” Au moyen d'un seul mensonge délectable, il tente d'occulter tout l'enseignement des prophètes de l'Ancien Testament, du Seigneur Jésus-Christ, et des Apôtres qui n'ont cessé de montrer l'horreur du péché et la nécessité de la repentance. Au lieu d'un Evangile qui est “la puissance de Dieu pour le salut”, et en qui “est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi” (Romains 1:16), Warren ne propose qu'une prière à murmurer. Peut-il y avoir pire insulte envers le Seigneur Jésus, dont la vie parfaite et le sacrifice parfait sont le fondement du salut authentique ?

L'Apôtre Paul déclare que maintenant la justice de Dieu a été manifestée : “Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes.” (Romains 3:21). Il fallait que devant Dieu le péché fût puni, et que la justice véritable fût établie. Pour satisfaire la colère divine contre le péché, la sainteté de Dieu exigeait la vie parfaite du Christ Jésus, et son sacrifice parfait. Mais selon Warren, comme on l'a vu, le péché se reconnaît au fait de “saboter son propre succès”. Warren n'accorde aucune place à la manifestation d'une justice parfaite devant Dieu. Il omet également de parler de la grâce en tant que moyen d'obtenir cette justice parfaite. D'après sa doctrine, le salut s'obtient en inclinant la tête et en murmurant “cette prière qui changera votre éternité”. Mais d'après l'Ecriture Sainte, le salut est un acte de Dieu, qui repose sur l'œuvre parfaite de Christ sur la croix, laquelle est portée au crédit du croyant véritable : “et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ.” Cette intervention directe de Dieu manifeste Sa grâce, et alors par la foi, nos yeux se fixent sur Lui. Mais quand on considère ce faux évangile selon Warren, et son abominable présomption quand il déclare: “Bienvenue dans la famille de Dieu”, que dire, sinon reprendre ces paroles du Seigneur : “Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux ; vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous n'y laissez pas entrer ceux qui veulent y entrer.” (Matthieu 23:13). En présentant un faux évangile et en attestant faussement aux lecteurs qu'ils sont admis dans la famille de Dieu, Warren barre la route à ceux qui pousseraient plus loin leur quête de vérité : “Malheur à vous... car vous avez enlevé la clé de la connaissance.” (Luc 11:52). L'Evangile véritable proclame l'œuvre parfaitement achevée du Seigneur ; il ne souffre pas d'être transformé en un mensonge qui fait l'économie de la repentance ; il ne souffre pas d'être réduit à une prière murmurée qui est une insulte à la rédemption et à ses fruits. Warren remplace le dessein de Dieu par son propre dessein, avec d'atroces conséquences : “Mais si nous-mêmes, ou si un ange du ciel annonçait un évangile s'écartant de celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème !” (Galates 1:8). On n'insulte pas impunément le Christ Jésus et Son Evangile. Et de même qu'un receleur est tout aussi coupable qu'un voleur, celui qui recommande à d'autres ce faux évangile est aussi responsable devant Dieu que l'imposteur lui-même.


L'estime de soi : une glorification de l'homme.


L'estime de soi est un élément clé du programme de Warren. Comme elle est attrayante, cette promesse de résultats immédiats, cette promesse qui exalte ces vaines pensées qu'on qualifie d'estime de soi ! On oublie alors que la nature humaine est déchue, coupée de la vie de Dieu ; on oublie que l'homme est mort dans ses transgressions et dans ses péchés, et que son unique espérance est extérieure à lui, en Christ Jésus seul. Warren a beau déclarer que son livre n'est pas “egocentrique” (p. 17), il insiste constamment sur la nécessité de développer l'estime de soi, et il ne cesse de stimuler l'interêt que porte le lecteur à sa propre personne. Voici quelques exemples :

“Votre façon de voir la vie conditionne cette dernière.” "La manière dont vous définissez votre existence détermine votre destinée.”(p. 43). Vous avez des aptitudes prodigieuses. Vous êtes une créature merveilleuse de Dieu ! L'église a le devoir de discerner vos capacités pour servir Dieu et de vous aider à les employer.” (p. 258).

Le meilleur usage que vous puissiez faire de votre vie, c'est de servir le Seigneur selon votre profil spirituel. Pour cela, il faut d'abord découvrir ce dernier, apprendre à l'accepter et à l'apprécier ; puis le développer jusqu'à ce qu'il atteigne son plein potentiel”. (pp. 265-266).

C'est là très exactement ce qu'enseigne l'hindouisme : “En comprenant son Identité véritable, en apprenant à connaître sa propre âme immortelle, on parvient alors à la connaissance de Brahman... (voir note 9).


L'enseignement de Warren a effectivement des points communs avec l'hindouisme ; mais il s'inspire vraisemblablement de Karl Gustav Jung. Jung enseignait que nous avons besoin de “découvrir la puissance de la voix intérieure” pour réaliser au maximum notre potentiel. “Seul celui qui peut donner son assentiment à la puissance de sa voix intérieure parvient à l'individuation” [à acquérir une personnalité] disait-il. (voir note 10). Plus grave encore, Warren part des mêmes principes fondamentaux que le catholicisme romain : l'enseignement officiel du Vatican est fondé en effet sur l'homme lui-même. Voici ce que déclare Rome : “C'est en effet l'homme qu'il s'agit de sauver, la société humaine qu'il faut renouveler. C'est donc l'homme, l'homme considéré dans son unité et sa totalité, l'homme, corps et âme, cœur et conscience, pensée et volonté, qui constituera l'axe de tout notre exposé.

Voilà pourquoi, en proclamant la très noble vocation de l'homme et en affirmant qu'un germe divin est déposé en lui, ce Saint Synode offre au genre humain la collaboration sincère de l'Eglise pour l'instauration d'une fraternité universelle qui réponde à cette vocation.” (voir note 11).